Ajouté le: 11 Janvier 2013 L'heure: 15:14

La première sainte liturgie dans l’église Saint Nicolas de Clermont‑Ferrand

La première sainte liturgie dans l’église Saint Nicolas de Clermont‑Ferrand

Résidant depuis quelque temps à Clermont‑Ferrand j’apprends que les Roumains de cette ville se sont acheté une église quelque part dans la rue Sainte Claire. J’en trouve l’adresse et, envahi par l’émotion, je pousse la porte… J’entends parler roumain ! Je sens sous mes pieds du terroir roumain. Tout à coup, j’ai le sentiment d’être chez moi.

Père Arsène (de la Malvialle) explique à quelques ouvriers ce qu’il reste à faire. Il m’accueille chaleureusement. Son regard est serein, sa voix suave, sa parole calculée, son pas léger. Il me présente l’église et me raconte qu’elle a été mosquée pendant plus de trente ans. C’est ainsi que je comprends pourquoi le pavé est recouvert de moquette. Des plates‑formes, des échelles appuyées contre les murs, des outils de toute sorte, des câbles électriques, de la tuyauterie pour le chauffage, des matériaux de construction, un vrai chantier !

Il y a beaucoup de travail. Je vois des personnes de tous âges et de toutes professions : maçons, carreleurs, charpentiers, menuisiers, plombiers, électriciens, docteurs, ingénieurs, professeurs, licenciés en théologie, masterands, doctorants... tous venus à l’appel du père Arsène – certains ayant parcouru des centaines de kilomètres – pour donner un coup de main selon leur robustesse et leur compétence à la rénovation de l’église. On entend partout parler roumain avec un accent de Moldavie, de Transylvanie, d’Olténie… Chacun a de quoi faire. Père Arsène est toujours là où l’on a besoin de lui : sur l’échafaudage, à l’intérieur de la maison, dans la cuisine, à la déchetterie… Il a beaucoup à penser : vendredi ce sont les ouvriers de Paris qui arrivent, samedi ceux de Lyon, ils doivent être logés, ils doivent être nourris… Donner à manger à tant de personnes ce n’est pas si simple que ça. Parfois je me demande comment il se débrouille. Je n’ose pas le lui demander. Il n’a peut‑être que cinq pains et deux poissons…

C’est splendide de voir tant de gens travailler avec attachement pour « bâtir » la Maison de Dieu ayant tous la Foi en Dieu, l’Espérance d’avoir leur propre église et l’Amour de Jésus Christ. Je pense avec enchantement comme il est merveilleux qu’à l’avenir, pour des centaines d’années peut‑être, les chrétiens orthodoxes de toutes les nations vivant à Clermont‑Ferrand, et pourquoi pas dans toute la France, auront une église pour y faire baptiser leurs enfants, faire couronner leurs successeurs ou encore conduire leurs parents sur la voie de l’éternité…

À l’église, de merveilleuses choses se passent : je rencontre un camarade d’études que je n’avais pas vu depuis plus de dix ans en Roumanie. On s’embrasse, on est heureux. Un jour j’entends père Arsène dire :

- Maître untel n’est pas venu depuis deux semaines pour finir ce travail…

Et un quart d’heure après, voilà le maître devant le portail de l’église :

- Révérence, père ! Bénissez !

Père Arsène sourit doucement et attribue cela à Saint Nicolas…

Les travaux avancent bien. Le temps nous est compté. Père Arsène est content de chaque réalisation importante : on a appliqué le crépi, monté les fenêtres, réparé le toit de la maison, fixé l’escalier vers le grenier, installé la chaudière, fini le nettoyage de l’église. C’est samedi soir. Nous accrochons les icônes aux murs. Nous élevons l’iconostase. Nous mettons en place l’autel. Nous regardons depuis la porte de l’église vers le sanctuaire. Voici la Maison de Dieu ! Nous la chérissons. Elle est brillante comme un diamant bien taillé. Elle est majestueuse. Elle impose du respect. C’est un espace de glorification. Nous nous signons et nous rendons grâce au Seigneur pour tout. À la fête de la Nativité de Jésus Christ on célèbrera la première sainte liturgie dans l’église Saint Nicolas, notre église…

Je ne pensais pas que nous aurions le temps de tout faire, mais cela a finalement été possible. Maintenant je comprends : c’est la Foi, la Bénédiction, l’Obéissance. Ce qui est impossible à l’homme est possible à Dieu.

Nous sommes le 25 décembre, le jour de la Nativité de Jésus Christ. J’entre dans la cour de l’église. À l’entrée je suis accueilli par l’imposante icône de Saint Nicolas, icône offerte à l’église par les moniales du Monastère de la Malvialle. J’entre dans l’église et me signe. Une belle liturgie, selon le typikon. La chorale donne des réponses adéquates, en chant byzantin. La sainte liturgie commence. Des litanies et des prières prononcées en roumain, en français, en slavon. À ce moment de fête on écoute la lettre pastorale de l’Archevêque du lieu. On entend l’appel du prêtre : Avec crainte de Dieu, foi et amour, approchez ! Plusieurs fidèles reçoivent la communion. Je suis heureux de voir beaucoup d’enfants prêts à la recevoir; c’est le signe qu’on a espoir dans l’avenir. Tout est neuf : la Maison de Dieu, les vêtements du prêtre et du diacre, les vases sacrés, les âmes communiées, c’est‑à‑dire un bon début. On chante des chants de Noël dans la mélodieuse langue roumaine ; je regarde par la fenêtre et je languis après quelques flocons de neige…

Dans l’église, des gens de tous âges : Roumains, Français ou Russes, venus de près et de loin pour écouter la Parole de Dieu et se réjouir de la naissance de l’Enfant Jésus. Dans un coin de l’église j’aperçois une personne qui attire mon attention. J’apprends que c’est l’Imam, celui qui a officié dans notre église pendant plus de trente ans, lorsque celle‑ci était mosquée. Ce qui se passe dans son âme, Dieu seul peut le savoir…

La liturgie prend fin. Père Arsène donne la bénédiction. Je lis sur son visage une joie spirituelle, signe d’un devoir accompli. La Joie de la Nativité du Christ est à la fois la joie de la naissance de notre église. C’est la joie de tous ceux qui, par leur prière, par leur bonne pensée, par leur argent, par leur travail ont rendu possible cette merveille qui est l’église orthodoxe roumaine Saint Nicolas de Clermont‑Ferrand. L’église est née et attend avec impatience son baptême. Malheureusement, je ne serai plus physiquement à Clermont‑Ferrand pour ce grand et important événement, mais mon âme y sera tout entière…

Liviu Marcel Ungurean, Résident (pas pour longtemps) à Clermont‑Ferrand

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