Ajouté le: 8 Décembre 2009 L'heure: 15:14

La verite de Dieu et le mensonge du monde (I)

« Nul ne peut approcher Dieu s’il ne s’éloigne pas du monde. »

(Saint Isaac le Syrien)

 

« Celui qui pense selon les choses de la terre, et non selon celles d’en Haut, se détourne, par ce fait même, de la parole de Dieu, il la dédaigne et la transgresse. Par conséquent, de quelque manière que tu tournes ta pensée, homme, tu n’as le choix qu’entre deux choses : soit aimer la parole de Dieu et te détacher du monde, soit délaisser la parole de Dieu, et t’attacher au monde – et il est impossible de suivre les deux à la fois, car ce sont des choses contraires l’une à l’autre. La parole de Dieu détourne notre cœur du monde, et le monde le détourne de la parole de Dieu »

(Saint Tikhon de Zadonsk – « Les devoirs du chrétien envers soi-même »)
 

La verite de Dieu et le mensonge du monde (I)

L’époque moderne a inventé, entre autres aberrations, un nouveau type de spiritualité hybride et dénaturée, qui prétend concilier l’esprit du monde et l’Esprit de Dieu, la volonté et les appétits de l’homme de chair et la vie spirituelle, contrairement à la parole du Christ qui nous met en garde contre cette confusion : « Nul ne peut servir deux maîtres. (…) Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon » (Matthieu 6, 24).

Ainsi, le prédicateur américain Neale Donald Walsch, qui pousse cette tendance jusqu’à la caricature, nous assure dans un ouvrage qui a connu un succès international, que Dieu n’attend rien de nous et que par conséquent chacun peut vivre comme bon lui semble sans craindre le jugement de Dieu, ni se soucier du salut de son âme : « Qu’est-ce que Dieu veut ? Rien. Qui est l’adversaire de Dieu ? Personne ».  (…) « Si Dieu ne veut rien, alors vous avez l’entière liberté de vous forger la vie que vous souhaitez vivre » (…) « La Règle Unique du Dieu unique est que chacun est sa Propre Règle ». « Ce qui signifie que ce que vous voulez, c’est ce que Dieu veut » (N. D. Walsch – « Ce que Dieu veut »). 

Autrement dit, chacun est son propre dieu, et Dieu n’est plus personne et ne sert plus à rien !... On reconnaît sans peine le véritable maître qui parle par la bouche de son serviteur, et qui déguisé, comme à son habitude, en ange de lumière (2 Cor. 11, 14) ne fait que renouveler dans une version moderne la promesse mensongère du serpent : « vous serez comme des dieux » (Ge. 3, 5) 

Qu’une doctrine à ce point inepte, d’une arrogance sacrilège qui n’a d’égale que sa bêtise monumentale, ait pu trouver une audience si vaste et faire l’objet d’ouvrages traduits en plusieurs langues (dont le français – Ed. Guy Trédaniel, 2005), en dit long sur la confusion spirituelle (et mentale !) de l’humanité moderne, qui ne sait plus faire la distinction entre Dieu et Mammon, entre le Christ et l’Antéchrist. Confusion qui a conduit à l’inversion satanique des valeurs chère à Nietzsche, lequel, plus honnête que ce prédicateur qui prétend parler au nom de Dieu, a reconnu ouvertement qu’il était le porte-parole de l’Antéchrist. Cette inversion des valeurs, qui constitue de nos jours la tendance dominante de la culture mondiale, est la source unique de tous les malheurs, passés, présents et sans doute à venir, du monde moderne : « Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, Qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres » (Isaïe 5, 20).

L’avertissement du prophète Isaïe n’a jamais été aussi actuel qu’à notre époque qui place l’homme de chair et les biens de ce monde au-dessus de tout, et  trouve parfaitement normal de le faire, puisque les faux prophètes des temps modernes ont fait croire aux foules qu’au-delà du monde visible, il n’y a rien : « les choses sont tout entières ce qu’elles paraissent être – et derrière elles, il n’y a rien » (J.-P. Sartre – « La Nausée »). Rien non plus au-dessus de l’intelligence humaine : « Il n’y a aucune instance au-dessus de la raison » (S. Freud – « L’avenir d’une illusion »).

Jamais l’esprit humain n’est tombé aussi bas que lorsqu’il a voulu s’élever aussi haut que Dieu, et la folie des hommes n’a jamais atteint de tels sommets que lorsque la raison humaine s’est autoproclamée guide suprême et sauveur de l’humanité, à la place du Christ.

