Ajouté le: 15 Avril 2011 L'heure: 15:14

La croix, chemin du paradis

La croix, chemin du paradis

Ce troisième dimanche de carême, ainsi que pendant la Semaine Sainte, l’Eglise met devant nos yeux la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Souvenons-nous que la croix est d’abord une invention horrible que le Diable a inspiré à l’homme pour tuer son frère et l’avilir. Mais, avec le Christ, la croix devient une voie, la Voie qui sauve et réintroduit l’homme au Paradis.

Nous confessons, avec l’Eglise, que le Christ, selon les Ecritures, a accepté librement de mourir sur la Croix par obéissance à son Père. Oui, mais attention ! Ne faisons pas d’erreur d’interprétation, une erreur monstrueuse en comprenant que le Père a voulu que son Fils soit crucifié. Ecartons de notre esprit cette pensée impie, blasphématoire et absurde, plus ou moins répandue chez trop de chrétiens. Une pensée qui fait de Dieu un despote meurtrier, même si l’on n’ose le dire ouvertement, une pensée qui ne peut que distiller dans le cœur le ressentiment, la haine et la révolte contre Dieu. En tous cas, aucunement l’amour, la confiance et l’espérance. Cette pensée n’est autre que du paganisme.

Le Père n’a jamais voulu que son Fils bien-aimé souffrit de quelque mort que ce soit. Comme, d’ailleurs, il n’a jamais voulu la souffrance de qui que ce soit. Pas même d’un insecte. Dieu est absolument pur de toute méchanceté. L’Apôtre Jean nous dit qu’il est Amour. Cela devrait nous suffire quelles que soit les difficultés que cela puisse poser dans la réflexion sur le thème du mal, de l’enfer, de la souffrance des innocents, de la toute puissance de Dieu, etc… Ce que le Père n’a jamais cessé de vouloir c’est que tout homme soit sauvé et parvienne à la vie bienheureuse. Sauvé par pure miséricorde. Cette volonté du Père, le Fils ne pouvait que la faire sienne. C’est pourquoi il est venu en ce monde. Le Christ est venu annoncer cette bonne nouvelle du salut miséricordieux du Père. Le problème est que cette bonne nouvelle ne pouvait que heurter de plein fouet les autres conceptions de Dieu et du Salut que partageait le monde, y compris le monde religieux de son temps (comme aussi du nôtre). La bonne nouvelle de l’Evangile ne pouvait que provoquer l’ire des puissances infernales qui par le mensonge tiennent le monde en esclavage. « Le monde entier git au pouvoir du Malin » (St Jean). Mais le Christ Jésus, missionné par le Père, n’a pas reculé pour témoigner du Dieu vrai et véritable et de l’infini dignité de l’homme. Il n’a pas renoncé à sa mission, habité qu’il était par la compassion du Père pour toute la création souffrante et aliénée, il n’a pas reculé, quel qu’en fût le prix. Le prix de sa persévérance fut sa mort, l’une des plus cruelles qui soit, celle de la croix. Cela il le savait trop bien. C’est avec angoisse, au point de suer du sang, qu’il acceptat la volonté du Père, volonté de voir son fils accomplir sa mission jusqu’au bout. Jésus ne s’est pas dérobé à l’épreuve car sa communion avec le Père était parfaite et absolue et son amour pour nous sans faille. Ainsi, l’obstacle posé par le Diable pour faire échec à l’œuvre de Dieu était surmonté. La croix était devenue l’instrument d’une victoire totale sur les Puissances adverses et démoniaques. La voie était ouverte à toute chair souffrante et prisonnière. La croix n’était plus malédiction mais bénédiction.

« Je ne veux connaître que Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié » écrivait l’Apôtre Paul.

L’Archimandrite Jacob Souvenons-nous sans cesse de cet amour héroïque de Jésus, le Témoin fidèle et soyons en paix avec le Père qu’on ne peut soupçonner d’aucune cruauté envers son Fils, car le fils n’a fait que témoigner de la tendresse infinie du Père pour les hommes.

Enfin, souvenons-nous que la voie empruntée par le Christ est la voie chrétienne, la voie chrétienne normale de qui veut le suivre. « Le disciple n’est pas plus grand que son maître… ».

Quel que soit le prix à payer le disciple est invité à demeurer fidèle à la vérité qui est amour jusqu’à abnégation de soit. Cette voie est héroïque, certes, aussi nul n’est obligé de l’emprunter (et encore moins habilité à la proposer aux autres) si ce n’est celui à qui cela est demandé par révélation intérieure.

Puisse cette vocation ne pas nous effrayer nous qui avons été marqué du signe de la croix. Ne nous laissons pas effrayer par le prix. Tous nous perdrons notre vie et serons soumis tôt ou tard à la souffrance. A nous de faire le bon calcul pour retrouver,  notre vie, par la grâce de Dieu, comme nous y invite le Seigneur. Gardons la paix ! Ne cessons pas de contempler ce grand mystère, la croix glorieuse de Jésus. Célébrons-la avec reconnaissance et Dieu nous accordera au moment qui lui plait la grâce de nous engager avec confiance sur la voie de la croix et retrouver ce Paradis que nous n’aurions jamais dû quitter.

« Souviens-toi de moi Seigneur lorsque tu entreras dans ton Royaume » s’écrie le bon Larron crucifié. Jésus lui réponds : « Je te le dis, aujourd’hui même tu seras avec moi dans le Paradis. »

Gloire à toi ô croix glorieuse de notre Seigneur Jésus-Christ, signe efficace de notre victoire ! Voie très sûre et vraie du Paradis, le Christ ressuscité source de notre pleine assurance en l’amour miséricordieux de notre Dieu et Père ! Amen.

L’Archimandrite Jacob 

La croix, chemin du paradis

Les dernières Nouvelles
mises-à-jour deux fois par semaine

Publication de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale

Publication de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale

Le site internet www.apostolia.eu est financé par le gouvernement roumain, par le Departement pour les roumains à l'étranger