(Ce texte a été rédigé, par la moniale Sofia, à partir de plusieurs ouvrages : un livre russe de saints pour les enfants – Narodnaïa Bibliotèka de 1994 – le Synaxaire de père Macaire et le livre de Valentine Zander paru en 2000 aux Éditions Bénédictines)
La mémoire du saint moine est fêtée le 2 janvier (jour de son rappel à Dieu) et le 19 juillet (jour de sa canonisation*et de la translation* de ses saintes reliques).
Les orthodoxes et tout spécialement le peuple russe vénèrent d’un amour particulier saint Séraphin comme l’un des plus grands saints de la Russie. Il est né dans la ville de Koursk située au sud de Moscou, en Russie, dans la nuit du 19 au 20 juillet 1759 et reçut à son saint baptême le prénom de Prochore.
Saint Séraphin est éduqué par sa mère très croyante dans l’amour pour Dieu et la sainte Église orthodoxe. Dès l’enfance il aimait fréquenter l’église de Dieu. Il vénérait avec une tendresse particulière et une grande piété la Mère de Dieu qui l’avait guéri d’une grave maladie lorsqu’il avait dix ans, par l’intermédiaire de son icône miraculeuse de Koursk. Lorsque l’enfant reprit ses études après cette maladie, c’est la Bible et la vie des saints qui devinrent ses lectures préférées. Sa mère qui était très travailleuse était pour lui un bon exemple. Elle lui transmit l'amour pour toutes les personnes et de nombreux conseils que lui-même donna par la suite à ceux qui venaient le voir : « Lorsque tu te lèves le matin, après ta prière, balaie soigneusement ta chambre et arrange-toi pour avoir toujours un bon balai. » Ou encore : « Tout ce que tu fais, fais-le doucement et petit à petit, car la vertu n’est pas une poire que l’on mange d’un seul coup »…
A dix-sept ans, il travailla dans l’entreprise commerciale familiale. Quand il eut dix-neuf ans, il demanda à sa mère de lui donner la bénédiction pour se retirer dans un monastère. La mère bénit son fils avec une grande croix de cuivre pour devenir moine ; il porta ensuite cette croix maternelle, sur sa poitrine, jusqu’à sa mort.
Il entra au monastère de Sarov*. C'était un modèle d'obéissance et de vertus. Avec joie et bonne humeur il faisait les tâches les plus dures pour ses frères moines. Après quelque temps, il tomba gravement malade. Lorsqu'on lui apporta la sainte Communion, la Très Sainte Mère de Dieu lui apparut dans une grande lumière, accompagnée des saints Apôtres Pierre et Jean le Théologien et elle leur dit en montrant le jeune novice* : « Celui-ci est de notre race ! » Peu de temps après cette apparition, il guérit complètement. Après huit années comme novice*, il devint moine sous le nom de Séraphin, qui signifie « flamboyant », ce qui ne pouvait que lui donner du zèle pour imiter les saints anges auxquels on donne le nom de « séraphins* ».
Saint Séraphin fut par la suite ordonné diacre, puis prêtre. Le monastère de Sarov* était entouré de tous côtés d’une grande forêt. Un peu plus tard, Saint Séraphin, obtint la permission de se retirer dans la solitude, à environ sept kilomètres du monastère dans la forêt profonde. Là, il se construisit une petite cabane en bois entourée d'un jardinet, sur une colline qu'il nomma la « Sainte Montagne » (Athos). Il y restait toute la semaine, ne rentrant au monastère que les dimanches et les jours de fêtes, et, loin du monde, il se mit à prier jour et nuit. Il supporta souvent le froid et la faim et accepta de se priver de tout ce qui est nécessaire à la vie. Il passa ainsi plusieurs longues années.
Saint Séraphin priait sans cesse Dieu. Son cœur brûlait d’un amour qui ne cessait de grandir. Il aimait non seulement Dieu, mais aussi toute la Création de Dieu, toute la nature que Dieu avait créée. Il purifia tellement son cœur de tous les péchés, en priant sans arrêt et en se souvenant tout le temps de Dieu, que sa vie se mit à ressembler à celle des premiers hommes au paradis. Des animaux sauvages s’approchaient de la cellule du saint durant la nuit : des ours et des loups, des lièvres et des renards, il y avait même des serpents qui se faufilaient en rampant… Saint Séraphin sortait de sa cellule et les nourrissait avec le petit panier dans lequel il gardait sa provision de pain pour la semaine. Il y avait toujours suffisamment de pain pour tous.
