La source principale de ce texte rédigé par la moniale Sofia est un texte russe pour les enfants paru en 1994 aux Éditions russes de l’Icône de la Mère de Dieu du Buisson Ardent.
Sa mémoire est fêtée le 4 mars. Le prénom Gérasime est issu d’un mot grec qui signifie « respectable », « vénérable ».
Saint Gérasime naquit dans la province de Lycie en Asie Mineure*, à la fin du quatrième siècle. Il entra dès son enfance dans un monastère cénobitique*. Il passa toute sa vie dans la prière, le jeûne et le travail et, à la fin de son existence, il atteignit une grande sainteté. Il était bon pour les animaux sauvages, avait de la miséricorde pour les hommes, mais ce qu’il aimait plus que tout au monde c’était Dieu.
Afin de garder continuellement le souvenir de Dieu dans son cœur, il décida de s'installer dans la terre lointaine de Palestine, là où notre Seigneur Jésus Christ avait autrefois marché.
Ayant quitté sa ville natale en Asie Mineure, il s’installa non loin de Jérusalem, dans le désert, au-delà du Jourdain.
Dans la journée, le désert était sec et très chaud ; durant la nuit, la fraîcheur descendait et les grosses étoiles brillantes scintillaient sur la terre qui dormait.
Le calme régnait dans le désert vide et immense. Seule une caravane de dromadaires passait de temps en temps, avec des marchandises ; un chacal ou un lion traversait le désert à la poursuite d’un animal à manger.
Saint Gérasime se construisit une petite cellule* dans le désert ; durant la journée, il travaillait dedans – il tressait des corbeilles avec des branches de palmiers pour les vendre – et, durant la nuit, il priait Dieu, seul, dans le silence.
L'écho de sa sainte vie se répandit rapidement dans les environs et d’autres moines qui venaient de loin se rendirent chez lui afin de vivre avec lui, de prier Dieu et de travailler. C’est ainsi que près de cent moines se rassemblèrent autour du saint moine.
Saint Gérasime construisit pour eux un monastère sur une montagne, au milieu du désert, non loin du Jourdain. Les moines s’occupaient à tresser des corbeilles qu’ils allaient ensuite vendre à Jérusalem. Saint Gérasime leur acheta aussi un âne sur lequel ils portaient l’eau dans des petits tonneaux depuis le fleuve du Jourdain.
Il n’y eut bientôt pas assez de place dans le monastère pour les moines, alors ils commencèrent à se construire des cellules* dans le désert à l’exemple de saint Gérasime. Le dimanche, durant la liturgie, tous communiaient aux très Purs Mystères* du Christ ; ils s’émerveillaient d’un enseignement que le starets leur donnait dans un court sermon et partageaient tous un repas. Après le repas, chacun prenait pour lui-même un peu d’eau pour une semaine et une part de pain ; et les moines retournaient dans leurs cellules dispersées dans le désert pour pratiquer les ascèses de la foi, du travail et de la prière. Ils vivaient tous en amitié les uns avec les autres, dans l’amour et la bonne intelligence, et prenaient exemple sur le starets pour mener une vie qui plaît à Dieu. Le starets grandissait et s’affermissait toujours davantage dans l’amour de Dieu ; il atteignit un tel degré de sainteté que non seulement les gens le vénéraient et apprenaient de lui la persévérance, l’humilité*, l’amour et la patience, mais même les animaux sauvages lui étaient soumis et lui obéissaient comme autrefois à Adam dans le paradis créé par Dieu.
Un jour, Saint Gérasime marchait dans le désert du Jourdain ; il vit devant lui un énorme lion allongé sur le sable brûlant. Le starets regarda un peu plus attentivement, puis s’approcha de l’animal sauvage ; le lion ne bougea pas, il regarda tristement saint Gérasime, il souleva avec difficulté sa patte droite et la tendit au starets, comme s’il le suppliait de quelque chose. Saint Gérasime s’accroupit sur le sable et vit qu’un morceau de roseau pointu était enfoncé dans la patte du lion. Il nettoya la plaie, retira l’écharde et enveloppa la patte qui était enflée avec un morceau de serviette. Et le lion regarda avec douceur saint Gérasime, lui lécha avec reconnaissance les mains, n’ayant pas les mots pour lui exprimer ses sentiments.
