Ajouté le: 16 Décembre 2010 L'heure: 15:14

La Paroisse des Trois Saints Hiérarques de Romainville en pèlerinage sur les Lieux Saints (II)

Impressions d’un pèlerin

La Paroisse des Trois Saints Hiérarques de Romainville en pèlerinage sur les Lieux Saints (II)

Ayant quitté la laure de Saint Sabas le Sanctifié, nous nous arrêtons au monastère Saint Théodose le Grand. C’est ici, apprend avec joie le plus jeune des 40 pèlerins, âgé de seulement 4 ans, que se trouve la grotte dans laquelle les rois mages se sont arrêtés sur leur chemin vers Jérusalem, lorsqu’ils sont partis à la recherche du nouveau‑né Jésus, guidés par l’étoile. Dans la même grotte, la plus âgée des pèlerins, à ses 80 ans, se prosterne humblement devant le sépulcre de la mère de Saint Sabas et devant celui de la mère des Saints Cosme et Damien.

Nous retournons à Bethléem et visitons l’église orthodoxe de la Nativité du Christ, avec la grotte de la Nativité. Une église imposante, avec des murs noircis par les années, bâtie sur l’endroit où notre Seigneur est venu au monde, humblement, pour nous et pour notre salut. Cet endroit nous rend nous aussi humbles car, pour y entrer, nous devons nous pencher jusqu’à terre, la porte de l’église étant une petite ouverture basse dans le mur ouest.

De la Grotte de la Nativité au Sépulcre du Christ

Le lendemain nous visitons la ville de Jérusalem: le Mont des Oliviers – un havre de paix autour de l’église de saint Jean Baptiste où nous sommes accueillis par plusieurs moniales roumaines; le jardin Gethsémani, avec les oliviers millénaires; la cité de Jérusalem. Dans l’église orthodoxe de la Dormition de la Mère de Dieu nous vénérons, tous comblés d’émotions, l’icône miraculeuse de la Mère de Dieu de Jérusalem, non peinte de main d’homme. Un prêtre roumain nous y rejoint et nous raconte un des miracles qui s’était passé ici et dont il avait lui‑même été témoin. L’esprit rempli par la grâce divine qui jaillit de ce lieu saint, nous nous dirigeons vers le Golgotha. Dans l’Église du Saint Sépulcre de notre Seigneur règne une lumière obscure qui nous fait penser au Vendredi Saint. Attendant à la file, cierges en main, pour entrer dans le Sépulcre d’où jaillit la vie, nous nous souvenons du chant de l’office de l’Ensevelissement. Sur le lieu de la Crucifixion, en posant son oreille contre une pierre, les plus fidèles chrétiens ont la grâce d’entendre, d’une manière mystérieuse, un bruit qui fait penser à l’enfoncement des clous que notre Sauveur a subi pour nous.

Le soir, en plus du programme initial de ce jour, nous visitons également l’église roumaine de Jérusalem. Nous assistons aux Vêpres et après nous chantons de tout notre cœur à notre Sainte Mère: «De grosses larmes sillonnent mon visage, j’éprouve du regret/Toi, Mère, je te supplie, ne me laisse pas périr/ Emmène‑moi en haut, devant Ton Fils et Dieu». Le recteur de la paroisse, ému par cette rencontre avec plusieurs fidèles de sa région natale, nous raconte l’histoire de cette église roumaine et nous embrasse à la fin, nous donnant sa bénédiction. Ce service vespéral est un cadeau qui surprend également notre prêtre, père Mircea, le chef de notre groupe, car l’église respecte le calendrier ancien et ce jour‑là c’était la fête de Saint Georges, le protecteur même de l’église. Une joie de plus que notre père nous raconte au dîner.

En visite au Musée de l’Holocauste

Mercredi matin nous visitons le musée de l’Holocauste. Les enfants âgés de moins de 10 ans n’ont pas le droit d’y entrer. Il y a une longue rangée de pièces où règne une atmosphère apocalyptique, projetée par des images statiques et mobiles. Dans l’une des vitrines, la photo du patriarche de la Bulgarie et un hommage à celui‑ci pour avoir sauvé la communauté juive de Bulgarie. Nous y retrouvons des noms des villes connues, que nous n’aurions pas supposées avoir eu un lien avec ces tristes événements, comme, par exemple, la ville de Drancy, située à l’est de Paris, où habitent aujourd’hui beaucoup de familles roumaines.

