Humbles pensées face au cœur qui a su tourner son regard vers les hauteurs
« Mais surtout, accrochez-vous à l’amour entre vous, car l’amour couvre une multitude de péchés ». (I Pierre 4, 8)
En la présente année, au jour du 15 mars, 25 ans se sont écoulés depuis l’ordination épiscopale et l’intronisation du Métropolite Joseph à la tête de l’Archevêché Orthodoxe Roumain d’Europe Occidentale et Méridionale. Années d’ascèse, de labeur, années où il apprit à aimer, et surtout, à se donner – se donner sans condition. Grand et prodigieux mystère : continuellement parvenir à se mettre dans une grande parenthèse, à faire place à l’autre afin de goûter à la grâce qui vous a recouvert.
Ce mystère a touché le cœur de notre Métropolite qui, dès le début, réussit à placer l’image de la douceur et de l’amour au-dessus des réalisations extérieures, visibles, qui ça et là éclipsent le mystérieux ouvrage qui s’effectue dans le cœur. La flamme de ce cierge fut allumée en mars 98, et brûle sans relâche depuis lors. Elle brûlait alors dans Paris, elle brûle dorénavant dans des centaines de villes, dans des dizaines de milliers de cœurs, cette flamme qui, loin de s’éteindre, brûle toujours davantage mais attise également d’autres lumières. Ça n’est que plus tard que nous en perçâmes tous le secret : il fallait faire étinceler la première lueur, avoir le courage de l’allumer, malgré les tempêtes de la vie qui sévissent de toutes parts comme pour nous faire perdre courage.
Pour notre Métropole, voici venu le jour de nous exclamer dans une suave allégresse : Le voici ! C’est le nôtre ! Ce jour où nous considérons le quart de siècle écoulé est une occasion de rendre grâce au Seigneur, Lui qui nous a comblés de lumière et de grâce tout au long de ces années. La lumière a jailli du travail missionnaire qui a toujours caractérisé le métropolite qui a semé des étoiles dans le cœur de ceux qui quittèrent leur foyer pour aller errer dans la diaspora. Son Éminence sut à tout moment faire scintiller la flamme dans le cœur des gens, apporter l’espoir, édifier la foi et guérir les âmes meurtries dans les temps hostiles. Et si l’on y songe, quels sont les temps qui ne furent hostiles ?
La profonde réjouissance que nous éprouvons en observant le passé (dont nous semblons nous être éloignés si rapidement…) est que nous en prolongeons tout de même le festin, en persistant à nous abreuver de cette douceur à laquelle nous avions goûté jadis ! Car nous demeurons toujours auprès de Monseigneur et de cette grâce, de cette liesse, de ce charisme inestimable qu’il nous a légué et nous lègue continuellement : demeurer sans relâche auprès du Seigneur, élever notre regard vers le Ciel, faire resplendir le cœur !
Son amour pour la vie en Christ, à travers la Liturgie et la célébration, nous a conquis – nous qui l’avons suivi – lorsque nous nous y attendions le moins, ou même ne nous y attendions pas du tout. Il aimait véritablement la Liturgie, et nous a transmis ceci : sans la Liturgie, tout se disperse, s’éparpille. Son amour nous a tirés du gouffre de l’égarement intérieur, du doute ou d’épreuves insurmontables, et nous a placés devant Celui qui avait rempli d’étoiles sa besace épiscopale. Des étoiles qui n’ont de cesse de se lever, irradiant désormais sur toute l’Europe occidentale.
Les premiers pas qui le conduisirent en France à la fin des années 90 s’effectuèrent dans des conditions semblables à celles des Apôtres : sans bourse ni sac (cf. Lc 22, 35), sans trop de compagnons de route, parcourant l’Europe de long en large, fondant partout de nouvelles communautés, en se donnant totalement et sans réserve. C’est précisément la raison pour laquelle Dieu, à mon humble avis, répandit tant de grâce, faisant éclore tant de cœurs qui s’adjoignirent par la suite à la moisson spirituelle, là où il eut l’audace de tracer les premiers sillons.
Que sont ces 25 années écoulées depuis que le Métropolite Joseph entama ses premiers pas vers ces communautés assoiffées de la parole de Dieu, de la psalmodie séraphique de la Divine Liturgie, de la communion aux divins Mystères, ces âmes pour ainsi dire empreintes du désir nostalgique de Dieu, de son Royaume ? Ce sont des années qui lièrent intimement les personnes et les lieux, les âmes et les cœurs, les vécus et les vies, les fêtes et les joies, la grâce et l’expérience spirituelle. Ces années inclinèrent les âmes égarées de ces contrées vers la Parole du Dieu Vivant, vers les Écritures – apaisant les solitudes, réunissant les séparations, dénouant les échecs et éclairant les ténèbres.
Chaque âge a une façon d’aimer et de se donner qui lui est propre. Grande est l’âme de celui qui a appris à grandir avec constance dans l’amour et l’abnégation, mystérieuse est la source dont elle s’abreuve ! Tant que nous nous aimons et nous donnons, le Seigneur intensifie la Lumière dans le monde, au sein des peuples, des nations, de génération en génération. Efforçons-nous, même en ces années que nous traversons actuellement, d’élever incessamment nos cœurs vers le Ciel, vers ce lieu où Monseigneur nous a appris, dès le début, à orienter notre regard, vers ce lieu d’où vient la Lumière véritable qu’il nous a rendue visible, en l’allumant à Paris, en ce saint jour du 15 mars.
Pour toutes les bénédictions que nous avons reçues, pour tout le rayonnement intérieur, pour l’abondance de grâce qu’il a su répandre autour de lui, nous présentons du fond du cœur toute notre gratitude à notre Métropolite, et prions notre Dieu de miséricorde de recevoir notre amour et notre sincère actions de grâce dans son Tabernacle céleste.
† Athanase de Bogdania

Publication de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale
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