Saint Séraphin s’occupa aussi d’un monastère de femmes qui lui avait été confié par une sainte personne.
Une moniale se rendit, une fois, chez saint Séraphin et vit qu’il était assis près de sa cellule sur un gros morceau de bois et qu’auprès de lui se tenait un énorme ours. Elle fut si effrayée qu’elle s’écria de toutes ses forces :
« Père, je vais mourir ! »
Le starets*Séraphin, qui avait entendu sa voix, poussa l’ours doucement et lui fit un signe de la main. Alors l’ours se rendit aussitôt à l’endroit indiqué par saint Séraphin, dans la forêt. Saint Séraphin et la moniale venaient à peine de s’asseoir que l’ours revint à nouveau ; il s’approcha de saint Séraphin et se coucha à ses pieds. La moniale fut très effrayée. Mais le père, comme si de rien n’était, donna tranquillement à manger du pain à l’ours. La moniale reprit alors peu à peu courage. Le visage du père était lumineux comme celui d’un ange et joyeux. Il tendit à la moniale le dernier morceau de pain afin qu’elle le donne elle-même à l’ours. Mais elle dit :
« J’ai peur, père, il va me manger la main ! »
Le starets Séraphin la regarda, sourit et dit :
« Non, mère, aie confiance, il ne mangera pas ta main. »
Elle prit alors le pain que lui présentait le saint starets et le donna à l’ours. Sa joie fut si grande qu’elle désira lui en donner encore, parce que l’animal était doux avec elle, grâce aux prières du saint.
Toujours rayonnant et gai, le saint moine accueillait les gens avec tendresse et amour, les appelant tous « ma Joie* ». Ils partaient tous de chez lui consolés. Saint Séraphin aimait particulièrement les enfants.
Pour lutter contre les pensées et les attaques du diable, le saint moine passa mille jours et mille nuits, debout ou à genoux sur un rocher, en priant « O Dieu, prends pitié du pécheur que je suis ! » (Luc 18, 13)*. C'est ainsi qu'il fut définitivement délivré du combat des pensées.
Mais le diable ne s'arrêta pas là. Un jour il envoya trois bandits qui agressèrent saint Séraphin, ils le frappèrent à coups de bâtons et le laissèrent à demi-mort. Les voleurs voulaient de l'argent, mais ils ne trouvèrent rien dans la cellule du pauvre moine. Saint Séraphin était dans un état effrayant à voir. Il réussit à se traîner jusqu’au monastère. Il souffrit beaucoup et resta quelques jours entre la vie et la mort. Après cinq mois de souffrance, il fut guéri miraculeusement par une apparition de la Mère de Dieu comme il avait été guéri lorsqu'il était jeune. Mais il resta désormais courbé jusqu'à la fin de ces jours, et le saint vieillard marchait à présent difficilement en s’appuyant sur un bâton. Le saint starets pardonna de toute son âme à ses agresseurs, conformément au commandement du Christ : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent et priez pour ceux qui vous maltraitent » (Luc 6, 27-28*).
Aussitôt guéri, il retourna à son « désert» dans la forêt. A cette période il ne recevait plus aucun visiteur et il ne parlait plus à personne, il vivait complètement dans le silence. Finalement après un certain temps, on lui donna l'ordre de revenir au monastère. Saint Séraphin obéit et s'installa dans une petite cellule, où il s'enferma et vécut durant plusieurs années seul, dans la prière et le silence complet. Il n'avait dans sa cellule qu'un sac de pierres pour lit, un tronc d'arbre pour siège et une Icône de la « Vierge de tendresse », appelée par lui « la Joie de toutes les joies », devant laquelle brûlait en permanence une veilleuse.
Au bout de cinq ans, saint Séraphin ouvrit enfin la porte de sa cellule, et il laissa entrer ceux qui voulaient le voir. Après quarante-sept ans de vie ascétique, il devait maintenant accomplir sa mission de père spirituel et il commença à faire profiter les hommes des fruits de son expérience, à les guider et à les conseiller. Les gens se mirent à venir chez lui en foule ; ils lui demandaient de prier pour eux. Ils apportaient au saint des cierges afin qu’il les mit devant les icônes durant sa prière ; les cierges brûlaient devant les icônes, comme les âmes des gens devant Dieu. Et il y avait tant de cierges qui brûlaient jour et nuit dans sa petite cellule que, même en hiver, quand il gelait et qu’il faisait très froid, il faisait chaud à cause de la présence des cierges : le poêle n’était jamais allumé.