La confusion entre l’esprit du monde et l’Esprit de Dieu, entre l’homme charnel et l’homme spirituel, et l’inversion démoniaque des valeurs qui en résulte, se manifestent à notre époque au grand jour et à l’échelle planétaire, avec une insolence militante sans précédent, mais elles ne sont nullement une nouveauté, ni une invention des temps modernes. En effet, depuis la chute d’Adam, nous portons tous dans notre esprit et au fond de notre cœur le germe du mal, du fait de la double nature propre à l’homme déchu, dont l’âme conserve à la fois  l’empreinte ineffaçable de son origine divine et la marque indélébile du péché originel, qui a causé la chute de l’homme et avec lui, celle de toute la Création. Or ce péché consistait précisément à renverser l’ordre fondé par Dieu, par une inversion des valeurs qui prétendait placer l’homme au même niveau que Dieu, ruse par laquelle le serpent a pris possession de l’âme humaine, devenant le père de  l’humanité déchue. 

Le monde où nous vivons n’est pas tel que Dieu l’a fait, de même que l’homme déchu n’est pas celui que Dieu a créé et voulu. Tout comme la créature humaine, ce monde participe d’une double nature, ainsi que le champ où poussent ensemble le blé et l’ivraie semée par l’ennemi (Matthieu 13, 24-30) : la bonne semence qui vient de Dieu a produit la beauté grandiose du monde naturel, ses lois rigoureuses, sa richesse d’une diversité inépuisable, son exubérance créatrice et ses inventions qui dépassent infiniment l’intelligence et l’imagination de l’homme ; mais ce même monde porte aussi les stigmates de la chute de l’homme qui, ayant fait pacte avec l’ennemi de Dieu et de la Création, a apporté dans le monde la division, la haine, la violence, la souffrance, la mort, et tous les autres maux et malheurs qui n’ont pas été voulus ni créés par Dieu. C’est la raison pour laquelle le Christ n’est pas venu dans le monde pour y régner, ni pour nous aider à y vivre heureux et à prospérer, mais pour nous en délivrer : « Vous aurez de l’affliction dans e monde ; mais prenez courage, moi, j’ai vaincu le monde » (Jean 16, 33).

Car depuis la chute d’Adam, le royaume de ce monde se trouve, de même que l’homme déchu, sous la domination de celui « qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne » (Matthieu 10, 28). C’est parce que ce monde s’est séparée du royaume des cieux et n’obéit plus à la volonté de Dieu, que nous prions notre Père céleste de rétablir l’unité primordiale de la Création : « que ton règne vienne, que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel ». 

Le Christ nous montre par son propre exemple (la troisième tentation dans le désert, Matthieu 4, 8-10)  le choix que chacun de nous doit faire : refuser le royaume de ce monde, qui appartient à Satan et qu’on ne peut obtenir sans se prosterner devant lui. Car nul ne peut servir deux maîtres, Mammon et Dieu (Matthieu 6, 24), de même qu’ « il est impossible de regarder d’un œil le ciel et la terre de l’autre » (Saint Jean Climaque).

Nous pouvons mesurer la distance qui nous sépare de Dieu selon le pouvoir de séduction qu’exercent les choses du monde sur notre esprit et notre cœur, « car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Matthieu 6, 21) : « Tu pries Dieu, tu Le loues, tu chantes Sa gloire, tu Lui rends grâce avec la bouche, mais si tu n’as pas tout ceci dans ton cœur, ta  prière, ton chant, tes louanges et tes remerciements ne sont rien. Tu te prosternes devant Dieu et tu plies tes genoux mais si tu ne plies pas ton cœur aussi, tes prosternations ne signifient rien » (Saint Tikhon de Zadonsk – ibid.). 

La foi est de la même nature que l’amour : si elle n’existe pas dans le cœur, elle n’existe pas du tout. Comment pouvons-nous prétendre, en effet, suivre la voie du Christ, si  notre cœur est rempli des choses du monde  et que nous consacrons tout notre temps et tous nos  efforts à obtenir  la réussite, le succès, le bien-être, le pouvoir, le bonheur, dans un monde où le Christ a été outragé, condamné, supplicié et crucifié entre deux brigands ?  

Si nous croyons réellement que le Christ est le chemin, la vérité et la vie (Jean 14, 6) nous devons conclure en toute logique que le monde qui l’a renié et rejeté suit forcément un chemin contraire, placé sous le signe du mensonge et de la mort. Dès lors, tout ce qui arrive à l’homme de chair en ce monde est de la même nature trompeuse et illusoire que le monde lui-même : « considère que ce sont des rêves tous les biens et les maux qui arrivent à la chair » (Saint Isaac le Syrien). C’est la raison pour laquelle nous devons rendre grâce à Dieu pour les épreuves et les peines que chacun de nous doit forcément subir en ce monde : « Pourquoi  Dieu a-t-il établi les choses de telle sorte que personne ne puisse exister sur terre sans chagrins et sans épreuves ? C’est pour que l’homme n’oublie pas qu’il est un exilé et qu’il ne vive pas sur terre comme un citoyen dans sa patrie, mais comme un voyageur et un déporté en pays étranger, et pour qu’il cherche à revenir dans sa véritable patrie » (Saint Théophane le Reclus).

(A suivre)

Viorel Ştefăneanu

La verite de Dieu et le mensonge du monde (I)

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