Ajouté le: 10 Mai 2012 L'heure: 15:14

L’apôtre des pictes : Saint Colomba

« La Colombe » missionnaire de l’Eglise

Fêté chaque année le 9 juin, Saint Colomba est, à côté des Saints Patrick et Brigitte, l’un des saints les plus aimés et vénérés de l’Irlande. Grâce à son activité, déployée surtout en Ecosse, Colomba est aujourd’hui considéré comme l’apôtre des pictes. La tradition nous dit qu’il avait fait beaucoup de miracles, ayant le don de prophétie et une grande puissance contre les démons.
 

L’apôtre des pictes : Saint Colomba

La brève biographie (Vita Columbae), écrite une centaine d’années après sa mort par Adamnan d’Ione, nous offre des informations sur la vie de Saint Colomba ; également, l’ouvrage de Bède le Vénérable, intitulé Historia Ecclesia gentis Anglorum. Colomba est né en 521, le 7 décembre, mémoire de Saint Ambroise, à Gartan, un village du comté de Donegal en Irlande. Le père de Colomba, Fedlimid, descendait de la famille royale des O’Neil, tandis que sa mère était l’héritière d’un roi de Leinster.

Au baptême, le saint reçut le nom de Colomba qui signifie colombe. Dès son enfance il passa sa vie dans l’Eglise et plus tard il traversa toute l’Irlande comme un « troubadour» du Christ, ce qui lui valut le surnom de Columcille, Columcellus ou Colme, c’est-à-dire « colombe » de l’Eglise.

Issu d’une famille de bonnes origines, Colomba fut confié à un prêtre nommé Cruitnecan, qui, en plus d’une éducation remarquable, lui inculqua l’amour du Christ pour son Eglise. Ainsi le jeune Colomba entra-t-il au monastère de Moville, dont le starets était l’évêque Finian. Il y fut ordonné diacre, et après quelques années de séjour, partit pour Leinster, voulant parfaire ses études auprès du barde Gemman. Celui-ci lui enseigna les secrets de la chanson irlandaise, Colomba devenant à son tour un barde célèbre en Irlande.

Ensuite, Colomba quitta Leinster pour se rendre au Monastère Clonard, où il fut ordonné prêtre, puis il décida d’aller au monastère Mobhi de Glasnevin, où il prêta serment. Mais, par l’œuvre divine, Colomba n’y resta pas longtemps. Brûlant d’amour pour la vie monastique, il fit construire plusieurs églises et monastères, surtout dans son pays d’origine, Donegal, mais aussi dans les autres régions de l’Irlande. Parmi les monastères importants, il faut citer celui de Derry, mais le plus important fut celui de Durrow construit en 555. Tous ces monastères fonctionnaient selon des règles que Saint Colomba avait établies lui-même, où l’on ne mettait pas trop l’accent sur l’effort personnel, mais sur l’obéissance envers l’abbé et le père spirituel.

L’activité missionnaire en Ecosse

Au bout de quinze ans, après avoir assis les bases de la vie monastique en Irlande, non sans peine, Colomba fut envoyé par Dieu prêcher dans d’autres contrées. En 563, accompagné par douze amis, il prit la direction des côtes ouest de l’Ecosse, s’installant sur une petite île appelée Iona, située à la frontière entre Dalriada et le Royaume des Pictes. Ceux-ci étaient des païens, et Colomba essaya dès le début d’obtenir l’accord de leur roi pour pouvoir prêcher auprès d’eux. A Iona Colomba fit ériger un monastère où il institua la même règle que dans les autres monastères. Conformément à cette règle, on insistait beaucoup sur une meilleure gestion du temps, le jour étant divisé en trois parties: l’une allouée à la prière et les autres à la lecture et au travail. (Vlad Benea, Vieţile sfinţilor ortodocşi din Apus. Sfinţii Insulelor britanice, Cluj‑Napoca, 2006, p. 137).

