Ajouté le: 14 Mars 2015 L'heure: 15:14

L’icône de l’Annonciation de Tinos

« Annonce, terre, une Grande Joie ! »

Le lieu :L’île de Tinos est une île grecque joyeuse, paisible et toute blanche. C’est l’île de la Mère de Dieu. La Mère de Dieu vit vraiment sur cette île, au travers de cette icône. Sa Présence est très grande. L’Ancien Païssios de la Sainte Montagne est allé une fois en pèlerinage à Tinos. Il a confié plus tard à un de ses amis : « Je ne te dirai qu’une seule chose et tu comprendras : l’icône de la Toute Sainte est pleine de vie ».

Les bateaux sont en mouvement dans le port : ils amènent sans cesse les pèlerins venus de plusieurs endroits de Grèce et de l’étranger. Nombreux sont ceux qui viennent demander à la Mère de Dieu quelque chose. Ils viennent déposer un vœu. Le sanctuaire est en haut de la montée, tout blanc. Des milliers de pèlerins traversent les rues et les ruelles qui constituent un labyrinthe dans la capitale de l’île. L’église est emplie de pèlerins et de prières. C’est l’une des rares églises de Grèce où la liturgie est célébrée quotidiennement, ainsi que l’office des Vêpres.

L’époque : On est en 1822, lorsque la sainte moniale Pélagie eut des visions de la Mère de Dieu qui lui ordonnait de se rendre à la ville et de dire aux autorités de commencer des fouilles pour trouver son Temple, enterré depuis de longues années dans un champ, dont la Mère de Dieu fixait avec précision la position, et d’élever à cet endroit une église qui lui serait consacrée.

1822 : c’est-à-dire un an après le début de la guerre d’indépendance. Le 25 mars 1821, Monseigneur Germain, métropolite de Patras, brandit l’étendard bleu ciel à croix blanche de la révolte contre le sultan Mahmoud II, donnant, en ce jour de fête de l’Annonciation à la Mère de Dieu, le signal de la révolution nationale. En représailles, le Patriarche de Constantinople, saint Grégoire V, fut pendu le jour de Pâques, le 31 mars 1821, au portail d’entrée du Patriarcat. Depuis 1872 – soit cinquante ans après sa mort en martyr – son corps incorrompu est vénéré dans la cathédrale métropolitaine d’Athènes. Le 1er janvier 1822, l’indépendance de la Grèce fut unilatéralement proclamée par l’Assemblée Constituante d’Epidaure. La Grèce accèdera à l’indépendance officielle avec l’aide de l’Europe après neuf ans de lutte, le 3 février 1830.

La guerre d’indépendance et l’intervention de la Mère de Dieu à Tinos sont deux événements indissociables. Il est certain que la Mère de Dieu témoigne, par son intervention, sa compassion au peuple grec en ces temps difficiles.

La première révélation annonciatrice : En mars 1821, au début de la révolution, la Mère de Dieu apparait dans un songe à un vieil homme de quatre-vingts ans, tout simple : Mikhali Polyzoï, originaire de l’île d’Andros. La Mère de Dieu lui dit d’aller dans le champ d’Antoine Doxara qui se situait à l’extérieur de la ville, de creuser le sol et de trouver son icône. Mikhali avait été jardinier, dans les jardins des grandes maisons de Tinos. Le vieil homme en parla à des amis chrétiens. Toute une nuit, ils cherchèrent l’icône dans le champ, sans succès. La puissance de la vision avait laissé une empreinte importante dans le cœur simple du vieil homme, il en fit part aussitôt au métropolite de l’île, Mgr Gabriel, qui ne donna pas de suite à l’événement.

Les visions de la sainte moniale Pélagie : Il y a, sur l’île de Tinos, un monastère qui date des XI-XIIe siècles, le monastère de Kechrovounios. Il s’agit d’un véritable village, tout blanc, composé de maisonnettes, de ruelles et de petites places disposées autour d’une église consacrée à la Dormition de la Mère de Dieu. Il se trouve sur la pente de la montagne du même nom, à vingt minutes de la ville, si l’on s’y rend en voiture, par une route en lacets.

La moniale Pélagie menait une vie d’ascèse et de prière dans ce monastère. Elle portait dans le monde le nom de Lucie Négréponti. Elle était la fille du prêtre Nicéphore et de son épouse Phrangoulie du village de Tripotamos de Tinos.

