Ajouté le: 1 Octobre 2017 L'heure: 15:14

Parole de l’Évêque Timothée

Nous rendons gloire à Dieu car nous connaissons encore des spirituels qui sont pleins de grâce et diffusent parmi nous la paix et l’esprit du Christ. Tous ces Pères sont des voix qui crient dans le désert, tel saint Jean Baptiste, « repentez-vous, car le royaume des cieux est proche »1. Nous sommes nombreux à entendre leur voix. Mais, tout comme dans la parabole du semeur, peu sont ceux qui reçoivent la parole et la font fructifier. 

La plupart du temps leur voix est traitée avec indifférence ou moquerie. Le monde est plutôt préoccupé par le lendemain et les joies passagères que par le présent, par cet « aujourd’hui liturgique », par l’instant présent que nous devrions vivre et racheter afin de vivre éternellement dans le royaume de Dieu. Nous constatons de plus en plus que Dieu et la parole de Dieu dérangent. Et cela est dû au fait que les âmes de beaucoup d’entre nous sont désertes et dépourvues de grâce ! Nous avons à nouveau oublié de quel esprit nous sommes fils. Au lieu de cultiver et faire croître l’amour, nous nous condamnons et nous nous jugeons les uns les autres, les croyants jugent les non-croyants et les non-croyants jugent les croyants, oubliant les paroles du Sauveur qui dit « Je prends plaisir à la miséricorde et non au sacrifice »2. Nous oublions que c’est encore le temps du salut et qu’il n’est pas trop tard pour nous sanctifier. Le Christ Seigneur n’est pas venu juger le monde mais Il est venu sauver le monde ! Comment ? En S’humiliant, en Se sacrifiant et en Se donnant Soi-même au monde entier comme nourriture spirituelle pour que ceux qui croient en Lui et Le confessent aient la vie en eux-mêmes. L’âme de chaque homme, qu’il le reconnaisse ou non, tend vers Dieu, son créateur. L’homme ne trouve sa paix que lorsqu’il vit avec le Christ Seigneur. Nous n’avons pas d’autre Sauveur que le Christ. Lorsqu’Il parlait aux gens dans la synagogue de Son corps et de Son sang comme véritable nourriture et boisson, beaucoup de disciples L’abandonnèrent ne saisissant pas la parole si difficile à comprendre – même pour beaucoup de gens de nos jours – à cette question du Christ : « Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller ? »3 le Saint Apôtre Pierre Lui a répondu : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. »4

Nous ne trouverons jamais la paix et l’esprit du Christ si nous ne remplissons pas nos cœurs de Ses paroles de vie éternelle ou si nous nous réfugions dans les drogues modernes, la télévision, l’ordinateur, internet, les smartphones. Certaines drogues, si on les prend avec mesure et sur ordonnance, sont des médicaments, mais si on les prend sans mesure elles paralysent les sens de l’homme, le transformant en une marionnette facile à manœuvrer. La plupart de l’information que nous recevons à travers ces moyens d’information et de communication est le plus souvent mensongère ou à moitié mensongère. Mais il ne faut pas oublier une chose. Une vérité dite à moitié est aussi un mensonge. Le fait que l’homme laisse remplir son esprit par tant d’information négative lui fait perdre la grâce du Saint Esprit. Les conséquences de la perte de la grâce peuvent être constatées pleinement de nos jours. Dans la rue, sur le lieu de travail, même dans l’église à l’office, les gens sont de plus en plus agités, plus irascibles, transmettant aussi leur état intérieur d’angoisse à ceux qui les entourent. L’humanité a emprunté une voie dangereuse, qui n’est plus la voie de la Croix qui mène à la Résurrection.

Nous avons tous besoin de repentir. Nous devons vider nos esprits de tout ce qui est vain et les remplir des paroles de vie, paroles qu’il convient aussi de vivre, en nous sacrifiant les uns pour les autres et en nous aidant mutuellement selon le conseil de l’Apôtre des nations Saint Paul : « Nous qui sommes forts, nous devons supporter les faiblesses de ceux qui ne le sont pas. »5 Lorsque notre frère tombe, nous devons l’aider à se relever. Àun tel homme, il faut soigner les blessures causées par ses impuissances et par les brigands, il faut le porter dans nos bras, l’amener avec amour et le confier aux soins du Christ, et en aucun cas nous ne devons le regarder avec indifférence ou plus encore, le déchirer par nos jugements. Nous devons faire très attention à la nourriture que nous recevons, les Paroles du Christ ou bien les paroles de ce monde ? Le tentateur est toujours le même. « Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds ; car il est menteur et le père du mensonge. »6 Et il utilise les mêmes armes : le mensonge et la manipulation. « La nature du diable est de faire du bruit, de provoquer la folie et d’apporter beaucoup de ténèbres, tandis que la nature de Dieu est de nous éclairer et nous apprendre ce qu’il convient de faire »7

Ainsi, chers frères et sœurs, repentons-nous en nous humiliant nous-mêmes. Ne soyons pas troublés par la guerre menée avec acharnement contre le Christ et Son Église, mais « revêtons-nous de toutes les armes de Dieu »8 « Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. »9 Et cette guerre regardée d’une manière spirituelle peut apporter le salut, comme nous enseigne saint Jean Chrysostome : « L’âme est comme un bouclier. Si elle est frappée par la lance et qu’elle est molle, elle est percée, mais au contraire si elle est dure, la lance ne lui cause aucun dégât, mais tombe à côté, la pointe tordue. » Si les flèches que le diable jette sur une âme la trouvent affaiblie et dépourvue de volonté, alors elles la transpercent jusqu’au plus profond, mais si elles la trouvent affermie et forte, le diable lui-même s’éloigne impuissant, sans lui causer le moindre mal. Plus encore, cela engendre aussi deux grands bénéfices, même trois : « le diable ne l’a pas blessée, mais l’a laissée plus forte qu’il ne l’a trouvée, et lui-même, à la suite, est devenu plus faible. »10

† L’Évêque Timothée, de l’Évêché Orthodoxe Roumain d’Espagne et du Portugal

Notes :

1. Matthieu 3, 2.
2. Osée 6, 6; Matthieu 9, 13; Matthieu 12, 7.
3. Jean  6, 67.
4. Jean 6, 68.
5. Romains 15, 1.
6. Jean 8, 44.
7. Saint Jean Chrysostome,  Parole XXIX à la 1re Épître aux Corinthiens PGB 18A.248.  PG 61, 242.
8. Éphésiens 6, 11.
9. Éphésiens 6, 12.
10. Parole au Psaume 9,  PGB 5, 454 PG 55, 125.

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