Dès lors le lion ne quitta plus le starets, prenant la nourriture de sa main et allant derrière lui, comme un disciple fidèle.
– Qu’il soit un parmi les frères – décida le starets – qu’il ait comme nous un travail monastique.
On lui confia la garde de l’âne qui portait l’eau au monastère depuis le Jourdain ; lorsque l’âne broutait sur la rive, le lion devait le garder. Mais, une fois, le lion s’endormit accablé par la chaleur du soleil, assez loin de l’âne. Une caravane de dromadaires venant d’Arabie passa. Les conducteurs emmenèrent l’âne avec eux.
Le lion revint l’air abattu et coupable, le soir, au monastère.
– Où est donc l’âne ? lui demanda le starets.
Le lion baissa encore plus la tête comme pour demander pardon au starets qui pensa, pour sa part, que le lion avait mangé l’âne.
– Puisque nous n’avons maintenant plus d’âne – lui dit-il avec sévérité – tu feras désormais son travail !
On chargea le lion avec les petits tonneaux et on l’envoya au fleuve du Jourdain. Le lion accomplit son nouveau travail avec humilité*. Un jour, il vit la caravane qui passait à nouveau. L’âne était attaché avec les dromadaires. Les caravaniers s’enfuirent de peur à la vue du lion, qui prit l’âne par la bride, comme autrefois – et ramena toute la caravane au monastère. Il exprima sa joie d’avoir retrouvé l’âne perdu par un cri perçant et un rugissement.
– Nous avons injustement grondé le lion, dit le saint starets. Et il a accepté la punition alors qu’il était innocent. Il est privé du don de la parole, mais il donne aux gens l’exemple de l’obéissance.
Le lion, qui avait reçu le nom de Jourdain, vécut ainsi cinq ans, sans s’éloigner du monastère. Lorsque saint Gérasime mourut, le 5 mars 475, et fut enterré par les frères près de l’église du monastère, le lion s’était absenté pour quelques jours, afin d’aller se nourrir dans la forêt.
A son retour, il chercha le starets. Malgré les consolations des moines, le lion s’attristait de plus en plus et rugissait de plus en plus fort, comme s’il pleurait. Alors le plus ancien des frères lui dit :
– Ainsi, tu ne nous crois pas lorsque nous te disons que notre starets est mort. Viens avec nous, nous allons te montrer l’endroit où il repose maintenant.
Ils allèrent jusqu’à la tombe du starets. Les moines pleuraient à genoux. En entendant leurs sanglots, le lion hurla longuement et fortement. Puis il se coucha sur la tombe, poussa un dernier rugissement puissant et mourut.
Le lion avait échangé une vie de liberté contre la soumission. Il avait œuvré et vécu pour le saint moine et il lui avait offert sur sa tombe sa propre vie. Les moines glorifièrent Dieu qui leur avait révélé le merveilleux mystère de son amour dans lequel l’homme, l’animal sauvage et toute la nature s'unissent en un seul lien. Ils avaient vu la gloire de Dieu, qui resplendit sur le monde, et un lion couché – comme un agneau – aux pieds de l’homme.
ASIE MINEURE : ancien nom de la partie occidentale de l’Asie, au sud de la mer Noire.
CÉNOBITIQUE : les monastères peuvent se distinguer par le genre de vie qui y a été institué. Dans le monastère cénobitique, les frères ont tout en commun.
CELLULE : c’est la pièce individuelle du moine. S’il y a beaucoup de moines, il arrive fréquemment que deux frères se partagent cette pièce.
LES TRES PURS MYSTERES DU CHRIST : le terme « mystère » est ici synonyme de « sacrement ». Il s’agit de la communion au très saint Corps et au précieux Sang de Jésus Christ.
HUMILITÉ : l’homme humble est celui qui a un sentiment correct de sa faiblesse. Il s’abaisse volontairement pour empêcher l’orgueil de pénétrer en lui. L’orgueil est un ennemi pour l’homme comme en témoigne la Parole de Dieu : « quiconque s’élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé. » (Luc, XIV, 11)

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