Ajouté le: 7 Janvier 2010 L'heure: 15:14

La verite de Dieu et le mensonge du monde (II)

« Le Christ parle ainsi : une seule chose est nécessaire (Luc 10, 42). Quelle est cette chose-là ? Le salut éternel. Tout ce qui est dans le monde passe, comme le monde lui-même. A l’heure de notre mort, nous quittons le monde et tout ce qui existe dans le monde : honneurs, gloire, richesses, plaisirs, amis, frères, parents, enfants, profession. Seules nos âmes passent de ce monde-ci à la vie éternelle, ou au tourment éternel. Le salut de l’âme, lorsque nous parvenons à l’obtenir, est quelque chose de plus précieux que le monde entier. Par conséquent, l’âme est la chose la plus chère que tu aies au monde. Au contraire, à quoi pourraient bien te servir tous les trésors du monde, si tu perds le salut de ton âme ? Que servira-t-il à l’homme de gagner le monde entier, s’il perdait son âme ? - dit le Sauveur du monde. (Mt. 16, 26). »

(Saint Tikhon de Zadonsk – « Les devoirs du chrétien envers lui-même ») 
 

La verite de Dieu et le mensonge du monde (II)

La naissance de l’enfant Jésus rétablit l’alliance entre l’homme et Dieu et l’unité de la terre et du ciel. L’étoile de Bethléem montre à chacun de nous le chemin du salut, de la vérité et de la vie, dans un monde tombé sous la domination du mensonge et de la mort. Le Christ est venu  partager avec nous notre exil terrestre pour ouvrir nos yeux aveugles et apporter la preuve, par Sa passion et Sa mise à mort, que ce monde n’obéit plus à la volonté du Père éternel, mais se trouve sous l’emprise de l’ennemi de Dieu et des hommes, père du mensonge, de la division et de la mort. C’est pourquoi dans ce bas monde l’injustice l’emporte si souvent sur la justice, la haine et la discorde l’emportent sur l’amour du prochain, et les serviteurs de Mammon sont plus nombreux et plus puissants que les serviteurs de Dieu, si souvent raillés, calomniés, persécutés, comme l’a été le Christ lui-même : « Le Christ a été crucifié, Barabas le brigand a été libéré, et le peuple corrompu criait qu’il fallait épargner le tueur d’hommes plutôt que le Sauveur et le Bienfaiteur » (St. Jean Chrysostome – « Lettres de l’exil »).

Quel salut pouvons nous attendre et quel bienfaits, de la part d’un monde qui a crucifié son Sauveur et tué son Bienfaiteur ? La vie de l’enfant Jésus est menacée dès sa naissance. Le massacre des innocents, sur l’ordre du roi Hérode, est déjà une preuve évidente, bien avant la condamnation et la passion du Christ, du fait que ce monde est un lieu d’injustice, de souffrance et de mort, dominé par l’ennemi de Dieu, de la vérité et de la vie, qui a causé la chute d’Adam et de l’ensemble de l’humanité. De même que Méphistophélès qui a pris possession de l’âme de Faust par de fausses promesses, l’esprit de ce monde semble être notre ami et promet de nous donner tout ce que l’homme de chair peut désirer  - la jeunesse, la beauté, l’amour, la richesse, le pouvoir, le plaisir, le bonheur… Mais à la fin de notre existence terrestre nous récoltons tout le contraire de ces belles promesses : la vieillesse, la maladie, le chagrin, la souffrance, la mort, et la perte de tout ce que nous possédons et nous aimons. Si nous mettons nos espoirs dans ce monde, nous faisons acte d’allégeance à Mammon, même si nous nous disons chrétiens, car «  la chose sur laquelle tu fondes tes espoirs, cette chose-là est ton dieu » (St. Théophane le Reclus).

Ainsi nous n’avons qu’un seul choix à faire, dont dépend toute notre existence et le salut de notre âme : « Soit Dieu, soit le monde : il n’y a pas de chemin de milieu. Ou alors tu es en train de dormir, si insouciant que tu ne vois plus rien ?! Là-bas il y a tout, ici – rien ; là-bas il y a la vérité, ici – le mirage ; là-bas il y a la paix, ici – le tourment des soucis; là-bas, le contentement, ici – d’incessantes souffrances ; là-bas, la joie et la félicité, ici – des chagrins seulement et la douleur du cœur. Tu connais tout cela et tu as tout expérimenté, et pourtant tu restes dans le même état d’inanité de l’esprit et du cœur… » (St. Théophane le Reclus).

Choisir Dieu n’est pas un acte visible, et pour suivre le Christ, il n’est pas forcément nécessaire de quitter le monde, ni de le combattre ou de le changer. Le Christ n’a pas été un révolutionnaire et n’a pas incité le peuple juif à se révolter contre le pouvoir de César. Car partir en guerre contre le monde c’est encore une manière de s’y attacher. De même, on peut se retirer loin de la société humaine et porter le monde dans son cœur, par des sentiments d’aversion, de déception, de révolte, d’amertume, de rancune, qui nous attachent aux choses de ce monde autant – sinon davantage – que l’amour du monde. Et le contraire est tout aussi vrai : on peut vivre dans le monde, et porter Dieu dans son cœur.

