Ajouté le: 12 Janvier 2015 L'heure: 15:14

L’icône de la Mère de Dieu « Qui retrouve ceux qui sont perdus »

Texte écrit d’après l’ouvrage « Les Fêtes et les Icônes de la Mère de Dieu dans l’Eglise Russe », 1999, moniale Sofia.
Distributeur : Librairie des Editions de l’Age d’Homme à Paris.

Plusieurs icônes miraculeuses sont connues sous cette appellation : c’est par l’intermédiaire de ces icônes que la Mère de Dieu a manifesté Sa bonté aux gens qui, semblait-il, étaient perdus.

Comme souvent dans ce qui concerne les choses de Dieu, le sens perdu peut être pris au sens d’être perdu, car on ne trouve plus sa route, ou être perdu car on est dans le péché.

Cette icône était déjà connue au VIème siècle sous le saint empereur Justinien. Elle se trouvait alors dans l’église d’Adana, en Asie Mineure, où, grâce à son intervention, le moine Théophile s’était repenti d’une vie indigne de sa vocation.

En Russie, la première icône qui porta ce nom est celle qui se trouvait dans l’église Saint Georges, dans la ville de Bolkhov, dans la province d’Orel. Elle avait été peinte, semble-t-il, en 1707. Elle fut glorifiée quelques années plus tard, car c’est par son intermédiaire que vers 1750, fut miraculeusement délivré de la mort, le pieux paysan Théodote Oboukhov du village de Bor dans la province de Kalouga.

Le jour de la fête de la Sainte Théophanie du Seigneur, une tempête de neige terrible surprit ce paysan sur la route qui sort de Bolkhov. Il gelait. Ayant perdu leur chemin, les chevaux s’arrêtèrent sur le bord d’un ravin. Transi par le grand froid et ne voyant plus la voie du salut, Théodote détela les chevaux et les attacha au traîneau. Il s’emmitoufla, s’allongea dans le traîneau et commença à s’endormir, ayant conscience d’être peu à peu envahi par le gel. Dans ces minutes troubles, il se tourna vers la Mère de Dieu en La priant de le sauver et il fit le vœu de commander une copie de l’icône de la Mère de Dieu « Qui retrouve ceux qui sont perdus ». Dans le village voisin, une voix se fit entendre chez un paysan. Elle pénétra dans sa maison par la fenêtre. Il entendit : « Prends ! » Le Paysan sortit et vit dans le traîneau son ami Théodote à demi-mort.

Lorsque Théodote Oboukhov se fut rétabli, il accomplit sans tarder son vœu. L’icône de Bor commença à être vénérée par de nombreux fidèles.

Il existe plusieurs copies de l’icône de la Mère de Dieu « Qui retrouve ceux qui sont perdus ». Il y en a une dans le village de Malijine, dans la province de Kharkov. Elle se manifesta en 1770, délivrant à trois reprises les habitants de la ville du choléra. On en trouve une autre dans le village de Krasnoïè, dans la province de Tchernigov, une à Voronèje et une à Kozlov, dans la province de Tambov.

En 1835, l’église de l’orphelinat Alexandrov, à Moscou, fut dédiée à cette icône.Une autre encore se trouve dans l’église de la Résurrection, rue Nejdanov à Moscou. Elle provient de l’église de la Nativité du quartier des Plashaks, à laquelle elle avait été donnée par un pieux paroissien à la suite d’une vision qu’il avait eue durant son sommeil. Le paroissien élevait seul ses enfants, orphelins de mère. Se trouvant dans le dénuement complet, il adressa à la Très Sainte Mère de Dieu une prière pleine de zèle. La Mère de Dieu entendit sa prière, le sauva du désespoir et organisa la vie de sa fille. C’est alors que ce pieux paroissien reçut le conseil de donner cette icône à l’église de la Nativité. En 1812, cette église fut saccagée par les Français. L’icône fut retrouvée brisée en trois morceaux. Lors de l'invention de cette icône, dont les trois morceaux gisaient au milieu d’objets sacrés profanés, une multitude de guérisons miraculeuses s’accomplit. On la restaura aussitôt.

Dans l’église de la Résurrection où cette icône se trouve actuellement, les Moscovites célèbrent avec beaucoup de joie la fête de cette icône. C’est l’une de leurs fêtes préférées. Un office et un acathiste ont été rédigés pour cette fête.

C’est vers cette icône que se tournent les fiancés qui vont se marier et qui prient pour que leur mariage soit béni ; c’est vers elle qu’accourent les gens qui veulent être délivrés par la prière de tares et ceux qui ont peur de la maladie. C’est vers cette icône que se tournent les mères qui veulent intercéder pour leurs enfants qu’elles ont perdus. Et la Reine Céleste accorde toujours son aide et son intercession.

Il existe également une icône miraculeuse de la Mère de Dieu « Qui retrouve ceux qui sont perdus », au monastère russe de l’Ascension sur le Mont des Oliviers à Jérusalem. Elle se trouve sur l’iconostase de l’église principale du monastère. C’est l’une des deux icônes reproduites dans cet article. La deuxième, qui est d’un style plus ancien, est du XVIIIe siècle. Elle provient de la Russie du nord et appartient à un particulier.

Cette icône est fêtée peu après la fête de la Sainte Rencontre.

L’un des tropaires de l’icône, ton 4, est le suivant :

« Recherche-nous qui sommes perdus, ne nous punis pas, Vierge Sainte, selon nos péchés, mais dans ton amour du genre humain, fais-nous grâce et préserve-nous de l’Enfer, de toute peine et douleur et sauve-nous. »

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