Ajouté le: 3 Juin 2011 L'heure: 15:14

Fragments neptiques (juin 2011)

Fragments neptiques (juin 2011)

Il était une fois, une petite cité de peu d’habitants, et qu’un célèbre roi partit conquérir. Il fit ériger alentour une forteresse. Dans cette cité se trouvait un homme pauvre et sage, qui sauva la ville par sa sagesse. Et personne ne se souvint de ce pauvre homme. Et j’ai dit: « La sagesse vaut mieux que la force; mais la sagesse du pauvre est méprisée, et ses paroles ne sont pas écoutées. »

Ecclésiaste IX, 14-16

Une intelligence élémentaire est un devoir. Et la bêtise est une tentation. L’ignorance, l’abrutissement, la traversée aveugle de la vie et des choses, ou la traversée indifférente, tous sont du diable. Le Samaritain n’a pas seulement été bon et attentif: il a su voir.

Nicolae Steinhardt, Journal de la félicité

La voie de la connaissance est l’impassibilité et l’humilité sans lesquelles personne ne verra le Seigneur.

Saint Hésychius le Sinaïte, Philocalie

Maxime, un saint grec du IV° siècle, entend lire un jour à l’église le passage de l’épître de saint Paul dans lequel l’apôtre recommande de prier sans cesse. Le jeune homme en est si frappé qu’il pense n’avoir rien de mieux à faire que de suivre ce conseil. En quittant l’église, il gagne les montagnes toutes proches et se met en devoir de prier sans cesse. Comme tout paysan grec de l’époque, il connaît tout juste le Notre Père et quelques autres prières. Il commence donc à les réciter sans arrêt. Il se sent, sur le moment, très heureux. Il prie, il est avec Dieu, il est ravi, tout semble merveilleux jusqu’à ce que, graduellement, le soleil disparaisse à l’horizon; le froid et la nuit ne tardent pas à descendre et, avec la nuit, une foule de bruits inquiétants se font entendre: craquement des branches sous les pattes des fauves aux yeux flamboyants, lutte entre les bêtes sauvages, les plus fortes tuant les plus faibles, etc. Il se sent alors véritablement seul, pauvre petite créature sans défense dans un monde où règne le danger, la mort, le carnage; il comprend qu’il est perdu si Dieu ne lui vient pas en aide. Délaissant le Notre Père et le Credo, il fait exactement comme Bartimée, il s’écrie: « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi! » Il crie de la sorte toute la nuit car les fauves et les yeux flamboyants ne lui permettent pas de fermer l’œil...

Des années plus tard, il rencontre un ascète très âgé et plein d’expérience qui lui demande comment il a appris à prier sans cesse. Maxime lui répond: « Je pense que c’est le diable qui me l’a enseigné. » Le vieillard dit: « Je crois comprendre ce que tu veux dire, mais je voudrais être sûr de ne pas me tromper. » Maxime lui explique comment il s’est habitué peu à peu à tous les bruits et à tous les dangers du jour et de la nuit. Mais des tentations se sont alors abattues sur lui : tentations de la chair, tentations de l’esprit, de la sensibilité et, un peu plus tard, les attaques encore plus violentes du démon. Finalement, il ne se passait plus un seul moment, du jour ou de la nuit, sans qu’il soit en train d’appeler Dieu en lui criant: « Aie pitié, aie pitié, au secours, au secours, au secours! » Puis, un beau jour, au bout de quatorze années de cette vie, le Seigneur lui est apparu; à l’instant même le calme, la paix, la sérénité l’habitèrent. Il ne lui est resté aucune crainte ni des ténèbres, ni des ronces, ni du diable: le Seigneur était devenu maître de la situation. « J’avais enfin compris, poursuit Maxime, que tant que le Seigneur n’intervient pas lui-même, je suis irrémédiablement, totalement impuissant. Aussi, même au sein de la sérénité, de la paix et de la joie, j’ai continué à dire: Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi! » Il savait désormais qu’il n’y avait de paix du cœur et de l’esprit, d’apaisement de la chair et de rectitude de la volonté, ailleurs que dans la miséricorde divine.

Métropolite Antoine (Bloom), L’école de la prière

Les grandes vêpres qui suivent la liturgie de la Pentecôte comprennent trois prières de saint Basile. La troisième prie pour tous les morts depuis la création du monde. Une fois l’an, l’Eglise prie même pour les suicidés... La charité de l’Eglise ne connaît pas de limites, elle porte et remet le destin des révoltés entre les mains du Père et ces mains sont le Christ et l’Esprit Saint. Le Père a remis tout jugement au Fils de l’Homme et c’est le « jugement du jugement », le jugement crucifié. « Le Père est l’Amour crucifiant, le Fils est l’Amour crucifié, et l’Esprit Saint est la puissance invincible de la Croix. » Cette puissance éclate dans les souffles et les effusions du Paraclet, de Celui qui est « auprès de nous », qui nous défend et nous console.

Il est la joie de Dieu et de l’Homme. Le Christ ne nous demande que de nous en remettre totalement à cette Joie: « Je m’en vais pour vous préparer une place... Je reviendrai vous prendre avec moi afin que, là où Je serai, vous y soyez avec moi » (Jn 14, 2-3). « Dieu use de patience envers nous tous, ne voulant qu’aucun ne périsse... quelles ne doivent être votre sainteté et votre prière, attendant et hâtant l’avènement du jour de Dieu » (2 Pi 3, 9 et 11). C’est que ce Jour n’est point un but seulement, ni le terme de l’Histoire, ce Jour est le mystère de Dieu en plénitude.

Paul Evdokimov, L’amour fou de Dieu

Sélection des textes : Daniel Chira, Londres

Fragments neptiques (juin 2011)

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