Ajouté le: 6 Avril 2016 L'heure: 15:14

Suite du Grand Carême

Parler ou se taire ?

Des frères de Scété se rendaient de Scété chez Abba Antoine le Grand, et montant dans une barque pour y aller, ils trouvèrent un ancien qui voulait s’y rendre aussi. Or les frères ne le connaissaient pas. Assis dans la barque, ils s’entretenaient des paroles des Pères, de l’Écriture et aussi de leurs travaux manuels. L’ancien, lui, gardait le silence. Arrivés au débarcadère, ils s’aperçurent que l’ancien allait aussi chez Abba Antoine. Quand ils arrivèrent, celui-ci leur dit : « Vous avez trouvé en cet ancien une bonne compagnie. » Et il dit à l’ancien : « Tu as trouvé avec toi de bons frères, Abba. » L’ancien dit : « Certes ils sont bons, mais leur habitation n’a pas de porte et n’importe qui entre dans l’étable et délie l’âne. » Il disait cela parce que les frères disaient tout ce qui leur venait à la bouche.

Le plus grand amour

Abba Poemen dit : « On ne peut trouver plus grande charité que de donner sa vie pour son prochain. En effet, si quelqu’un entend une parole mauvaise, c’est-à-dire qui fait de la peine, et que, tout capable qu’il est de dire une parole semblable, il lutte pour ne pas la dire ; ou bien si on le maltraite et qu’il le supporte sans se venger, celui-là donne sa vie pour son prochain. »

« Abba, dis-moi une parole ! », Ed. Solesme, 1984

La douceur est un état immuable de l’intellect, qui demeure toujours le même aussi bien dans les honneurs que dans les humiliations. La douceur, c’est quand nous sommes tourmentés par le prochain, de prier pour lui sans être sensibles (à ses procédés), et sincèrement. La douceur est un roc qui domine la mer de l’irascibilité, et sur lequel se brisent toutes les vagues qui y déferlent sans jamais l’ébranler.

La douceur est le soutien de la patience, la porte, ou plutôt la mère, de la charité, le fondement de la discrétion ; il est écrit, en effet : « Le Seigneur enseignera sa voie aux doux. » (Ps. 24, 9). Elle procure le pardon des péchés, elle donne la confiance dans la prière, elle est la demeure de l’Esprit Saint : « Sur qui jetterai-je les yeux, sinon sur celui qui est doux et paisible ? » (Is. 66, 2).

La douceur est la collaboratrice de l’obéissance, le guide de la communauté fraternelle, le frein du furieux, l’obstacle du colérique, une source de joie, l’imitation du Christ, une qualité propre aux anges, entrave des démons, un bouclier contre l’amertume.

Saint Jean Climaque, De la simplicité

La seul union de notre corps avec Celui du Christ est insuffisante pour s'unir avec Lui. Recevoir le Corps du Christ tout en nous détournant de Lui en esprit, cela ressemble au contact avec le Christ de ceux qui Le frappèrent, qui se moquèrent de Lui et Le crucifièrent. Ce contact avec Lui ne leur servit ni au salut ni à la guérison, mais à la condamnation.

St. Jean de Changhaï

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