Ajouté le: 7 Mars 2011 L'heure: 15:14

Homélie pour le dimanche de carnaval par St Nikolaï Velimirovic (extraits)

(…) « En vérité , Je vous le dis, toutes les fois que vous avez fait cela à un seul des plus petits parmi Mes frères que voici, c’est à Moi que vous l’avez fait. »

(Mat. 25, 31-46)
 

Homélie pour le dimanche de carnaval par St Nikolaï Velimirovic (extraits)

Toute cette explication a un double sens: l’un extérieur et l’autre intérieur. Le sens extérieur est clair pour chacun. (…)

Le sens intérieur a à faire avec le Christ à l’intérieur de nous-mêmes. Dans toute pensée pure de notre esprit, dans tout noble sentiment de notre cśur, dans toute aspiration élevée de notre âme à l’égard de l’accomplissement du bien, le Christ Se révèle Lui-même à l’intérieur de nous-mêmes par la puissance du Saint Esprit. Il nomme toutes ces pensées pures, tous ces nobles sentiments et ces aspirations élevées, Ses petits frères, ou Ses plus petits, parmi Ses frères. Il les nomme ainsi parce qu’ils sont en nous d’une telle insignifiante minorité comparés au vaste champ de déchets mondains et du mal en nous. Si notre esprit est affamé de Dieu, et que nous le nourrissions, nous avons nourri le Christ en nous ; si notre cśur est dépouillé de toute bonne et noble chose qui est de Dieu, et que nous l’en vêtissions, nous avons vêtu le Christ à l’intérieur de nous-mêmes ; si notre âme est malade et prisonnière de notre être mauvais, de nos mauvaises actions, et que nous nous souvenions d’elle et la visitions, nous avons visité le Christ à l’intérieur de nous-mêmes. En bref, si cet autre être à l’intérieur de nous, qui, une fois s’est fait gloire d’y prendre place, et qui représente l’homme droit, est subjugué et humilié par le mal et l’homme pécheur en nous, et que nous donnions protection à cet homme droit, nous protégeons le Christ à l’intérieur de nous-mêmes. Cet  homme droit à l’intérieur de nous est très, très petit, et le pécheur en nous est un véritable Goliath. Mais cet homme droit en nous est le petit frère du Christ, et le pécheur en nous est l’ennemi-Goliath du Christ. Si, donc, nous protégeons l’homme droit en nous, si nous le libérons, le fortifions et l’amenons à la lumière ; si nous l’élevons au-dessus du pécheur, de sorte qu’il domine complètement le pécheur et que nous puissions dire avec l’Apôtre Paul : « Si je vis, c’est Christ qui vit en moi » (Ga. 2, 20) – alors serons-nous appelés bénis, et nous entendrons les paroles du Roi au Jugement Dernier : « Venez  vous les bénis de Mon Père, entrez en possession du Royaume préparé pour vous  depuis la création du monde. »

Mais à ceux qui sont à Sa gauche, le Juge dira : « Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. » Le jugement est terrible, mais il est juste. Et ainsi le Roi appelle-t-Il les justes à Lui et leur donne le Royaume, cependant qu’Il écarte les pécheurs de Lui et les envoie au feu éternel, dans la mauvaise compagnie du diable et de ses serviteurs. ( St Basile le Grand, dans son traité „Sur le Jugement Dernier” – no 14 – dit : « S’il y a une fin au tourment éternel, il s’ensuit alors qu’il y a une fin à la vie éternelle. Mais, comme il est impossible d’imaginer une fin à la vie éternelle, comment est-il possible d’imaginer une fin au tourment éternel ? ») Ce que le Seigneur ne dit pas est très important : que le feu éternel est préparé pour les pécheurs depuis la fondation du monde, comme le Royaume l’est pour les justes. Qu’est-ce que cela signifie ? Il est absolument clair que le Seigneur a préparé le feu éternel seulement pour le diable et ses anges, et qu’Il a préparé le Royaume pour tous les hommes depuis la fondation du monde. Car Dieu veut que tous les hommes soient sauvés (I Tim. 2, 4 ; Mat. 18, 14 ; Jn. 3, 16 ; II Pi. 3, 9 ; Is. 45, 22), et qu’aucun ne périsse. C’est pourquoi, Dieu n’a pas voulu que les hommes périssent mais soient sauvés ; de même, n’a-t-Il pas préparé d’avance le feu du diable pour eux, mais Il a préparé Son Royaume, et seul ce dernier. De tout cela ressort clairement que ceux qui disent d’un pécheur : „il est prédestiné à être pécheur”, s’égarent dans leur manière de penser. Serait-il ainsi prédestiné que cela viendrait non de Dieu mais de l’homme lui-même. Que ce ne lui soit pas prédestiné par Dieu, réside dans le fait que Dieu n’a préparé à l’avance aucune sorte de place de tourment pour les hommes, mais seulement pour le diable. Par conséquent, au Jugement Dernier, le juste Juge n’aura pas de place où envoyer les pécheurs sinon celle du sombre royaume du diable. Et que c’est en Sa justice que le Juge les y envoie, est clair selon le fait que, durant leur vie terrestre, ils se sont justement détournés de Dieu, et se sont donnés au service du diable.(…)

L’entier de cette vie terrestre qui est nôtre n’est qu’un pâle reflet de la vie – la vie réelle, la vie dans sa plénitude – dans le Royaume de Dieu ; comme toute souffrance sur terre n’est qu’un pâle reflet du terrible tourment des pécheurs en enfer. (Dans les « Apophthegmata Patrum », – collection alphabétique des Paroles des Pères du Désert – nous lisons : Ils demandèrent à un fameux Ancien : « Comment, Père, supportes-tu si patiemment de tels labeurs? » L’Ancien répondit : « Toutes mes peines en cette vie n’égalent pas un seul jour de tourment  »). La vie sur terre – aussi sublime puisse-t-elle être – est mêlée au tourment, car ici-bas il n’y a pas de plénitude de vie ; comme le tourment sur terre – aussi grand puisse-t-il être – est mêlé à la vie.

