Ajouté le: 22 Juin 2014 L'heure: 15:14

Pèlerins au pays du Christ

Page de mon journal

Que les œuvres du Seigneur sont merveilleuses ! Et comment envisager de partager le don que le Seigneur nous a fait, autrement qu’en s’inclinant devant sa grande bonté ?

De nombreux pèlerins vont en Terre Sainte animés par le désir de voir, de toucher les endroits où le Christ a marché sur terre. La question suivante pourrait survenir : quel besoin avez-vous d’aller en Israël ? Dieu n’est-Il pas partout présent ? N’est-Il pas présent dans chaque église ? Le Saint Esprit ne descend-Il pas pendant chaque Divine Liturgie sur les dons du pain et du vin en les transformant en Corps et Sang même du Christ ? Ne communions-nous pas avec le Christ même ? Alors quel besoin aviez-vous d’un voyage jusqu’en Israël ? Tant d’efforts et de dépenses ! Vous auriez mieux fait de donner cet argent aux pauvres !

En vérité, celui qui nous poserait ces questions n’aurait pas tout à fait tort. Mais il parlerait comme quelqu'un n'ayant pas encore fait l’expérience d’arriver dans les lieux où, sans aucune exagération, Dieu a marché sur terre. Et ce n’est pas une moindre chose. Après ce contact avec le pays où a vécu le Dieu-Homme, la compréhension sur la vie de notre Seigneur parmi les hommes s’élargit. Dieu a véritablement marché ici, Il a respiré l’air très chaud de ce pays, Il a souffert la soif, Il a fait le chemin fatiguant d’un bout à l’autre de ce pays, Il a vécu dans un certain contexte politique et dans un milieu social déterminé. Le Dieu-Homme, qui nous offre des œuvres merveilleuses, qui nous donne la gloire qu’Il tient du Père (Jn. 17, 22) mais surtout Celui qui s’offre Lui-même, c’est Lui qui nous a offert la joie de ce pèlerinage. Le Seigneur nous a invité chez Lui, Il a fait de nous ses invités et nous souhaitons partager avec vous cette joie.

Le pèlerinage a été organisé entre le 19 février et le 1er mars 2014, à la demande des fidèles de la paroisse „Trois Saints Hiérarques” de Romainville-Paris – un groupe de 50 personnes avec en tête leur prêtre, le père Mircea Filip. Dès le départ nous avons bénéficié d’un avantage, celui de l’homogénéité du groupe. Les gens se connaissaient entre eux et connaissaient leur berger. Et le berger connaît aussi chacun d’entre eux. D’ailleurs, à l’un des nombreux points de contrôle en Terre Sainte, un officier local a demandé au père Mircea s’il connaissait tous les membres du groupe. « Oui, je les connais tous, je les ai mariés, j’ai baptisé leurs enfants... » Et quel sentiment de sécurité quand tu sais que quelqu'un se porte garant pour toi et témoigne que tu fais partie des siens ! Cela nous fait penser au moment du jugement après notre mort. Comment me tiendrai-je et quelle réponse donnerai-je devant Dieu ? Si la question d’un officier douanier te crée des émotions bien que tu te saches sans faute devant la loi, comment te présenteras-tu devant Dieu, l’Autorité Suprême, en ayant conscience que tu n’es pas sans péché ? Cependant, nous avons l’espoir, (de la même façon dont le prêtre est intervenu pour le groupe entier et pour chacun individuellement), que le moment venu, quand nous nous présenterons devant le Seigneur, le prêtre qui nous a délié de tous les péchés lors du Sacrement de la Confession viendra à notre secours par ses prières.

Notre pèlerinage commence par quelques jours passés au Mont Sinaï. Le voyage de Bethléem au Sinaï offre des surprises à l’européen qui se trouve pour la première fois dans ces lieux. Franchir le désert en plein soleil est une action extraordinaire pour celui qui vient des collines et des forêts de Roumanie. La présence des oasis est un miracle de Dieu : comment se fait-il qu’il y ait ici de la végétation et puis un centimètre plus loin commence l’aridité ?

