Saint Nicolas Vélimirovitch, Homélies sur les évangiles des dimanches et jours de fête, Extrait de l’homélie pour le vingt-cinquième dimanche après la Pentecôte, p. 607-608 et 620, Éditions L’Âge d’Homme ; Coll. Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle, 2016.
Le Seigneur Jésus Christ est venu pour changer les mesures et les façons de juger des hommes. Les hommes mesuraient la nature par elle-même. Et cette mesure était erronée. Les hommes mesuraient l’âme à partir du corps. Et la grandeur de l’âme s’est réduite à des millimètres.
Les hommes mesuraient Dieu à partir de l’homme. Dieu paraissait dépendant de l’homme. Les hommes mesuraient la vertu à partir de la rapidité de la réussite. Et la vertu est devenue à la fois bon marché et tyrannique.
Les hommes se vantaient de leur progrès, en faisant une comparaison entre eux-mêmes et les animaux, qui piétinent toujours au même endroit et sur la même route. Une telle vanité, le ciel la méprise et les animaux ne l’ont même pas remarquée.
Les hommes ont aussi mesuré la parenté et le degré de proximité des hommes entre eux, grâce aux liens de sang, affinités de pensée ou par l’éloignement des maisons et des villages où ils vivaient sur terre, ou par leur façon de s’exprimer et par des centaines d’autres caractéristiques. Mais toutes ces mesures de parenté et de proximité n’ont pas permis aux hommes de nouer des liens familiaux ni de les approcher.
Toutes les mesures des hommes étaient erronées et tous les tribunaux mensongers. Le Christ est venu pour sauver les hommes de l’ignorance et du mensonge et pour changer les mesures et les tribunaux des hommes. Et Il les a transformés. Ceux qui ont adopté Ses mesures et Ses façons de juger, ont été sauvés par la vérité et la justice ; mais ceux qui sont restés fidèles aux anciennes mesures et façons de juger, continuent à errer dans les ténèbres et à trafiquer avec les illusions moisies.
La nature ne se mesure pas en elle-même, car elle a été donnée pour être au service de l’homme, de sorte que c’est l’homme qui en est la mesure.
L’âme ne se mesure pas avec le corps, car le corps a été donné pour être au service de l’âme. C’est pourquoi l’âme est la mesure du corps.
Dieu ne se mesure pas par l’homme, de même que le potier ne se mesure pas par le pot. On ne mesure pas Dieu, car Dieu est la mesure de tout et le Juge de tout.
La vertu ne se mesure pas par la rapidité de la réussite. Car la roue qui se redresse rapidement de la boue, retourne rapidement dans la boue. Mais la vertu se mesure selon la loi de Dieu.
On ne mesure pas le progrès humain à l’absence de progrès des animaux, mais à la réduction de la distance entre l’homme et Dieu.
La mesure véritable de la parenté qui rapproche véritablement les hommes – n’est pas tellement le sang, mais la miséricorde. La misère d’un homme et la miséricorde d’un autre, rapprochent deux hommes plus que les liens de sang entre deux frères. Car tout lien de sang est temporaire et ne revêt de signification que dans cette vie temporelle, servant de reflet du lien durable et éternel de parenté spirituelle. Mais des jumeaux spirituels, nés de la rencontre entre la misère et la miséricorde, restent des frères pour l’éternité. Pour des frères de sang, nés du même sang, Dieu n’est que le créateur ; pour des frères spirituels, nés de la miséricorde, Dieu est le Père.
Cette nouvelle mesure de la parenté et de l’affinité entre les hommes, le Seigneur Jésus la propose aux hommes dans le récit évangélique du Samaritain miséricordieux – nous disons bien qu’Il la propose, mais ne l’impose pas, car le salut n’est pas imposé, il est proposé par le Seigneur pour être adopté volontairement par l’homme. Heureux soit celui qui adopte volontairement cette nouvelle mesure, car il aura de nombreux frères et parents dans le Royaume immortel du Christ ! […] Ce n’est que par cette parenté avec le Christ que nos autres liens de parenté acquièrent leur noblesse et leur dignité. Le Seigneur nous invite ainsi à un amour très mérité pour Lui, un amour qui avec la même lumière illumine Dieu et les hommes, et même nos ennemis. Car l’amour à l’égard de nos ennemis n’est possible qu’à partir du même et unique foyer d’amour, le Seigneur Jésus Christ, Dieu-homme et notre Sauveur.

Publication de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale
Le site internet www.apostolia.eu est financé par le gouvernement roumain, par le Departement pour les roumains à l'étranger
Conținutul acestui website nu reprezintă poziția oficială a Departamentului pentru Românii de Pretutindeni
Copyright @ 2008 - 2023 Apostolia. Tous les droits réservés
Publication implementaée par GWP Team