Mais au Jugement Dernier, la vie sera séparée du tourment. Et l’une et l’autre seront éternels. Ce que cette éternité signifie ne peut être saisi par notre entendement humain. A celui dont le délice sera un moment de contemplation de la face de Dieu, il semblera qu’il ait duré des milliers d’années ; et à celui qui sera tourmenté un seul instant par le diable en enfer, il lui semblera  comme des milliers d’années. Car il n’y aura plus de temps tel que nous le connaissons – le rythme du jour et de la nuit – mais il y aura un certain jour, qui sera connu du Seigneur ( Zc. 14 , 7 ; cf. Apo. 22, 5). Il n’y aura pas d’autre soleil que Dieu, et ce soleil ne se lèvera ni ne se couchera, comme si l’éternité devait se compter en jours tel le temps maintenant évalué. Les bénis évalueront l’éternité dans les termes de leur joie, et les pécheurs tourmentés dans les termes de leurs tourments.

Ceci, par conséquent, est comment le Seigneur Jésus Christ a parlé du dernier  et plus grand événement qui doit prendre place dans le temps, à la lisière du temps et de l’éternité. Et nous croyons que tout cela se passera au pied de la lettre, d’abord parce que toutes les autres prédictions que le  Christ a faites se sont passées au pied de la lettre, et deuxièmement parce qu’Il est notre plus grand Ami et Le Seul véritable Amant de l’humanité – et dans l’amour parfait, il n’y a ni fausseté ni erreur. Le parfait amour contient la vérité parfaite. Si tout cela ne devait pas se passer, Il ne nous l’aurait pas dit. Mais Il l’a fait, et cela arrivera. Mais Il ne nous l’a pas dit pour montrer Son savoir aux hommes. Non ; Il n’a pas cherché de gloire auprès des hommes (Jn. 5, 41). Il nous a tout dit pour notre salut. Celui qui a de l’entendement, et qui confesse le Christ comme Seigneur, peut réaliser qu’il a besoin de savoir afin d’être sauvé. Car le Seigneur ne fit rien, ne dit pas une parole, ne permit rien de ce qui Lui arriva pendant Sa vie terrestre qui ne fût pour notre salut.

Soyons donc sages et sobres, en gardant toujours l’image du Jugement Dernier devant nos yeux spirituels. Cette image a déjà détourné bien des pécheurs du chemin de perdition vers celui du salut. Notre temps est bref, et quand il n’y en aura plus, il n’y aura plus de repentance. Par notre vie en ce temps bref, nous devons prendre la décision qui sera déterminante pour nous en l’éternité : serons-nous placés à la droite, ou à la gauche du Roi de gloire ? Dieu nous a donné une tâche passagère et simple, mais la récompense et la punition sont vastes, allant bien plus loin que le pouvoir d’une langue humaine à les exprimer.

Ne gaspillons donc pas un seul jour, car chaque jour pourrait être le dernier, le décisif ; chaque jour pourrait apporter la destruction de ce monde et l’aube du Jour – si- longtemps – attendu. (St Grégoire le Diologuiste dit : « Il est écrit : „Ne savez – vous pas que l’amour du monde est inimitié de Dieu ?” (Jcq. 4, 4). Il s’ensuit que celui qui ne se réjouit pas de la fin approchante du monde montre qu’il est son ami, et par conséquent l’ennemi de Dieu. Mais de telles pensées sont loin des fidèles, de ceux qui savent par la foi qu’une autre vie existe et qui la désirent véritablement. » ( Homélies sur l’Evangile, livre I, Homélie I : « Sur les Signes de la Fin du Monde »). Puissions-nous avoir honte le Jour de la Colère de Dieu ; devant le Seigneur et devant les armées de Ses Anges et devant les nombreux billions de justes et de saints. Puissions-nous ne pas être séparés à jamais du Seigneur, et de Ses anges et de Ses saints, et de nos proches et de nos amis qui seront à Sa droite. Mais, ensemble, avec les armées innombrables et resplendissantes des anges et des justes, puissions-nous chanter l’hymne de joie et de victoire : « Saint, saint, saint est le Seigneur Sabbaoth ! Alléluia ! ». Puissions-nous, ensemble avec toutes les armées célestes, glorifier notre Sauveur et Seigneur, le Fils, ensemble avec le Père et le Saint Esprit – Trinité consubstantielle et indivisible, pour toute l’éternité.

Amen.

Traduit de l’Anglais (Version de Mother Maria) par Anne Monney

Homélie pour le dimanche de carnaval par St Nikolaï Velimirovic (extraits)

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