Le dimanche matin 9 juillet 1822, se présenta durant le sommeil de cette vierge sainte, qui se reposait dans sa cellule, avant l’office des Matines, une femme qui avait une gloire et un éclat indicibles… plus resplendissante que le soleil… Elle lui ordonna avec force… de se lever rapidement et d’aller trouver un des notables de la ville… marguillier… appelé Stamatelos Kangadis… de lui dire de déterrer sans perdre de temps… son Temple… enfoui dans le champ d’Antoine Doxara qui est proche de la « Ville »... qu’on le restaure… que ce même homme veille à ce qu’on construise une église magnifique et majestueuse… s’il refuse d’obéir, la colère de Dieu, inattendue… viendra sans tarder… sur l’île.

La moniale fut prise de doute. Elle ne savait pas si la vision venait des Anges de Dieu ou du diable. Elle garda par sobriété le silence.

Le dimanche suivant, 16 juillet 1822, la Mère de Dieu revint vers elle de la même façon et avec la même demande. Humble et sobre, craignant Dieu, ne sachant toujours pas si la vision était divine ou démoniaque, sœur Pélagie garda à nouveau le silence. Elle était effrayée et se sentait en même temps indigne d’une telle révélation : Pourquoi la Souveraine des Anges viendrait-Elle vers elle ?

Le troisième dimanche, 23 juillet 1822, la dame inconnue revint vers sœur Pélagie, juste avant les matines, très irritée cette fois-là. Elle expliqua à la sœur que si elle n’accomplissait pas ce qu’Elle lui ordonnait, Elle effacerait son nom du livre de Vie. Bouleversée, sœur Pélagie osa demander à la Dame son nom. Elle lui répondit qu’on Lui donnait pour nom : « Annonce, terre, une grande joie… » La sainte et pieuse moniale, entendant dans cette parole le début du mégalinaire de la neuvième ode du canon des matines de la fête de l’Annonciation à la Très Sainte Mère de Dieu, comprit que la vision était divine et que la volonté de Dieu était que l’on restaure le Temple de la Très Sainte Mère de Dieu…

La sainte moniale s’écria avec extase devant la Mère de Dieu : « … Louez, cieux, la gloire de Dieu », en achevant ainsi le mégalinaire commencé par la Toute Sainte. Et sœur Pélagie courut vers la Mère higoumène du monastère, pour lui rapporter avec crainte et tremblement ses visions.

Les premières fouilles : La Mère supérieure et l’archevêque ayant été informés, les fouilles commencèrent au mois de septembre 1822.

On retrouva les ruines d’une ancienne église, mais pas l’icône. Les recherches cessèrent. Un vent meurtrier apportant la peste souffla alors sur l’ancienne île des vents (tel était le nom de cette île dans l’Antiquité). La population effrayée reprit les travaux de recherche. Tous les villages de l’île participèrent à tour de rôle aux recherches. Et on fixa au 1er janvier 1823 la cérémonie de la pose de la première pierre de la nouvelle église réclamée par la Mère de Dieu. Lors de la cérémonie, l’archevêque demanda qu’on lui apporte de l’eau. Un enfant qui se trouvait là découvrit que le puits était rempli d’eau. Le puits, sec auparavant, était empli d’eau jusqu’au bord. C’était un miracle. C’est avec cette eau que Monseigneur Gabriel bénit la première pierre. Et il consacra l’église en construction à la « Source qui donne la Vie ».

La découverte de la sainte icône : Le 30 janvier 1823, vers 14 heures, un ouvrier sentit que sa pioche heurtait un morceau de bois. Il s’agissait d’un morceau d’icône qui représentait un ange offrant un lys. Aidé par ses compagnons, le second morceau de l’icône qui représentait la Vierge Marie, à genoux, en train de recevoir le message divin de l’Incarnation du Sauveur, fut rapidement retrouvé. Après l’avoir nettoyée et vénérée, ils remirent l’icône entre les mains de l’Archevêque Gabriel qui portait le nom du saint Archange représenté sur l’icône. Elle fut placée sur un support devant l’église en construction, afin d’être présentée à la vénération de tous. De partout les personnes vinrent avec émotion se prosterner devant l’icône.

Quelques mots sur la sainte icône : L’icône représente l’Annonciation. Elle semble très ancienne. Elle remonte aux premières années du Christianisme. Elle se trouvait dans la première église dédiée à saint Jean Baptise. Lorsque l’église fut brûlée par les Sarrasins au Xe siècle, l’icône fut enterrée sous les ruines du bâtiment. Elle resta cachée pendant huit cent cinquante ans.

