Ajouté le: 9 Octobre 2009 L'heure: 15:14

NEPSIS Belgique

L’activité de Nepsis en Belgique a commencé en 2004 avec une rencontre des jeunes de notre Métropole qui a eu lieu à Chevetogne, dans les Ardennes. Nous avons eu comme invités Monseigneur Iosif et deux prêtres de la Métropole Orthodoxe Grecque du Benelux, le Père Bathélémy D’Huyvetter et le Père Dominique Verbeke. Cette première activité a laissé d’ agréables souvenirs aux participants…

NEPSIS Belgique

Au cours des deux années qui ont suivi cet événement, les activités des jeunes ont été peu nombreuses car il n’y avait pas encore un programme liturgique régulier, ni un cercle d’amis formé, et il n’y avait pas non plus une personne pouvant réunir tout le monde dans l’Eglise. Ce rassemblement des jeunes a commencé à prendre forme à partir de l’automne 2006, son évolution étant étroitement liée à celle de la Paroisse „Saint Nicolas”, créée au même moment. C’est ainsi que Nepsis Belgique a pris contour autour du père Patriciu Vlaicu. L’expérience et la jeunesse spirituelle du père Patriciu ont eu une influence déterminante sur les jeunes et l’église de la paroisse est devenue leur endroit privilégié de rencontre et le lieu d’organisation de la plupart des activités de Nepsis. Les premières activités organisées ont été des leçons de musique byzantine, suivies par l’organisation d’une chorale. Après une période de préparation, la chorale a pu transmettre la bonne nouvelle de la Naissance du Christ à travers les chants de Noël dans l’église, dans les maisons de différents fidèles orthodoxes, dans la prison Saint Gilles de Bruxelles, et dans un hôpital. 

Les liens entre les jeunes et la cohésion du groupe se sont renforcés au cours des différentes rencontres et activités: le travail à la revue de la paroisse, les discussions de l’Ecole Biblique du Samedi soir, les agapes de Dimanche, les projections de films suivies par des discussions sur des thèmes spirituels, les matchs de football, les voyages et les pèlerinages. 

Nous avons eu la joie d’avoir parmi nous des invités qui nous ont marqués par leur noblesse spirituelle. Nous avons pu sentir la douceur et la chaleur du Monseigneur Iosif qui nous a parlé de „l’amour par le renoncement” pendant les Congrès Nepsis de Bruxelles en 2007. Au cours de cette rencontre notre paroisse a reçu la visite d’une centaine de jeunes de toute la Métropole Orthodoxe Roumaine d’Europe Occidentale et Méridionale et de Roumanie. Pendant 3 jours nous avons été sous le charme des paroles du Père Constantin Necula, Professeur à la Faculté de Théologie Orthodoxe de Sibiu. Nous avons lié des nouvelles amitiés, nous avons prié ensemble et nous avons appris que „l’amour peut tout”. 

Peu après le Congrès nous avons fait la rencontre du Père Vasile Gavrila de l’Eglise Russe de Bucarest. Il nous a fait une grande joie en nous parlant de la préparation de la rencontre entre Dieu et l’Homme et de l’ouverture des portes du Royaume des Cieux dans nos cœurs pour recevoir le Christ fait homme pour le salut du monde.

Maintenant, après 5 ans d’existence, nous sommes une famille nombreuse, soudée autour de la paroisse „Saint Nicolas”. Nous rendons grâce à Dieu pour tout et pour tous. Que pourrions-nous faire pour aider encore plus les jeunes de la paroisse? Dialogue, prière, encouragement, soutien… car „il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis” (Jean 15,13).

Le Père Patriciu Vlaicu est un des pères spirituels proche des jeunes. En ce moment anniversaire nous l’avons prié de répondre à quelques questions.

Les jeunes orthodoxes ont montré leur enthousiasme pour s’associer dans un groupe dynamique, et échapper ainsi à la solitude citadine. Ce désir peut-il constituer un bon début de vie orthodoxe dans une société occidentale ?