Ce n’est pas le monde qui est mauvais, mais l’esprit du serpent qui a pris possession du monde. Car la chute d’Adam, dont nous portons tous la semence au fond du cœur, nous a dépossédés à la fois du royaume des cieux et du royaume de ce monde, qui appartient, non pas à l’homme, mais à son ennemi, celui « qui peut faire périr l’âme et le corps dans géhenne » (Matthieu 10, 28).

C’est pourquoi notre salut ne pourra en aucune façon venir du  monde, ni des hommes, car le mal ne peut produire le bien, ni le mensonge, la vérité, ni les ténèbres, la lumière. Les prétendus sauveurs de l’humanité des temps modernes – Marx, Nietzsche, Lénine, Staline, Hitler, Mao Tze-Tung et leurs nombreux imitateurs et disciples – n’étaient que des hommes, qui voulant égaler Dieu, sont devenus des démons et ont transformé la planète en enfer.

Ce n’est pas pour changer le monde que le Christ est venu parmi nous, mais pour changer l’homme. Et cet homme qu’il faut changer, ce n’est pas mon voisin, ni mon chef de bureau, ni le président de la République, ni personne d’autre que moi-même. Et ce qui doit changer ce n’est pas mon aspect extérieur, ni ma profession, ni mon statut social, mais l’homme intérieur. Or celui-ci ne pourra jamais changer par ses propres moyens, de même qu’un homme qui tombe dans le vide – et c’est le cas de tous ceux qui ont coupé le lien avec Dieu – ne pourra jamais revenir en arrière ni arrêter sa chute par sa propre volonté.

La naissance de l’enfant Jésus au plus profond de notre cœur - là où les tueurs d’enfants envoyés par les rois de ce monde ne pourront l’atteindre - est le seul moyen de sauver à la fois l’homme et le monde : « lorsque le cœur sera changé, suivront aussi les actes extérieurs en conformité avec ce changement. C’est pourquoi le Christ dit aux pharisiens : « Pharisien aveugle ! purifie d’abord l’intérieur de la coupe et du plat, afin que l’extérieur aussi devienne pur » (Mt. 23, 26) » (St. Tikhon de Zadonsk – ibid. ).

Si  nous recevons dans notre cœur la lumière du Christ,  le regard que nous portons sur le monde sera illuminé lui aussi. Nous comprendrons alors que  les  ténèbres qui nous entouraient  venaient non pas du monde mais de nos yeux aveugles à la présence de Dieu  en nous et autour de nous : «  Si donc ton œil est en bon état, tout ton corps sera illuminé ; mais si ton œil est mauvais, tout ton corps sera dans les ténèbres » (Matthieu 6, 22-23).

Le monde que l’on dit matériel  n’a pas de réalité en soi et serait réduit à néant sans la présence de l’Esprit de Dieu partout et à chaque instant. Mais ce qui est Esprit ne peut être perçu que par l’esprit. Les mots d’un livre sont visibles aux yeux de tous, mais n’ont aucune signification pour un illettré. De même, si nos yeux spirituels sont aveugles, nous ne voyons que la face matérielle des choses : « Tous les objets que tu vois dans l’univers sont semblables à des murs, car toutes les choses que nous percevons par nos sens nous empêchent de voir les réalités spirituelles. (…) Cependant quand on voit un habit, on pense tout de suite à celui qui l’a tissé ; (…) de même, la vue d’une maison évoque dans l’esprit du spectateur la main de l’architecte qui l’a bâtie. Et pourtant ces gens-là restent entièrement aveugles à Celui qui se révèle au moyen des choses visibles » (St. Grégoire de Nysse – « Sur l’âme et la résurrection »).

Ainsi, pour celui qui sait lire le livre de la Création, le monde visible devient une source de lumière spirituelle : « Par le moyen des choses naturelles nous pouvons recevoir des enseignements très clairs sur toutes les choses spirituelles » (Saint Jean Climaque – « L’échelle sainte »).

Le monde n’est mensonge et illusion que si nous en faisons une idole, en oubliant que la vie sur terre n’est pas un but mais un moyen qui nous a été donné pour sauver nos âmes et retrouver le royaume éternel de Dieu: « Ainsi donc, seul le salut de l’âme nous est nécessaire, à ce point que rien d’autre n’est plus nécessaire que cela. (…) C’est pour cela que le Fils de Dieu est venu dans le monde, qu’il a souffert, qu’il est mort et qu’il a ressuscité. (…) Par conséquent c’est la seule chose nécessaire pour nous. Si nous l’obtenons, nous aurons tout ; si nous la perdons, nous n’aurons rien. Nous devons donc rechercher cette chose-là davantage que la nourriture, les vêtements, la santé, la liberté du corps, le repos et tout ce qui concerne notre vie présente. Car toutes ces choses possédées, nous les abandonnerons à l’heure de notre mort, mais le salut de l’âme, une fois acquis, nous l’emporterons avec nous dans l’autre monde et nous l’aurons pour l’éternité » (St. Tikhon de Zadonsk – ibid.).

Viorel Ştefăneanu (Paris)

La verite de Dieu et le mensonge du monde (II)

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