Ajouté le: 15 Décembre 2012 L'heure: 15:14

La chirotonie épiscopale du père Ignace Trif

Chroniques d’un événement ecclésial

La chirotonie épiscopale du père Ignace Trif

La vie de l’Eglise se caractérise par une effervescence continuelle. Les chrétiens, aujourd’hui plus qu’autrefois, sont répandus jusqu’aux limites de la terre, et l’Esprit Saint, qui prend soin de l’Eglise et de son renouveau, manifeste son œuvre de façon visible en menant le troupeau du Christ Seigneur à la sanctification par le ministère des évêques et des prêtres. Une telle œuvre de sanctification a été accomplie, le 11 décembre, en la Cathédrale métropolitaine des Saints-archanges-Michel-Gabriel-et-Raphaël à Paris. C’est là qu’a eu lieu la chirotonie1 épiscopale en tant que vicaire du Révérend archimandrite Ignace Trif. Après la manifestation de la volonté du St Esprit à travers son élection, le 24 octobre dernier, comme évêque vicaire pour le diocèse d’Espagne et du Portugal, est arrivé le moment de son onction dans l’épiscopat, parle même Esprit-Saint et la main des évêques présents.

Les offices qui ont eu lieu à l’occasion de la chirotonie ont commencé en vigile du dimanche, avec le service de vêpres et la nomination à l’épiscopat adressée par les trois membres du Saint-Synode de l’Eglise Orthodoxe Roumaine: Monseigneur Timothée, Evêque orthodoxe roumain d’Espagne et du Portugal, Monseigneur Joachim de Bacau, Evêque vicaire de l’Archevêché de Roman et de Bacau, et Monseigneur Marc de Neamts, Evêque vicaire de l’Archevêché Orthodoxe Roumain d’Europe Occidentale. A cet office étaient présents Son Eminence le Métropolite Joseph, Archevêque roumain d’Europe occidentale et Métropolite de la Métropole Orthodoxe Roumaine d’Europe Occidentale et Méridionale, Monseigneur Silouane, Evêque orthodoxe roumain d’Italie et Monseigneur Macaire, Evêque orthodoxe roumain de l’Europe du Nord. Mais l’atmosphère festive de ces manifestations a commencé à se faire sentir avec le début du week-end, quand, en nombre impressionnant, des pèlerins, des fidèles proches de Père Ignace, des membres de sa famille, des fils spirituels et des étudiants de la Faculté de théologie d’Alba Iulia, ont participé avec tout leur amour aux offices de l’Eglise pour embellir cette fête.

Ainsi se sont déroulés les offices du samedi soir. Dans le climat suggéré par les flammes pâles des cierges et le parfum de bonne odeur de l’encens, Monseigneur Timothée a célébré les Vêpres. A l’issue de l’office, Monseigneur Silouane, Evêque orthodoxe roumain d’Italie, a prononcé une homélie reprenant l’idée que l’Eglise est là où est l’Evêque, et que, par cette œuvre sanctifiante de la part de Dieu, de la part de l’Esprit Saint, se prolonge la sanctification des fidèles. sanctification des fidèles, dont sont directement responsables les évêques et les autres degrés de la hiérarchie.

A la fin de la soirée est également arrivé Son Eminence André Andreicuts, Archevêque de Cluj, Vad et Feleac, et Métropolite de Cluj, Alba, Crishana et du Maramuresh. La présence de Monseigneur André était une présence „nécessaire”, un vrai soutien moral et spirituel, en raison de son engagement spirituel et intellectuel à l’égard de la personne de Monseigneur Ignace, ce que ce dernier souligna dans les paroles de remerciement qu’il lui adressa devant l’assemblée.

Le lendemain matin, la Cathédrale métropolitaine fourmillait de monde, l’émotion bouleversait toute l’assistance, parce que l’un des siens était maintenant appelé au très éminent et sublime ministère. L’un après l’autre, les fidèles s’installaient sagement à leur place, en prière, l’esprit tourné vers les psalmodies du chœur. Vers 9h les sept hiérarques firent leur entrée, revêtus des ornements sacrés, pour célébrer la divine Liturgie. L’assemblée épiscopale était conduite par Monseigneur André, accompagné de Monseigneur Joseph, Archevêque d’Europe occidentale et Métropolite de la Métropole Orthodoxe Roumaine d’Europe Occidentale et Méridionale, de Monseigneur Silouane, Evêque orthodoxe roumain d’Italie, de Monseigneur Timothée, Evêque orthodoxe roumain d’Espagne et du Portugal, de Monseigneur Macaire, Evêque orthodoxe roumain de l’Europe du Nord et de Monseigneur Marc, Evêque vicaire de l’Archevêché roumain d’Europe occidentale, auxquels s’adjoignait Monseigneur Joachim de Bacau, Evêque vicaire de l’Archevêché de Roman et de Bacàu, en qualité de délégué de Sa Béatitude le Père Daniel, Patriarche de Roumanie.