R : La solitude citadine est une conséquence de l’égoïsme et de la course continue pour avoir plus, quel qu’en soit le prix. Au moment ou un jeune prend contact consciemment avec les valeurs chrétiennes, il ne peut plus vivre comme avant. Il essaye de sortir de son ancien mode de vie par le don de soi, et en donnant aux autres, il devient confiant en lui-même en tant que membre vivant de la communauté. L’attachement à un groupe d’initiative chrétien est pour un jeune une attitude envers le monde et un témoignage; je ne sais pas si c’est suffisant mais c’est certainement efficace. Chaque moment dédié à la communion est une terre fertile dans laquelle les „graines” de la foi peuvent pousser.

Beaucoup de jeunes s’approchent de Dieu et de l’Eglise une fois arrivés en Occident alors qu’en Roumanie ils ne l’ont pas fait, malgré une présence beaucoup plus „consistante” de l’Eglise dans la société. Quelles sont les caractéristiques de l’Orthodoxie occidentale et en quoi est-elle différente de celle de „chez nous” ?

R : L’Orthodoxie de l’Occident et celle de „chez nous” sont Une et la Même Orthodoxie. L’Orthodoxie vécue dans un contexte dominé par la sécularisation a, à mon avis, la particularité d’un sapin qui pousse à l’ombre: il s’efforce de sortir de l’ombre, assoiffé de lumière. Il n’existe pas, ici en Occident, une autre Orthodoxie. Mais, dans un contexte plus sécularisé et quelquefois même hostile, la soif de nourriture spirituelle peut déterminer les gens à avoir des recherches plus réalistes, et à être plus heureux en rencontrant des personnes ayant les mêmes centres d’intérêt. Cela ne veut pas dire que la société sécularisée est un environnement favorable à l’élévation spirituelle, mais seulement que, dans ce contexte, si quelqu’un a choisi de manière responsable la voie de la foi, il doit avoir le courage de l’assumer malgré des possibles risques matériels et professionnels. Assumer sa foi dans le contexte d’un environnement athée ou indifférent est un acte de témoignage.

„Elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent” (Mathieu 7, 14). En tant que jeunes chrétiens nous devons vivre l’Orthodoxie. Quelle est la vocation des jeunes dans l’Eglise ? Comment pouvons-nous faire de l’Orthodoxie une priorité pour nos vies alors que nous passons la plupart du temps au travail ?

R : Etre chrétien est un mode de vie. Le christianisme ne peut pas être vécu partiellement. On ne peut pas être chrétien seulement après le travail. Si j’arrive à considérer que tout ce que j’ai est un don de Dieu et que le travail et les études n’en font pas exception, alors, le temps passé au travail ou à l’école seront une modalité de vivre l’Orthodoxie. Si je peux croire que le Seigneur m’a envoyé là ou je suis, et m’a donné à faire ce que je fais, si je fais tout comme si je le faisais pour Lui, alors pendant tout le temps passé au travail je vivrai le christianisme. Au cours des périodes difficiles du début du christianisme, les païens étaient étonnés par l’honnêteté, l’enthousiasme et l’amour des chrétiens. Si nous cultivions ces vertus là où nous sommes „envoyés” pour servir, nous prouverons que nous donnons priorité à l’Orthodoxie dans nos vies.

Par désir d’aller „plus vite” vers la sainteté nous pourrions nous laisser guider quelquefois par une logique moraliste puritaine, qui transformerait l’association en un groupe sans verticalité spirituelle. Comment peut-on éviter cela ?

R : J’ai toujours vu et je continue de voir les jeunes de Nepsis comme des personnes enthousiastes et cherchant une verticalité spirituelle. Des difficultés et des dérapages peuvent apparaître dans toutes les communautés, mais nous pouvons les corriger par un dialogue sincère, sans ambitions et préjugés. Malheureusement il existe des gens qui considèrent que la vie chrétienne est dépassée: même s’ils s’appellent chrétiens ils souhaitent vivre un libertinage camouflé par de sporadiques attitudes pieuses. Je crois que vous devez être vrais. L’attitude chrétienne ne peut pas être puritaine car dans la vie selon l’enseignement du Christ les excès sont corrigés dans la relation avec le père spirituel et la communauté. Le problème est que nous sommes tentés de diminuer les exigences à cause de nos propres faiblesses; nous arrivons ainsi à considérer que l’ordre est un excès et le désordre est la normalité. 