La Mère de Dieu est représentée dans une chambre, agenouillée, la tête baissée, en train de prier devant un lutrin, vêtue d’une robe verte et jaune. Sur le petit meuble est posé un livre ouvert, sur lequel sont inscrits les mots que prononça la Toute Sainte après l’Annonce de l’Ange. On distingue les fenêtres de la chambre. Au milieu de la partie supérieure on aperçoit l’Esprit Saint – sous forme d’une colombe – Qui descend du ciel. Au-dessus de la Sainte Vierge, une barre sort du mur. Un rideau de couleur claire est accroché par des anneaux. L’étoffe est retenue vers le bas, près du mur.

Le saint Archange se trouve devant la Mère de Dieu. Debout, couvert de lumière, il porte un vêtement vert et or et tient dans sa main une fleur de lys, symbole de pureté.

Lorsque le saint apôtre Luc peignit les premières icônes de la Mère de Dieu du vivant de la Très Sainte Vierge, il soumit les saintes images à l’approbation de la Mère de Dieu. Celle-ci les accueillit avec joie et dit : « Que la grâce de Celui qui a été enfanté par moi, soit en elles ! ». Ainsi, le pouvoir miraculeux de l’icône fut donné par la Mère de Dieu Elle-même : une source intarissable de réconfort, de consolation, de guérison, de salut, de paix et d’amour pour tous les croyants.

La Sainte icône de l’Annonciation de Tinos est recouverte d’or et de pierres précieuses, offerts par les pèlerins à la Toute Sainte voulant ainsi montrer leur foi et leur reconnaissance. On aperçoit seulement le visage de la Mère de Dieu et celui de l’Archange. L’icône est placée dans un étui en or. Elle est recouverte d’une plaque en relief dans laquelle sont incrustés des bagues, des médaillons, des broches, des boucles d’oreilles, des diamants, des émeraudes, des rubis et des perles de grand prix.

On peut voir une copie de l’icône dans la sacristie.

La construction de l’église de l’Annonciation : En huit ans on édifia alors une grande église consacrée à l’Annonciation. En 1830, tout était achevé, ce qui fut un exploit, car les temps étaient difficiles. Ce furent les nombreux miracles, qui se produisirent par l’intermédiaire de la Toute Sainte, qui permirent cet exploit.

Lorsqu’on entre dans la grande église magnifique et majestueuse, pleine de richesses et de souvenirs de miracles, sur la gauche, sur un lutrin en marbre blanc, entouré d’offrandes en or et de vases emplis de fleurs, se trouve la Sainte Icône éclairée d’une douce lumière. D’énormes lustres et des centaines de lampes à huile sont suspendus en lignes sans fin, offrant à la Souveraine du Ciel la faible lumière d’une huile sainte et aux fidèles un spectacle qui les plonge dans une profonde atmosphère spirituelle. A chaque lampe est accroché un ex-voto, un navire, un petit enfant en argent, une femme en or, un outil de travail, un animal, une maison, un cœur et mille autres choses encore, représentant toujours une histoire vraie qui explique l’offrande et l’intervention céleste pour un capitaine dont le bateau fut sauvé par la Sainte Vierge, pour la mère dont l’enfant fut guéri, pour l’orpheline abandonnée qui trouva la force de continuer à vivre, pour le pauvre artisan qui prospéra grâce à sa foi en la Mère de Dieu et la Protectrice des Persécutés, pour la jeune fille sans défense qui eut tout ce qu’elle désirait, une maison et un foyer...

En permanence, des personnes viennent s’agenouiller devant l’icône, pour implorer le secours et l’assistance de la Reine des cieux. Les offices se succèdent tout au long du jour, pour remercier la Mère de Dieu et prier pour le salut du monde. Plus de mille cinq cents enfants reçoivent tous les ans le baptême dans les bâtiments inférieurs. Ils sont baptisés dans l’eau de la source miraculeuse. Non loin de l’église, il y a une École de Formation Ecclésiastique. Les jeunes garçons viennent chanter au chœur et servir dans l’église.

« Annonce, terre, une grande joie, louez, cieux, la gloire de Dieu »

« Que de l’arche vivante de Dieu aucune main profane n’ose s’approcher, mais que nos lèvres fidèlement ne se lassent de chanter pour la Mère de Dieu l’angélique salutation, dans l’allégresse Lui criant : Réjouis-Toi, Pleine de grâce, le Seigneur est avec Toi. »

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