Ajouté le: 19 Décembre 2015 L'heure: 15:14

La vie du saint juste Philarete le Misericordieux, fêtée le 1er décembre

Il y a de nombreuses années, lorsque l’empire grec était gouverné par la pieuse impératrice Irène (à la fin du VIIIè siècle), un homme de bonne naissance appelé Philarète et sa femme Théosva habitaient dans une des provinces d’Asie Mineure. Ils avaient trois enfants – un garçon et deux filles. Ils vivaient dans de très bonnes conditions. Leur exploitation comprenait un troupeau important, de vastes champs fertiles et et de très nombreux esclaves, hommes et femmes. Voyant dans cette richesse la miséricorde de Dieu, Philarète se disait souvent en lui-même :

– Est-il possible que le Seigneur m’ait donné autant de biens pour mon seul usage et celui de ma famille ? Je vois qu’il y a tant de gens pauvres : des veuves, des orphelins et des malades qui n’ont rien. Qui va les nourrir et les habiller si ce n’est pas nous qui sommes riches ?

Et saint Philarète devint très miséricordieux à l’égard des nécessiteux, si bien que tous les pauvres qui venaient chez lui recevaient ce qu’ils demandaient. Parfois son épouse lui disait que s’il continuait ainsi, il deviendrait rapidement pauvre. Saint Philarète lui répondait alors en lui citant les paroles du Psalmiste : « J'ai été jeune et me voilà vieux ; jamais je n'ai vu un fidèle abandonné, ni ses enfants réduits à mendier leur pain.» (Psaume 37, 25)

Mais voici que les musulmans envahirent et dominèrent la région où saint Philarète vivait : ils détruisirent tout sur le passage et prirent les biens du pays. Ils emmenèrent en captivité un grand nombre des serviteurs de saint Philarète et lui volèrent presque toutes ses bêtes. Ils s'en prirent aussi aux pauvres qui se tournèrent vers saint Philarète pour recevoir de l’aide. Il ne refusait rien à personne et devint lui aussi presque pauvre : il ne lui restait plus qu’une paire de bœufs, une vache, un cheval et deux serviteurs âgés, de sorte qu’il fut obligé d’aller labourer seul son dernier champ. Il était content de sa pauvreté, en gardant à la mémoire la parole du Christ qui dit qu’il est difficile pour un riche d’entrer dans le Royaume des Cieux.

Un jour, tandis que saint Philarète travaillait sur sa terre, le bœuf d’un villageois qui était en train de labourer son champ mourut. Quand le paysan raconta à saint Philarète son malheur, celui-ci détacha aussitôt son bœuf, en disant : « Prends ce bœuf, mon frère ; je n’en ai pas besoin : j’en ai encore un à la maison ». Et il dit cela avec une telle tendresse, une telle insistance que le pauvre accepta de prendre le bœuf. En rentrant chez lui, saint Philarète fut accueilli par les reproches de sa femme. Pour l’apaiser, saint Philarète lui dit : « Ma femme, nous sommes tous les deux chrétiens. Écoute ce que le Sauveur recommande à ses disciples : « Regardez les oiseaux : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n'amassent pas de récoltes dans des greniers, mais votre Père qui est au ciel les nourrit ! » Est-il possible qu’Il ne nous donne pas ce dont nous avons besoin, nous qui sommes plus que des oiseaux.

Cinq jours ne s’étaient pas écoulés que ce même cultivateur, très troublé, s’adressa de nouveau à saint Philarète. Il lui dit : « Je t’ai offensé en prenant ton bœuf, car il ne m’a pas été d’un grand secours. Il est mort ». Il avait à peine eu le temps de terminer sa phrase que saint Philarète amenait bien vite son dernier bœuf et le suppliait de le prendre. Sa femme Théosva en apprenant ce qui venait d’arriver se mit à se lamenter : « Quel mari le Seigneur m’a donné ! Un ennemi pour sa famille ! Dieu nous a laissé une paire de bœufs afin que nous ne mourions pas de faim et il en a fait don à ce paysan. » Les enfants se mirent à pleurer à la vue de leur mère en larmes.

Le bienheureux Philarète, incapable de supporter cette scène, se mit lui aussi à pleurer en disant : « Pourquoi dire que je suis ‘sans pitié’, et pourquoi pensez-vous que je veux que vous mouriez de faim ? Non, vous ne mourrez pas de faim, parce que j’ai quelque part un trésor qui est caché et qui est si grand qu’il nous suffira pour cent ans. »

La famine arriva alors dans tout le pays. Saint Philarète alla demander à un des ses amis qui habitait dans un pays éloigné de lui prêter du blé. A son retour, malgré les reproches de sa femme, il ne put s’empêcher de donner aux pauvres une partie de ce blé. Alors, un de ses riches amis lui fit le don de quarante mesures de blé. Sa femme lui proposa de partager ce blé : « Mon seigneur, donne-nous à nos enfants et à moi-même notre part, rends à nos voisins éloignés ce qu’ils nous ont prêté et fais ce que tu veux de ta part. » Saint Philarète fit ce que sa femme lui conseillait, mais en deux jours, il avait déjà distribué toute sa part à ceux qui étaient dans le besoin.