Dans la liturgie pontificale, on prie pour que l’Evêque „enseigne fidèlement la parole de la vérité”, afin que, dans la célébration de la Vérité, tous les membres du Corps mystique du Christ Tête de l’Eglise soient sanctifiés. Pour cette raison, celui qui reçoit la grâce de l’épiscopat est interrogé sur les dogmes de l’Eglise qu’il confesse selon sa propre conviction. Au sein de la prière de tous, l’évêque élu Ignace fut conduit sur l’aigle bicéphale – symbole épiscopal – par des prêtres proches de lui, en tenant le saint Evangile, qui apporte les paroles de la Vie. Et ainsi, le saint Evangile dans les mains, celui qui était appelé à la dignité épiscopale a donné la « bonne réponse », attestant l’enseignement de l’Eglise qui confesse la vraie foi par les paroles et par la vie. Ensuite, a commencé dans la Cathédrale la divine Liturgie.

L’assemblée des clercs et des fidèles progresse avec calme, portée par les prières de la divine Liturgie, jusqu’au moment de la chirotonie: le chant du Trisaghion. Après la bénédiction du Peuple par les hiérarques, Monseigneur Joachim donne lecture de l’acte synodal incluant la nomination à la dignité d’évêque vicaire pour le Diocèse d’Espagne et du Portugal. Le Révérend évêque élu Ignace est conduit par le bras pour entrer à nouveau dans le Saint des Saints et y être ordonné évêque. Il contourne la sainte Table conduit par le bras des hiérarques; au troisième tour, il s’agenouille devant la sainte Table, on lui pose l’Evangile sur la tête et les hiérarques lisent les prières de la chirotonie.

Moment unique et instants détachés du dôme de l’éternité, fleurs de l’Esprit qui descendent dans le cœur des croyants... Impressionnée par ces prières, une fidèle témoignera après la Liturgie que la grâce qu’elle a ressentie au moment de ces prières de la chirotonie, elle ne l’avait jamais ressentie jusqu’alors, et que la réponse ne pouvait être que: Mon Père œuvre jusqu’à présent; et Moi également J’œuvre (Jean 5, 17). Une fois les prières terminées, le nouvel évêque reçoit les vêtements propres à son état sacerdotal: le saccos,2 l’omophore, 3 l’encolpion, 4 la mitre, 5 le bâton 6. Les autres insignes de la dignité épiscopale – le manteau (mandyas) et la crosse – lui seront donnés, selon la Tradition, à l’issue de la divine Liturgie. Mais, dès maintenant, le nouvel ordonné, Monseigneur Ignace, Evêque vicaire d’Espagne et du Portugal, reçoit la présidence de la célébration (ce qui souligne l’égalité de tous les évêques.)

A côté des hiérarques présents à ce grand événement, se trouvaient à célébrer des prêtres venus d’Angleterre et d’Irlande – les doyens Silviu Pufulete et Càlin Florea –, mais également de Roumanie – entre autres: le doyen Apostol Dumitru et le prêtre Ioan Friciu, venu du village natal de l’Evêque, et les prêtres Emil Maier et Ovidiu Bârsan de Târgu Muresh. Nous mentionnons seulement ceux-ci parce que ce sont eux qui ont conduit Monseigneur Ignace sur l’aigle bicéphale au moment de la confession de foi. Etait également adjoint à eux le prêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard, doyen de France.

A l’issue de la divine Liturgie furent données les allocutions : celle de Monseigneur Joachim, en tant que représentant de Sa Béatitude le patriarche Daniel, qui a offert en cadeau au nouvel évêque une croix de bénédiction; Monseigneur Timothée a souhaité la bienvenue à Monseigneur Ignace au sein du Synode métropolitain, mentionnant dans sa courte intervention que « dans notre communauté (du Synode) prédominent, en tout, l’amour et la coopération, et nous en remercions Monseigneur Joseph, qui est l’Ancien, notre starets, et à qui nous devons tous l’obéissance spirituelle ». Dans son propre discours, Monseigneur Joseph a insisté sur les quatre caractéristiques fondamentales du ministère dans la vie d’un évêque qui donne sa vie pour le peuple de Dieu: la douceur, le discernement, la fuite des mirages du pouvoir et l’amour. Il a montré que sans ces vertus « nous n’avons rien à chercher dans le ministère épiscopal ou dans le ministère presbytéral ».

