Ajouté le: 12 Octobre 2012 L'heure: 15:14

Syndesmos – Festival de Neamţ, août 2012

par Birta Ana

Prophètes de notre temps

C’est quoi Syndesmos ?
« Syndesmos » est un mot grec qui veut dire « lien ». Il se trouve dans une des épîtres de saint Paul: « Vous appliquant à conserver l’unité de l’esprit, par le lien de la paix. » (Eph. 4, 3) et a été choisi pour désigner la Fraternité mondiale des jeunes orthodoxes (www.syndesmos.org).
Syndesmos est né en 1953 en France, suite à plusieurs rencontres panorthodoxes qui ont eu lieu entre 1923 et 1953. La naissance de cette association a comme fondation l’enthousiasme de quelques jeunes (en provenance de pays majoritairement orthodoxes) d’origine russe, grecque, arabe, etc., que différents événements historiques ont amené à vivre hors de leurs pays d’origine. La rencontre de l’autre après des siècles d’isolement, de manque de communication entre les églises orthodoxes dans le monde, a été un moment de grande joie. Ces jeunes avaient compris que l’Orthodoxie les unissait, que l’Eglise avait besoin d’eux, de leur témoignage et de leur mission.
Le premier éditorial de Syndesmos est signé par le célèbre théologien Paul Evdokimov: http://jean.square7.ch/wolfcms/public/SyndesmosTexts/Text_84%20Editorial,%20Paul%20Evdokimov,%201953.pdf

 

 

Syndesmos – Festival de Neamţ, août 2012

Du 11 au 18 août 2012 s’est tenu, au le séminaire théologique orthodoxe „Veniamin Costachi” près le monastère de Neamţ, le festival Syndesmos „Prophètes de notre temps”. Le festival a réuni des jeunes orthodoxes de: Roumanie, Grèce, Russie, Biélorussie, France, Allemagne, Angleterre, Finlande, Liban. En dernière minute s’est uni à nous un groupe de catholiques français, la plupart originaires de Bretagne, très jeunes et enthousiastes, ravis de découvrir l’orthodoxie dans les environs de Neamţ.

Nous avons eu la joie d’avoir avec nous Son Eminence Mgr Joseph, métropolite orthodoxe roumain d’Europe Occidentale et Méridionale, Son Eminence Mgr Théophane, Métropolite de la Moldavie et de la Bucovine, notre hôte, ainsi que mère Siluana, responsable du Centre de Formation et Conseil des „Saints Archanges Michel et Gabriel” de Iaşi, le père Christophe D’Aloisio de Bruxelles, président de Syndesmos, le père Peter Sonntag d’Allemagne et M. Alexis Obolensky, peintre et sculpteur français d’origine russe. Chacun nous a partagé quelque chose de la vie des prophètes : de l’Ancien Testament, du Nouveau Testament, du siècle dernier et de notre siècle. Le père Nicodim Petre de Iași nous a parlé d’ASCOR et de sa mission d’aumônier des jeunes au sein de la Métropole de Moldavie et de Bucovine.

La journée type du festival commençait par les prières du matin, chacun lisant ou chantant quelque chose dans sa langue maternelle. Les prières étaient suivies par des conférences ou des visites des monastères des environs. Le soir nous pouvions prendre part aux Vêpres ou aux prières vespérales. Nous avons également eu une soirée culturelle, pendant laquelle les participants ont présenté des chants, des danses, des plats ou des jeux spécifiques de leur pays.

Selon ce qu’ont exprimé au retour les participants, et je suis parfaitement d’accord avec eux, il y a eu trois moments forts dans le festival: la participation à la Divine Liturgie de la fête de la Dormition de la Mère de Dieu au monastère de Văratec, suite à l’invitation de Son Eminence Théophane, les excursions aux monastères de Humor, Voroneţ, Probota et, last but not least, la Liturgie avec Monseigneur Joseph. On n’était pas préparés pour cette Liturgie, nous avons été pris complètement au dépourvu, mais le Seigneur a acccompli ce qui était imparfait, comme à Son habitude! Il a sûrement vu notre enthousiasme! C’était une des plus belles Liturgies auxquelles j’aie jamais participé. Tout le monde y a pris part, par le chant ou par la prière. La personne la plus sollicitée a été Georges du Liban, qui faisait des aller‑retour entre le sanctuaire et le cœur et qui a chanté non seulement dans sa langue maternelle, mais également en grec, russe, finlandais, roumain. En d’autres mots, il a chanté dans les langues de tous les participants au festival. Il ne savait même pas qu’il connaissait toutes ces langues. On aurait dit la Descente du Saint Esprit, dont nous avons d’ailleurs chanté le tropaire. Pour moi cette fête est par définition la fête de la mission, la fête qui marque le début de la mission des apôtres. Après cette Liturgie, beaucoup de gens m’ont dit avoir ressenti la joie de la nuit de la Résurrection. Les agapes qui ont suivi la célébration ressemblaient à celles de la nuit de Pâques ou aux agapes d’un mariage: nous sommes entrés dans le réfectoire et en l’espace de deux minutes, les tables initialement prévues pour quatre personnes ont été réunies et ont formé une grande tablée, ayant plusieurs bras tendus vers le centre.

