Ajouté le: 12 Janvier 2013 L'heure: 15:14

Du palais royal à l’ermitage vosgien, Saint Arnould évêque de Metz (582‑640)

Fête le 18 juillet

(translation des reliques)

Du palais royal à l’ermitage vosgien, Saint Arnould évêque de Metz (582‑640)

En cette fin du sixième siècle, dans ce qui deviendra, plus tard la Lorraine, au Nord Est du beau royaume d’Austrasie, l’hiver est arrivé brusquement. Très vite, une épaisse couche de neige a recouvert les forêts et les villes bien protégées, à l’abri de leur enceinte. Dans les petits domaines campagnards tout est silencieux, même les oiseaux se sont tus. C’est à peine si l’on aperçoit des silhouettes furtives rentrer les moutons ou donner du grain aux poules. Mais ici, à Layum, autour de la grande villa appartenant à un descendant des comtes de Soissons, règne une agitation fébrile et bruyante. « On se croirait à Noël » miaule le chat dont les moustaches ont givré pendant une chasse aux souris. « Rien d’étonnant, aboie le chien, la comtesse Ode vient d’avoir un bébé ! » Tous les habitants du domaine, des servantes aux tenanciers, convergent vers le château pour admirer le nouveau‑né. C’est un superbe enfant blond comme les blés, vigoureux et qui, par ses cris, témoigne déjà d’un solide appétit. Il s’appellera Arnould.

Dès sa petite enfance, il apprend à prier sur les genoux de sa mère et il est bercé par les belles histoires de la Bible. Plus tard, il accompagne la comtesse dans ses visites aux malheureux et aux malades. Ils sont hélas nombreux dans ce pays de collines situé entre le Rhin, la Meuse et la Moselle : le climat est rude, il y a parfois des famines et même des épidémies. Le cœur d’Arnould est déjà débordant de charité. Un précepteur est chargé de son instruction et le petit garçon est un élève particulièrement intelligent, doué d’une excellente mémoire et d’un esprit subtil.

A l’adolescence, son père le fait entrer à la cour d’Austrasie, à Metz, pour y parfaire son éducation. Il est destiné à embrasser une carrière diplomatique et aussi à devenir officier. Son grand oncle étant chef du palais et conseiller du roi, il va travailler avec lui. C’est alors que va naître son amitié pour Romary, un jeune homme très pieux aspirant lui aussi à se retirer dans la solitude. Hélas, les fêtes, les parties de chasse, la lourde charge de travail de chacun ne le leur permettent guère ! Cédant aux pressions de sa famille et de son entourage, Arnould épouse une jeune noble prénommée Doda (ils auront deux fils dont l’un deviendra l’aïeul de Charlemagne.

Le roi le tient en très haute estime et lui confie l’éducation de son fils Dagobert. C’est un honneur mais aussi une lourde responsabilité. Avec cœur et intelligence, aidé par son ami Pépin de Landen, Arnould va faire du futur roi Dagobert un être pétri de qualités qui lui vaudront le surnom de Salomon des Francs !!! La cour d’Austrasie connaît bien des intrigues…Il convient de se méfier de la reine d’un pays voisin, Brunehilde, nos deux amis font appel au roi de Neustrie qui vaincra et fera exécuter cette reine félonne. Intendant des domaines royaux et gouverneur de six provinces d’Austrasie, Arnould trouve cependant du temps à consacrer à la prière et à secourir les malheureux et les malades. Sa piété rayonnante et sa charité le font aimer de tous. Aussi, à la mort de l’évêque Pappolus, clergé et fidèles sont unanimes à le réclamer pour occuper le siège épiscopal de Metz. Le roi donne son accord, à condition qu’il accepte de conserver ses fonctions au gouvernement en plus de la lourde charge pastorale qui l’attend. Sa pieuse épouse, Doda, se retire dans un monastère à Trèves.

Un soir, très fatigué et un peu triste aussi, il se promène sur un pont enjambant la Moselle. Accablé par le poids de ses péchés (il se sent un peu responsable de la mort de Brunehilde par exemple), l’évêque si humble et si bon se penche et jette son anneau dans l’eau en murmurant : « si je le retrouve un jour, ce sera le signe que Dieu m’a pardonné ! ». Quelques mois plus tard, au cours d’un festin, le cuisinier du palais découvre l’anneau dans les entailles d’un gros poisson ! Cet anneau, miraculeusement retrouvé a été authentifié et il est encore vénéré aujourd’hui dans la cathédrale de Metz.

Arnould a toujours eu le souci de ses ouailles et de son diocèse. Il a joué un rôle prépondérant au concile de Reims en six cent vingt cinq. Il a contribué également à la conversion d’un jeune noble païen, Burtulphe. Celui‑ci, baptisé, se retirera plus tard au monastère et deviendra le deuxième abbé de Bobbio, succédant à saint Colomban. Mais un ardent désir de solitude amène l’évêque à souhaiter se démettre de toutes ses fonctions pour devenir moine à son tour. Pendant des années il a secouru les veuves, les pauvres, il a aussi contribué à enrichir de nombreuses églises et des monastères d’Austrasie. Par son intercession, le Seigneur a guéri miraculeusement des lépreux (Arnould les a toujours soignés de ses mains) et aussi des possédés, notamment à Saint‑Etienne‑Lès‑Remiremont où il allait parfois se reposer dans une propriété familiale.

Il faudra un miracle encore, l’extinction grâce à un signe de Croix d’un violent incendie ravageant le palais, pour que le roi l’autorise à partir. Il distribue ses biens aux pauvres et rejoint un moment Romary au monastère du Saint Mont. Mais il aspire à davantage de solitude, se rend à la montagne voisine en empruntant le Pont des Fées. Il passe ses dix dernières années dans un ermitage près duquel il ouvre une léproserie. Il accepte aussi de se faire le maître de deux jeunes novices qui deviendront eux aussi des saints. Il est né au Ciel le seize août six cent quarante après une vie pleine d’humilité et de charité. Son ami Romary est venu très souvent le visiter.

Un dernier miracle a lieu lors du transfert de ses reliques des Vosges à Metz : il fait très chaud, les porteurs et les assistants assoiffés constatent que les tonneaux vides se sont remplis de bière pour leur permettre de se désaltérer. Saint Arnould est donc le patron des brasseurs et il est vénéré pour cette raison aussi dans toute la Lorraine.

Voici, pour terminer, le tropaire à notre Saint :

Pieux conseiller des monarques mérovingiens.
Tu fus nommé évêque de Metz par Clotaire
Tu fis l’éducation du prince Dagobert
Puis tu devins moine auprès de saint Romary
Et tu finis ermite soignant les lépreux
Saint Arnould, prie Dieu qu’il nous garde en Sa merci !

Bernadette Duloisy

Du palais royal à l’ermitage vosgien, Saint Arnould évêque de Metz (582‑640)

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