Le moment vint de l’homélie du nouveau hiérarque. Monseigneur Ignace a rendu grâces au Dieu de Bonté qui l’a rendu digne de la grâce épiscopale, à sa mère qui l’a mis au monde et l’a élevé dans un amour et une sollicitude sans bornes pour la vie de l’Eglise. Ensuite des pensées pleines de reconnaissance furent exprimées à l’égard de celui qui a été son père spirituel et son évêque, Monseigneur André Andreicuts. Le lien qui les a unis dans l’amour fraternel au long des années est né de la sollicitude paternelle de Monseigneur André pour Monseigneur Ignace dès les bancs du séminaire. Il accompagna ensuite ses premiers pas dans le service sacerdotal, l’ordonnant diacre et prêtre pour la cathédrale du Couronnement à Alba Iulia. C’est encore de ses mains que Monseigneur Ignace reçut la grâce du monachisme. Ansi pour le nouvel évêque la paternité spirituelle s’est manifestée par sa formation intellectuelle, spirituelle, pastorale et missionnaire. Le témoignage de cette belle paternité a été fait par Monseigneur Ignace lui-même. Dans le cadre de ces allocutions lui furent offerts des cadeaux bien utiles dans son activité pastorale.

Comme l’Eglise recevait dans son ministère un nouveau hiérarque, les membres de l’Eglise – les fidèles – se sont souciés que celui-ci ne manque pas de vêtements épiscopaux. Avec beaucoup d’amour, son père spirituel, Monseigneur André, lui a offert les vêtements liturgiques dans lesquels il a été ordonné. De la part de Monseigneur Timothée, il a reçu un encolpion et un bâton pastoral, et de Monseigneur Silouane le manteau épiscopal. La crosse a été offerte par le Métropolite Joseph. Les membres de sa famille, les proches, ainsi que le recteur de la paroisse de son village natal, venus en grand nombre de Roumanie, lui ont exprimé leur hommage en lui offrant un autre jeu de vêtements épiscopaux. Les doyennés de Grande Bretagne et d’Irlande ont offert au nouveau hiérarque une mitre épiscopale. Il a également reçu une mitre de la part de Père Samuel Cristea, de la Cathédrale du Couronnement à Alba Iulia. Mais le don le plus précieux fut la prière de tous les participants en ce moment unique.

A cet événement étaient également présents des personnalités de l’Etat roumain: Monsieur Florin Vlad, premier collaborateur de l’ambassadeur de Roumanie à Paris, et Monsieur Radu Bàjenaru, ministre plénipotentiaire. Du village natal de Mgr Ignace, ont participé le maire de la commune de Bilbor, Monsieur Ilie Trif, et le directeur de l’Ecole, Madame Angela Stan.

A l’issue de la Liturgie, tous les présents reçurent la bénédiction de l’Evêque Ignace.

Les pèlerins ont joui à leur tour de l’amour des hôtes de la Cathédrale, qui leur avaient préparé une agape pour fêter l’événement.

Prêtre Adrian Iuga, Conseiller liturgique

Notes :

1. « Chirotonie » signifie « imposition des mains ». C’est le terme employé dans l’Eglise orthodoxe pour l’élévation d’un homme à la dignité d’évêque, de prêtre ou de diacre. Le terme latin d’ordination insiste sur l’accès à l’ordre hiérarchique et juridique, chirotonie souligne la dimension charismatique des ministères communiqués par le Saint Esprit quand l’Eglise l’invoque. Le terme « chirothésie », ou élévation des mains, est employé pour la collation des ministères mineurs.
2. Le saccos est une tunique droite symbolisant la conversion et l’humilité ; il rappelle – comme le manteau épiscopal ou mandyas – le manteau pourpre dont certains Judéens revêtirent le Christ par dérision avant de le conduire à la Croix. Les cloches qui boutonnent le saccos symbolisent la parole de Dieu, qui doit être annoncée par l’Evêque. Le nombre de 12 clochettes, 6 de chaque côté, qui boutonnent le saccos, rappelle la parole des 12 apôtres annonçant l’Evangile..
3. L’omophore – correspondant au pallium latin – est une large étole nouée en écharpe et considérée comme le symbole de la dignité épiscopale (le vêtement le plus ancien, comme l’appelle saint Simeon de Thessalonique) – signe de la brebis que le pasteur porte sur ses épaules.
4. L’encolpion est une médaille pectorale représentant le témoignage de la foi et la pureté de la sainte Croix. Quand il porte l’icône de la Mère de Dieu, il indique la puissance d’intercession et de protection qu’elle exerce. La Mère de Dieu symbolise l’Eglise orante. Il est circulaire ou oblong pour signifier l’universalité de la responsabilité épiscopale..
5. La mitre rappelle la couronne d’épines sur la tête du Sauveur : elle est dorée et rutilante, car les souffrances du Christ sont glorieuses. Elle rappelle également le suaire dont on voila sa tête avant de le mettre au tombeau. Elle est également un signe de la dignité royale du Sauveur et, en même temps, le signe de la dignité que le hiérarque reçoit du Sauveur, puisque l’Evêque est le célébrant principal des offices divins et des saints Mystères. La forme sphérique de la mitre indique la dimension universelle et cosmique du témoignage de la foi.
6. Le bâton pastoral est le « signe de l’autorité épiscopale à l’égard du troupeau du Logos » et de la responsabilité du père spirituel. Une signification analogue est celle de la crosse épiscopale.

La chirotonie épiscopale du père Ignace Trif

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