La nouvelle année dans laquelle nous venons d’entrer, par la miséricorde de Dieu, a été déclarée par le Saint Synode de notre Église « Année hommagiale de la pastoration des parents et des enfants ».
Le mot pastoration vient du latin pastor, qui est l’équivalent du mot păstor en roumain, et qui renvoie à une personne qui prend soin d’un troupeau. En français, les traductions utilisent pasteur ou berger (N.Tr.).
Le Sauveur Lui-même a adopté le nom de Pasteur : « Je suis le bon Pasteur (berger) »1. Étant le bon Pasteur, le Christ part à la recherche de la brebis perdue, comme cela fut le cas pour le Saint Apôtre Pierre. Après Sa résurrection d’entre les morts, le Seigneur va voir l’apostat Simon, fils de Jonas, avec indulgence et avec amour, et cette attitude paternelle du Christ amène Pierre à Lui répondre, dans la mesure de ses forces humaines, toujours avec amour. Ce dialogue de l’amour entre Pierre et Dieu a fait de lui un pasteur d’hommes.
À son tour, le Saint Apôtre Pierre, prenant l’exemple du Christ, exhorte les évêques et les prêtres qui sont disséminés à l’étranger à paître le troupeau de Dieu qui est sous leur garde, avec amour et attention2.
On remarque un détail dans ce dialogue du Seigneur avec Pierre. Le Christ Seigneur demande d’abord à Pierre, après que celui-ci ait répondu pour la première fois à la question « M’aimes-tu ? » : « Pais mes agneaux »3, et après la seconde et la troisième réponse à la même question, le Christ demande à Pierre : « Pais mes brebis »4.
Agneaux du point de vue de la foi, nous sommes appelés à acquérir la maturité spirituelle, selon ce que dit le Saint Apôtre Paul : « à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite du Christ »5 parce qu’il dit aussi : « Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; lorsque je suis devenu homme, j’ai fait disparaître ce qui était de l’enfant. »6
Afin d’arriver à cette maturité spirituelle, et « afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction »7 comme le dit encore l’Apôtre Paul, le Christ « a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs »8.
Nous avons l’enseignement du Christ qui nous a été transmis par les apôtres, les prophètes, les évangélistes, nous avons des pasteurs et des maîtres. Nous avons les Saintes Écritures. Nous avons tout ce qu’il nous faut pour connaître le Christ, le Fils de Dieu, pour répondre à Son amour et pour acquérir la maturité spirituelle, à savoir la perfection.
Que nous manque-t-il donc encore ? pourquoi beaucoup d’entre nous restons encore comme des enfants flottants et emportés par le vent, et n’avons-nous pas encore fait disparaître ce qui était de l’enfant ? Il nous manque des oreilles pour entendre, une volonté forte pour connaître Dieu et accomplir Sa parole. En fait, ce qui nous manque le plus, c’est l’amour pour Dieu, car le Christ Seigneur nous dit : « Celui qui a Mes commandements et qui les garde, c’est celui qui M’aime. »9
Pour arriver à aimer Dieu de tout notre cœur, nous devons d’abord, comme nous l’avons vu plus haut, garder les commandements du Seigneur, mais pour les garder, ils doivent être à nous, nous devons nous les approprier, les rendre nôtres.
Mais, tout comme nous avons besoin de guides pour nous initier dans les secrets de la science, nous avons besoin aussi de pasteurs et de pères spirituels pour nous guider et nous enseigner comment nous approprier les commandements du Christ.
Le bon pasteur prend soin de son troupeau et le mène au pâturage, à l’herbe grasse. Ce pâturage, c’est le Royaume de Dieu, c’est le Corps du Christ dont Lui-même est la tête, c’est l’Église où nous trouvons la nourriture spirituelle, « le pain céleste », et qui a la bonne parole qui jaillit de la Parole vivante, celle qui nous donne la force et nous enseigne comment faire pour que le Christ devienne notre vie.
Saint Clément de Rome exhortait dans l’Église primitive : « Donnons aux jeunes l’enseignement de la crainte de Dieu. Nos enfants doivent jouir d’une éducation en Christ ; ils doivent apprendre quelle est la force de l’humilité devant Dieu et ce que peut faire l’amour pur devant Dieu ; ils doivent apprendre que la crainte de Dieu est bonne et grande et qu’elle sauve tous ceux qui vivent dans la piété en Dieu, avec un esprit pur. »
Ces conseils de Saint Clément sont valables aussi bien pour les parents spirituels que pour les parents selon la chair.
Dans l’Église nous apprenons des choses, mais nous ne devons pas oublier que chaque maison chrétienne est une petite Église, et que la transmission de la foi est notre devoir à tous. Cependant, pour que le petit enfant puisse apprendre, il doit recevoir l’enseignement de quelqu’un d’averti.
Par conséquent, il est de notre devoir d’écouter la parole salvatrice, donnée par nos pères spirituels, par nos maîtres qui sont ancrés dans la juste doctrine, d’ouvrir nos cœurs pour le Christ, pour incarner la parole de l’Évangile, pour la vivre et la faire connaître à notre tour aussi bien aux enfants que Dieu nous a donnés, qu’à ceux qui ont soif de connaître le Seigneur.
† L’Évêque Timothée
de l’Espagne et du Portugal

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