C’est de la sorte que j’ai compris l’essence de Syndesmos. Pour pouvoir en parler, il faut que je vous dise comment a commencé pour moi l’aventure Syndesmos et quelles en ont été les étapes, sachant que le témoignage de chacun est important.

De la beauté qui fait mal à la Beauté qui va sauver le monde

Lors du congrès Nepsis s’étant tenu à Paris en 2009, Son Eminence le Métropolite Joseph a évoqué le fait qu’il existe en Occident d’autres associations de jeunes orthodoxes, comme Syndesmos. Quelques mois après cela j’ai pris part à mon premier événement Syndesmos, un week‑end à Bruxelles (février 2010) ayant le thème suivant « Témoins du Christ aujourd’hui » (« Witnesses of Christ today »). Après ce week‑end j’ai écrit les lignes suivantes :

Syndesmos. La beauté. La nostalgie (février 2010)
Lors de l’événement Syndesmos de Bruxelles j’ai vécu la joie de rencontrer des gens merveilleux, la joie de vivre des Vêpres et des prières du soir dans les langues de tous les participants (anglais, français, slavon, grec, roumain, finlandais, polonais, hongrois) et je ne donnerais pour rien au monde ces moments, que je voudrais pouvoir continuer de vivre tout le reste de ma vie! Et pourtant, la joie a laissé sa place à la tristesse car j’ai ressenti de manière aigue que la beauté fait mal. Elle fait mal car en la découvrant, j’ai senti qu’elle ne m’appartenait pas ; car en la voyant j’ai également vu ma laideur et les ténèbres de mon âme ; car je l’ai ressentie réellement ; car je me suis rendue compte que je ne la mérite pas.
Mais au‑delà de la douleur il y a l’espoir. Et j’ai confiance de revoir cette beauté un jour. Sinon rien n’aurait de sens. « La beauté va sauver le monde », écrivait Dostoïevski. Mais la beauté, c’est bien le Christ ! C’est ce que je sens maintenant, en écrivant ; le reste c’est de la prière. Et une nostalgie ardente.
Une année plus tard, en 2011, j’ai participé à un autre événement Syndesmos. J’ai voulu revivre cette joie. Ce festival s’appelait « Joie éternelle » (Joy everlasting) et s’est tenu à Saint Maurin, en France. Là‑bas la joie m’a littéralement prise d’assaut ! Elle venait d’où ? De la beauté, et encore ? De ce que partagent sous différentes formes les participants aux rencontres de Syndesmos: l’unité. C’est l’unité de la foi qui est vécue et témoignée par les participants aux festivals de Syndesmos.

Après Bruxelles et Saint Maurin, la prochaine étape s’est présentée à moi comme une évidence : organiser un festival dans le pays où je suis née, afin que d’autres jeunes puissent goûter à la beauté et à la joie que j’ai eu la chance de connaître. Car nous recevons afin de partager. Des coulisses du festival de Neamţ : l’idée d’organiser le festival en Roumanie m’appartient, le choix de la location a été fait par Bogdan Grecu, qui a été une aide précieuse sur place, le thème a été proposé par Jean Rehbinder, organisateur du festival Syndesmos de 2011, l’affiche a été faite par Katerina Klyuzko d’Ukraine, participante au festival de 2011, aidée par son frère, Vladimir. Beaucoup de personnes nous ont aidés dans l’organisation de ce festival et je les remercie de tout cœur. J’ai voulu évoquer cela car cela montre que nous formons l’église tous ensemble. Nous avons besoin les uns des autres. C’est ensemble que nous témoignons de la beauté de la foi qui nous unit.

Ana Birta, Lille

Articles et vidéos sur le festival :

Journal Lumina: édition de Moldavie du 20 aôut 2012, et édition nationale du 23 août 2012 http://www.ziarullumina.ro/articole;2049;1;74605;0;Festivalul‑Federatiei‑Mondiale‑a‑Tinerilor‑Ortodocsi‑‑‑Syndesmos.html#top

http://www.ziarullumina.ro/articole;2053;1;74675;0;Frumusetea‑Ortodoxiei‑a‑reunit‑tineri‑din‑mai‑multe‑tari‑la‑Manastirea‑Neamt.html

TVR: Universul Credinţei, 19 août 2012

Syndesmos – Festival de Neamţ, août 2012

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