La peur de dire ce que nous pensons peut nous faire perdre le sens autocritique, nous pousser à fuir la réalité en pensant que les autres veulent nous faire du mal, nous faire nous soumettre aveuglement aux lois de la nature, nous faire appliquer des passages extraits aléatoirement de la Bible et nous rendre ignorants. Nous ne posons pas de questions lorsque nous en avons l’occasion pour ne pas déranger le „confort” spirituel avec lequel nous nous sommes habitués. Jusqu’où devrait aller l’audace de dire ce que nous pensons et à quel moment dépasse-t-elle les limites du bon sens ?

R : Il serait très bien d’arriver à comprendre les lois de la nature, car nous pourrions ainsi comprendre la loi de Dieu. Dieu n’a pas mis dans la nature des mauvaises lois, mais l’homme dans sa révolte a adopté une attitude de perversion des lois de la nature par une quête du spectaculaire. Le jeune doit avoir l’audace de poser des questions mais aussi la détermination de prendre en compte la réponse. La parabole du jeune riche qui a refusé de suivre le Christ pour ses richesses est un bon exemple dans ce sens. 

Je ne pourrai pas dire ce qui est plus important: poser les questions ou suivre les réponses reçues? Savoir ce qu’il faut demander est très difficile mais dans les rencontres spirituelles cette difficulté doit être éliminée car nous devons y participer sans préjugés, orgueil et égoïsme. Aucune question venant d’une quête sincère n’est dérangeante. En même temps si tu as besoin d’une réponse, quand tu la reçois, sois heureux et suis-la. Autrement, les questions et les réponses n’ont plus aucun sens.

Comment pouvons nous nous éloigner du danger de la médiocrité spirituelle et du désert consumériste dans les quels nous sommes tentés de tomber ?

R : Le mot médiocre est l’équivalent du mot utilisé dans les Ecritures. Le médiocre est celui qui croit que le compromis est possible dans la vie spirituelle. En ce qui concerne la vie en Christ, nous ne pouvons pas être hypocrites. Soit nous laissons le Christ vivre en nous, soit nous le refusons. L’attitude hésitante génère des faux christs, comme l’Evangile nous le dit. Celui qui veut vivre en Christ seulement de temps en temps, n’arrive pas à vivre en Lui car cette attitude même montre qu’il ne L’a pas connu. Mais la vie en Christ ne doit pas nous effrayer. La vie en Christ est le naturel pour l’homme et tout ce qui est étranger à la vie en Christ est le résultat de la perversion du naturel. Un chrétien peut se réjouir en Christ, fêter en Christ, porter le poids de la souffrance en Christ. Tout est possible en Christ à condition de Le connaître. Cette connaissance du Christ vient de l’accueil du Verbe de Dieu en commençant avec les Ecritures et en continuant avec les Ecritures vécues dans les écrits et les vies des Saints. Nous devrions avoir comme priorité de recevoir dans nos esprits et nos cœurs le Verbe de Dieu; nous pourrions ainsi sortir de la médiocrité.

Quel voie devons-nous choisir pour nous rendre utiles ? Devons nous offrir à ceux qui nous entourent ce que le Christ nous offre chaque jour: amour, compréhension et pardon? Comment maintenir vivante la flamme de la foi ?

R : Je crois que nous devons être disponibles tout le temps et quand le Christ parle à nos âmes nous devons entendre sa demande de vivre l’amour, la compréhension des autres, le pardon, la miséricorde, la persévérance et les autres vertus. La flamme de la foi peut être maintenue en nous seulement si nous entretenons en nous le feu de l’amour chrétien qui brûle sans jamais s’épuiser. 

Nous vous prions de nous transmettre quelques mots, en ce moment anniversaire où l’association Nepsis fête ses dix ans d’existence.

R : N’oubliez pas qui vous êtes et vivez une vie chrétienne là où vous apprenez ou travaillez. Le Christ compte sur le témoignage des actions de chacun de nous. 

Soyez compréhensifs avec vos frères en Christ, d’une compréhension responsable, et évitez de vous laisser attraper par l’impatience ou la suspicion. Le Christ œuvre en chacun de vous, surtout dans les actions à travers lesquelles la communion se manifeste.  

Equipe NEPSIS, Bruxelles

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