Ajouté le: 6 Mars 2013 L'heure: 15:14

Saint EUCHAIRE, Saint ELOPHE et Sainte LIBAIRE

Tropaire

Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené, ont reçu de Toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité ; animés de Ta force, ils ont terrassé les tyrans et réduit à l’impuissance l’audace des démons ; par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Saint EUCHAIRE, Saint ELOPHE et Sainte LIBAIRE

Il est un petit village lorrain de la plaine des Vosges qui, au quatrième siècle, était une brillante cité gallo‑romaine : il s’agit de Grand, située au point de convergence de sept voies romaines disposées en étoile. L’empereur Constantin y a fait construire le plus beau des temples où l’on vient de fort loin rendre un culte à Apollon. Des milliers de pèlerins se pressent dans les rues de la ville et les abords des thermes sont noirs de monde. Une mare sacrée, jadis dédiée à Grannus (dieu celte lié aux sources et au soleil) l’est maintenant à Apollon, son pendant romain. Les pèlerins peuvent s’y livrer au rite d’incubation, il leur indique comment recouvrer la santé. On voit passer des taureaux blancs destinés aux sacrifices, les combats de gladiateurs et de fauves sont très courus, l’immense basilique servant à la fois de forum, de bourse de commerce et de tribunal est également très fréquentée. Il est rassurant d’entendre les sabots des chevaux et de voir briller dans le soleil la cuirasse des soldats. Ainsi, l’ordre règne malgré une foule impressionnante. Dans cette cité si animée vit une noble famille. Les parents, Baccius et Lientrude, élèvent leurs sept enfants, deux garçons et cinq filles, en veillant à leur donner une solide éducation chrétienne. Leur charité infatigable n’a d’égale que leur amour du Seigneur. Mais quelle est la situation des chrétiens à cette époque ? Depuis l’édit de Milan, en 313, l’Eglise a obtenu droit de cité dans tout l’empire et la foi chrétienne a fait reculer le paganisme. Dans l’opulente ville de Grand vivent de nombreux fidèles et des prêtres. Leur influence va grandissant, elle inquiète les autorités romaines. En 355, une nouvelle invasion de Francs et d’Alamans met à sac les villes de Bonn et de Cologne. Julien, nommé César par l’empereur Constance II, rétablit la situation brillamment, ce qui le rend très populaire en Gaule. Non seulement il remporte des victoires militaires mais il a une réputation d’humanité et d’équité. On dit qu’il a étudié avec Saint Basile mais il n’est pas chrétien. Lorsqu’il est proclamé empereur en 360 à la mort de Constance deux, on ne tarde pas à lui donner le surnom de Julien l’Apostat mais il ne sera pas directement responsable des futures persécutions. Celles‑ci seront plutôt l’œuvre de procurateurs zélés, soucieux d’avancement et désireux de restaurer le paganisme concurrencé par les communautés chrétiennes de plus en plus nombreuses et influentes s’installant de préférence dans les grandes villes. C’est dans la dernière année de ce règne si court que les aînés de Baccius et de Lientrude deviennent les premiers martyrs de cette contrée des Leuques. Euchaire dirige avec compétence et habileté les écoles de Toul, une ville proche de Grand. C’est un évêque itinérant d’une grande piété, il est ardent, intrépide et son influence est grande dans la région. Il est arrêté sur la voie romaine menant à Scarpone par des soldats de Julien l’Apostat et condamné à être décapité avec ses compagnons. Le lieu de leur martyre, au confluent de la Meurthe et de la Moselle, est appelé « le Haut Font de saint Euchaire » mais surtout « Le champ des tombes » car il s’agit d’un cimetière très ancien (des fouilles archéologiques en témoignent) et très grand. En ce 22 octobre 362, environ deux mille chrétiens sont décapités. Euchaire se lève en tenant dans ses mains sa tête ensanglantée. Il suit la vallée de la Moselle et gravit la colline conduisant aux portes de la ville de Liverdun. Là, il pose son fardeau sur une pierre et s’affaisse. Ses fidèles l’ensevelissent à cet endroit où l’on peut voir une croix de pierre aujourd’hui encore. Plus tard, il sera inhumé dans un somptueux tombeau dans l’église de Liverdun. Les corps des autres martyrs, ses compagnons, sont inhumés sur place. Modèle d’évêque, Euchaire sera vénéré par Saint Mansuy, premier évêque de Toul et ses successeurs. De nombreux miracles se sont produits sur son tombeau : des sourds, des aveugles, des muets et aussi des possédés y ont recouvré la santé. Grâce à son intercession, les habitants de Liverdun ont été épargnés par les hordes de Vandales et de Huns qui, venus d’Allemagne, ont semé la terreur dans toute la région. Ceci a été consigné comme un miracle par le roi de France et d’Austrasie. En ce même mois d’octobre, son frère Elophe et sa sœur Libaire vont subir à leur tour le martyre. Elophe proclame sa foi en public à Grand et à Soulosse, une ville proche. Il suscite de nombreuses conversions et n’hésite pas à détruire les idoles païennes en présence d’une grande foule. Bien sûr, il refuse d’abjurer, il est emprisonné et subit la décapitation dans une prairie, devant un grand nombre de personnes. Aussitôt des malades sont guéris !!! Lui aussi, comme son frère, se dirige vers le sommet d’une petite colline en portant sa tête. Il s’immobilise enfin en s’asseyant sur une grosse pierre sur laquelle il laissera une empreinte incurvée : ce lieu est toujours fréquenté par les pèlerins et, dès la mort du saint, il s’y est produit nombre de miracles. Sainte Libaire, leur sœur, est une bergère. Elle mène souvent paître ses moutons dans les landes autour de Grand, là où ne prospèrent guère que les genévriers. Arrêtée et sommée d’adorer une statuette d’or d’Apollon, la sainte refuse, frappe la statue de sa quenouille qui, miracle, est aussitôt réduite en miettes ! Comme ses frères, Libaire est décapitée sur la voie romaine en direction de Soulosse. Ses fidèles l’enterrent avec honneur aux portes de la ville. Leur sœur, la future sainte Menne, a mené une vie de religieuse érémitique toute sa vie, en Champagne et en Lorraine. Les autres sœurs de nos martyrs ont toutes été des saintes et les dates de leur naissance au Ciel s’échelonnent au cours du mois d’octobre. Saint Euchaire a été martyrisé tout prés de chez nous et je me plais à penser (à espérer) qu’il est certainement passé sur le chemin antique qui longe notre jardin. Notre terre de Lorraine a été sanctifiée par le sang de ces intrépides témoins de la foi. Qu’ils prient le Seigneur pour nous !

Bernadette Duloisy

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