Nous nous arrêtons au bord de la Mer Morte, – occasion pour de nouvelles réflexions et éblouissements. La Mer Morte, eau dépourvue de vie, entourée par le désert, elle se trouve à l’endroit où jadis s’étendaient les cités de Sodome et Gomorrhe. Devant ce lieu on est saisi de crainte et on comprend qu’on ne peut pas prendre à la légère la Parole de Dieu. Si les péchés des hommes des deux cités ont provoqué une telle réaction de Dieu, comment pourrons-nous trouver une excuse, nous qui possédons toute la Révélation et qui restons pourtant indifférents ou attendons que quelqu'un d’autre vienne pour résoudre les provocations que la société contemporaine suscite envers nos valeurs chrétiennes ou plutôt le naturel de la vie de l’homme ?

Nous arrivons au Monastère Sainte Catherine – un autre miracle de Dieu car il a résisté durant les siècles dans un milieu arabe. Dieu, qui œuvre par les hommes, a agi ici aussi. Là, se trouve l’endroit où Moïse a vu le Buisson Ardent et a parlé avec Dieu. Mahomet a laissé un document scellé de sa propre main qui accorde à ce monastère et à ceux qui y vivent de mener leur vie selon leurs coutumes. Ceci a aidé le monastère à perdurer et à être préservé des agressions. De nombreuses merveilles nous attendent à l’intérieur du monastère : les reliques de Sainte Catherine, la première icône de notre Seigneur Jésus Christ, les reliques de Saint Stéphane du Sinaï qui s’est endormi dans le Seigneur, dans sa chaise de confession et y est resté depuis. Nous quittons le Mont Sinaï comblés par la splendeur du paysage et nous entrons en Israël.

En Israël nous marchons sur les pas de notre Seigneur : Jéricho, la Galilée, le Jourdain, le Mont de la Quarantaine, Nazareth, Cana de Galilée, le Mont Thabor, le Mont Sion, Gethsémani. Nous visitons Jérusalem, nous allons à l’église de la Dormition de la Mère de Dieu pour vénérer l’icône miraculeuse de la Mère de Dieu « de Jérusalem ». Nous passons par le Mont des Béatitudes, à Ein Karem (le pays de Saint Jean Baptiste), au Monastère Saint Sabas, au Monastère Saint Georges de Choziba pour voir notre Saint Jean de Neamt.

Au Saint Sépulcre, nous participons à la Divine Liturgie de nuit, durant laquelle, tout le groupe reçoit la communion après s’être confessé la veille. C’est un moment de grande, d’ineffable émotion ! On vit véritablement la Pâques, maintenant, avant le début du Grand Carême.

Le lendemain il faudra rentrer chez nous, retourner à nos activités et à nos coutumes. Un de nos pèlerins, Ioan a dit ces paroles : « il ne sert à rien d’avoir touché tant d’endroits saints, si en rentrant chez nous, nous continuons à faire ce que nous faisions avant ».

Aide-nous, Seigneur par Ta grâce, à renoncer à tout ce qui nous est inutile ; aide-nous à renouveler notre vie dans le Saint Esprit et que ce pèlerinage soit un tremplin pour la vie spirituelle !

Nous te remercions Seigneur pour tout ce que Tu nous a offert et de nous avoir protégés pendant notre voyage !

Merci au père Mircea pour son amour paternel !

Merci à Bogdan qui s’est dévoué entièrement pour notre groupe afin que ce pèlerinage nous soit le plus utile possible !

Merci au groupe de pèlerins qui constitue la famille roumaine de Romainville - Paris !

La moniale Gabriela – pèlerin en Terre Sainte avec les fidèles de la Paroisse « Trois Saints Hiérarques »  de Romainville

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