Chez Saint Jean le Chozébite de Neamt

Lorsque je remémore ce jour‑là, dans ma tête résonne le Canon de la Résurrection: « Aujourd’hui c’est le jour que le Seigneur a fait pour que vous vous en réjouissiez ». Nous montons en ascenseur sur le Mont de la Quarantaine, là où le Seigneur a été tenté par le diable. Un monastère y a été construit, à même le rocher. Accueillant, un prêtre grec nous offre de l’eau, car à cette altitude il fait extrêmement chaud.

Nous nous dirigeons ensuite vers l’église roumaine de Jéricho, nous y vénérons les icônes et nous parlons avec les moniales, soit dans la cour, soit dans le magasin d’objets religieux où nous nous souvenons, bien sûr, de ceux que nous aimons et qui sont restés à la maison.

Nous voilà maintenant en route pour le désert de Chozéba. Ici, dans la vallée du Cherit, a vécu le Saint Prophète Elie. Des bédouins avec des ânes nous offrent un moyen de transport confortable vers le monastère orthodoxe de Saint Georges de Chozéba, moyen de transport que nous refusons par pitié pour les pauvres bêtes. Arrivés à la porte du monastère nous devons nous pencher pour entrer. Aurions‑nous compris qu’en échange de l’humilité nous recevons la grâce divine? Nous pouvons le constater par nos propres yeux: notre Saint Jean de Neamt s’y repose, ses reliques sont entières, car il a remis son âme dans les mains de Dieu il y a 50 ans, le 5 août 1960. Nous nous mettons à genoux devant le reliquaire et lisons l’acathiste au Saint. Nous n’avons pas idée du temps que nous avons pu passer agenouillés, mais le moment de la séparation est difficile. Chacun de nous laisse au Saint un petit cadeau et une liste avec les noms de ceux qui nous sont chers. Nous quittons le monastère, en gardant dans nos cœurs le testament laissé par Saint Jean, finement brodé en lettres dorées sur le couvercle du reliquaire :

Fils égarés de mon pays
Souffrant parmi les étrangers
N’oubliez pas votre mission de roumains et de chrétiens.

C’est juste un vers du vaste œuvre poétique du Saint, si constructif pour l’esprit. Le soir, de retour à l’hôtel, nous parlons de la vie de Saint Jean de Neamt et lisons quelques‑uns de ses poèmes.

À Nazarteh, à Cana et sur le Mont Thabor

Quant au reste de l’itinéraire, il nous fit passer par Nazareth, par Cana, par le Mont des Béatitudes, par la Mer Morte, par Capharnaüm, par le Lac de Tibériade pour finir sur le Mont Thabor, là où, dans une très belle église orthodoxe nous écoutons mère Elodora, qui nous raconte l’histoire de l’icône miraculeuse, que nous allons également vénérer. L’atmosphère est imprégnée d’une agréable odeur d’encens. Nous vénérons l’icône et chantons, comme nous l’avons fait tout le pèlerinage, car nos âmes, trop comblées de grâce, ont ressenti le besoin de s’ouvrir et de rendre grâce à Dieu pour cette immense bénédiction que nous avons reçue.  

À la fin du pèlerinage, sur le Mont Thabor, père Mircea nous a dit ces paroles: «Nous avons vu et nous avons vécu sur les Lieux Saints ce que chacun de nous a pu ressentir. Essayons dorénavant de garder toujours cette lumière et la bénédiction dans notre vie et, une fois rentrés à la maison, de la partager, par ce que nous faisons, avec ceux qui sont autour de nous.

Gardant cette parole dans notre mémoire, nous avons voulu partager avec vous la joie d’avoir été pèlerins sur les Lieux Saints. Nous rendons grâce à Dieu pour tout!

Presbytéra Iulia FILIP, Romainville‑Paris 

La Paroisse des Trois Saints Hiérarques de Romainville en pèlerinage sur les Lieux Saints (II)

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