Les miracles de Saint Colomba

La tradition cite beaucoup de récits portant sur les miracles et les merveilleuses guérisons accomplis par Colomba, qui paraît-il possédait aussi le don de prophétie. Ainsi, il dévoilait aux gens les péchés qu’ils avaient commis, connaissait les événements passés, ou annonçait des événements futurs. Colomba avait aussi reçu une grande puissance sur les démons. La tradition relate de nombreux miracles opérés par lui. Pour n’en citer qu’un seul : lorsqu’il habitait en Ecosse, des paysans vinrent chez lui, en amenant un enfant pour le faire baptiser. Ne trouvant pas d’eau tout près, Colomba se mit à genoux et pria longtemps. Puis, il bénit un rocher, un torrent d’eau en jaillit, tel celui que Dieu fit jaillir à la prière de Moïse au milieu du désert. Avec l’eau sortie du rocher Colomba baptisa l’enfant, et fit sur lui une prophétie, qui se réalisa quelques années plus tard.

Il s’intéressait beaucoup aux Irlandais qui vivaient en Ecosse, mais en même temps il portait de l’intérêt à ses monastères d’Irlande, car les moines qui y vivaient étaient ses fils spirituels. Il priait sans cesse pour eux et il leur envoyait souvent, par ses disciples, des lettres pour les rassurer et conseiller. Il visita même quelques fois son pays natal, car il aimait sa patrie et son peuple. D’un tempérament vif et ferme, il avait toutefois une âme très sensible.

Le monastère d’Iona devint le centre de l’activité missionnaire parmi les pictes, mais aussi pour les Anglais du nord du pays. Les liens étroits qui existaient entre Colomba et la famille royale des Dal Riad, lui ont facilité énormément la mission parmi les nobles pictes. Bien sûr, à cause de sa mission Colomba avait aussi beaucoup d’ennemis, parmi lesquels les druides, mais, de même que Saint Patrick, il les vainquit par la grâce de Dieu.

Un jour, Colomba célébra la Divine Liturgie aux côtés de ceux qui allaient devenir plus tard les saints Comgall, Kenneth, Brendan et Cormac. A la fin de la Liturgie, Brendan avoua à tous avoir vu une flamme au-dessus de la tête de Colomba, se dressant ensuite doucement vers le ciel. Bien des fois, une lumière surnaturelle l’entourait pendant la prière, d’après le témoignage de son entourage.

La merveilleuse découverte de la mort et la vénération de saint Colomba

Tout comme dans le cas d’autres personnes, Dieu a dévoilé à saint Colomba le jour de sa mort. Une semaine avant avant celle-ci, son visage se remplit de lumière alors qu’il célébrait la divine Liturgie. Après l’office, il confia à ses moines qu’un ange était venu lui annoncer que Dieu leur demandait un trésor très cher pour Lui. Ceux-ci ne comprirent qu’une semaine plus tard, qu’il s’agissait de l’âme même de Colomba. Le samedi suivant, accompagné par l’un de ses moines, il alla bénir le monastère, et après les Vêpres, il leur donna ses derniers conseils. La tradition nous relate que le jour même de sa mort il copia des textes de la Sainte Ecriture. C’était une occupation qui lui était très chère, et qui était utile en même temps pour son époque, bien antérieure à la découverte de l’imprimerie. Des enluminures de Colomba seraient conservées jusqu’à présent sur quelques exemplaires du Psautier (Art. Heiliger Kolumba, dans l’ouvrage de Joachim Schäfer, Das Őkumenische Heiligenlexikon, dans l’édition online http://www.heiligenlexikon.de/BiographienP/Patrick_von_Irland.htm, page consultée le 13 mars 2012).

Conformément à la même tradition, Colomba mourrut dans l’église, la nuit de samedi à dimanche, avant de célébrer la divine Liturgie. C’était en 597, la nuit du 9 juin, jour annuel de sa fête depuis lors. Ses reliques restèrent à Iona, accomplissant de nombreux miracles, jusqu’en 849 ; elles furent ensuite déplacées à Dunkeld, à cause des attaques des Vikings. Au Moyen-Age Colomba fut vénéré dans toute l’Europe. En Irlande et en d’autres lieux il est encore fêté aujourd’hui avec beaucoup de dévotion. Il est parfois représenté vêtu comme un moine bénédictin, bien qu’il n’ait jamais fait partie de cet ordre. Colomba est à présent le patron des poètes irlandais, mais aussi le protecteur de ceux qui sont menacés par le feu. Dans le  Massachussetts, un monastère orthodoxe est dédié à Saint Colomba, placé sous la jurisdiction canonique de Monseigneur Nicolas, Archevêque de l’Archevêché Orthodoxe Roumain d’Amérique et du Canada.

P. Alexandru Nan
(Traduit en français par Maria Coresciuc)

L’apôtre des pictes : Saint Colomba

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