« Je ne peux pas, (disait saint Séraphin) dirent dans ma prière, les noms de tous ceux qui me demandent de prier pour eux, parce qu’ils sont beaucoup trop nombreux ; mais je fais brûler un cierge pour eux et je dis à Dieu dans ma prière : « Seigneur, souviens-toi de tous ces gens, qui sont tes serviteurs, pour l’âme desquels, moi qui suis indigne, j’allume devant toi ces cierges et ces lampes à huile. »
Peu de temps avant la fin de son séjour terrestre, saint Séraphin de Sarov eut la visite de la Mère de Dieu. La Mère de Dieu lui promit de toujours prendre soin des sœurs de son monastère et en disparaissant, elle lui dit :
« Mon bien aimé, bientôt tu seras avec nous ! »
C’était la douzième apparition divine que le Seigneur lui accordait.
Le saint moine remit son âme à Dieu dans la nuit du premier au deux janvier 1833, à genoux dans sa cellule, en chantant des hymnes de Pâques. Toute la population des environs se rassembla pour ses funérailles.
Par la suite, après sa mort, l’homme de Dieu continua de visiter et de secourir ses enfants spirituels et tous ceux qui le priaient par de nombreuses apparitions et guérisons. La dévotion du peuple ne cessait de grandir. Il fut canonisé le 19 juillet 1903, en présence des membres de la famille impériale. Ses reliques accomplirent de nombreux miracles. On perdit la trace des reliques du saint moine durant les années difficiles que la Russie traversa au dix-neuvième siècle. Elles furent retrouvées en 1991. On peut à nouveau les vénérer au monastère féminin dont le saint moine s’était occupé avec amour : le monastère de Divéyevo, proche du monastère de Sarov.
La Canonisation : est un acte par lequel l’Église ajoute une personne au nombre des saints et permet sa vénération ; elle est souvent poussée par la vénération spontanée que le saint inspire au peuple, pour lequel il représente un idéal de vie. Le saint est un personnage qui a été distingué par ses exploits spirituels, éventuellement ses miracles ou l’état de conservation de son corps après sa mort.
La translation : le fait de transporter les restes (c’est-à-dire les reliques) ou le corps d’une personne.
Sarov : au sud-est de Moscou. Le nom vient de la rivière qui longe le monastère, la Sarovka.
Novice : il s'agit d'une personne qui entre au monastère et passe un temps d’expérience de la vie monastique durant quelques années, avant de devenir moine (ou moniale pour les femmes).
Séraphin : le nom de Séraphin, évoque un être rayonnant et lumineux. Transcrit de l’hébreu, ce nom signifie « flamboyant ». Il y a différents anges. Les séraphins sont un groupe d’anges. Ils sont représentés avec trois paires d’ailes. Ils ont six ailes.
Starets : (du russe, « vieillard » ; en grec, géron) Moine, qui comme saint Séraphin, a passé sa vie dans la prière, le jeûne et qui par son expérience et la grâce de l'Esprit Saint, est devenu un père spirituel qui peut donner des conseils aux gens pour les guider. Dieu inspire au starets des paroles de salut pour chaque personne qui vient à lui avec foi. Dieu accorde parfois aussi aux startsy (pluriel de starets en russe) des dons spirituels, comme celui de guérison, de connaître déjà les pensées ou la vie des personnes, ou des événements futurs, pour le bien des gens qui se confient à eux. Le starets est pour les fidèles un exemple de vertu, de foi et de paix intérieure.
Ma joie : il s’agit de la joie de Pâques. C’est de cette façon que saint Séraphin disait bonjour aux personnes qui venaient le voir : « Bonjour, ma joie ! Le Christ est ressuscité ! »
Luc 18, 13 et Luc 6, 27-28 : Lorsque l'on cite un passage de la Bible on note dans la parenthèse, le livre dont il s'agit, ici Luc c'est l’Évangile selon saint Luc, puis le premier chiffre renvoie au numéro du chapitre, enfin les nombres après la virgule, indiquent les « versets » (ce sont des petits paragraphes qui divisent un texte sacré.) Ici le premier passage cité (Luc 18, 13) se trouve donc dans l’Évangile selon saint Luc, chapitre 18, verset 13 et le deuxième passage cité (Luc 6, 27-28) se trouve aussi dans l’Évangile selon saint Luc, chapitre 6, versets 27 et 28.

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