Comprenant que son mari était incorrigible, Théosva décida de ne plus l’accepter pour manger à table dans sa maison. Une fois, tandis que les enfants dînaient avec leur mère, saint Philarète s’approcha d’eux : « Acceptez-moi à votre table, mes enfants, leur dit-il et si ce n'est pas comme père, au moins en tant que pèlerin ! » Ils se mirent à rire et lui dirent : « Assieds-toi, papa ; ce qu’il y a sur la table est simple, mais cela te suffira ! »

Pendant le repas, Théosva dit à son mari : « Pourquoi ne nous as-tu pas encore montré le trésor dont tu nous as parlé ? » Saint Philarète lui répondit : « Patiente un peu et tu recevras rapidement un grand bien. »

On se trouvait alors sous le règne de l'Impératrice Irène très croyante et de son fils Constantin. Lorsque le temps fut venu pour le fils de l’impératrice de se marier, celle-ci envoya ses ambassadeurs dans tout le royaume à la recherche d’une fiancée digne de son fils. Les ambassadeurs arrivèrent dans le pays de saint Philarète. Ils aperçurent de loin sa maison, qu’on remarquait facilement parce qu’elle était grande et très belle. Les villageois leur expliquèrent que la maison était aujourd’hui habitée par des gens très pauvres et qu’il n’y avait pas de raison de s’y rendre. Malgré ce conseil, ils ordonnèrent que l’on prévienne les maîtres de la maison de leur visite au nom de l'Impératrice.

Saint Philarète accueillit avec joie les invités et demanda à son épouse de préparer un bon dîner pour les envoyés de l'Impératrice. Théosva demanda à son mari avec quoi elle allait préparer ce repas. Mais aussitôt de riches voisins leur offrirent tout le nécessaire afin qu’ils puissent régaler les nobles invités. Théosva prépara un bon repas et dressa la table dans la plus belle chambre de la maison.

Les ambassadeurs furent surpris de la beauté de la pièce, qui était richement décorée. Le fils de saint Philarète et son petit-fils servirent à table. Les envoyés impériaux étaient étonnés de la qualité de leur service. A leur demande, Théosva arriva. Elle salua les invités en se prosternant avec respect devant eux. Ils lui demandèrent si elle avait des filles jeunes. Elle leur répondit que sa fille aînée, qui était mariée, avait trois jeunes filles qui se trouvaient chez elle, dans la partie de la maison qui était réservée aux femmes. Les ambassadeurs lui racontèrent le but de leur visite et demandèrent à rencontrer les jeunes filles. Ils les avaient à peine vues que, stupéfaits par la beauté des petites filles de saint Philarète, ils s'écrièrent : « Nous rendons grâces à Dieu, qui nous a donné le bonheur de trouver ce que nous cherchions. Sans aucun doute une de ces jeunes filles sera l’épouse de notre empereur : nous n’en avons jamais vu de plus belles. »

Toute la famille partit pour Constantinople. Et Marie, l’aînée des petites filles de saint Philarète, fut choisie par l’impératrice et son fils, parmi des centaines de jeunes filles qui venaient de tout l’empire vers la capitale. Il aimèrent Marie à cause de la douceur de son aspect et de la sagesse de ses réponses. Ses sœurs se marièrent rapidement avec des fonctionnaires riches et nobles. Toute la famille de saint Philarète resta à Constantinople. On leur donna des maisons et ce qui était nécessaire pour vivre très confortablement. Ils se rappelèrent alors les paroles du bienheureux Philarète au sujet du trésor caché qui devait leur suffire durant de nombreuses années.

Redevenu riche, saint Philarète n’oublia pas les pauvres. Il les accueillait souvent chez lui, les servait lui-même à sa table et ne les laissait repartir qu’après avoir donné à chacun un peu d’or. Aucun pauvre de la ville n’ignorait la générosité du bienheureux Philarète.

Âgé de quatre-vingt-dix ans, saint Philarète eut une révélation du Seigneur sur la date de sa mort. Il réunit toute sa famille et leur parla a longuement du Seigneur et de la façon dont il fallait vivre pour Lui plaire. Il les bénit tous et c’est en priant qu’il remit son âme au Seigneur.

L’enterrement de celui qui avait plu à Dieu fut un événement très attendrissant : le peuple en foule accompagna le corps du saint ; un grand nombre de pauvres qui venaient non seulement de la capitale, mais aussi des autres villes et villages, se rassemblèrent pour son ensevelissement. Ils pleuraient tous amèrement la perte de leur bienfaiteur qui était si miséricordieux.

Souvenons-nous des saintes paroles suivantes qui se trouvent dans la Bible : « Celui qui donne à un pauvre, prête à Dieu Lui-même et Il lui rendra son bienfait. » (Proverbe 19, 17)

Petite Vie écrite à partir d’un texte russe par la moniale Sofia.

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