publicat in De la vie des paroisses pe 6 Novembre 2010, 10:14
C’était en Novembre 2007 et, à la suite d’un triste événement survenu à Rome et dont la presse avait beaucoup parlé, les journaux italiens avaient promu une campagne hostile au peuple roumain. Malheureusement, à Terni aussi, les citoyens roumains avaient dû faire face à beaucoup de manifestations de haine, même si ces personnes n’avaient point été impliquées dans les événements de Rome. Des discours, des messages sur les murs, et surtout un climat de méfiance et de crainte, semblaient avoir érigé un mur entre les deux communautés qui avaient toujours vécu dans la paix et la fraternité.
Notre communauté catholique de Sainte Croix se trouve dans le même quartier que l’église de Saint Alò, église dans laquelle se réunit en prière la communauté orthodoxe roumaine. Ce climat odieux nous a poussé à nous poser des questions, car on avait des rapports d’amitié solides avec beaucoup de roumains: certains d’entre eux étaient accueillis dans notre maison dédiée aux personnes en situation précaire, d’autres étaient aidés de manière continue par la paroisse, qui a l’habitude de donner des aliments et des vêtements aux nécessiteux. On avait d’excellents rapports avec le père Vasile, recteur de la paroisse orthodoxe roumaine, et avec tant d’autres chrétiens roumains, qu’on salue le dimanche tandis que chacun se dirige vers son église pour la célébration de la Divine Liturgie, les deux églises étant très proches l’une de l’autre.
On s’est dit qu’on ne pouvait pas accepter que le mal engendre une rupture tellement injuste et odieuse entre les disciples du Christ et les concitoyens de la même ville, unis dans leur effort de construire un futur meilleur pour eux et leurs familles.
Nous avons alors décidé d’accomplir un geste qui fasse comprendre aux habitants de la ville qu’aucun mur ne peut séparer les frères des frères et les sœurs des sœurs, car les Saints Mystères du Christ, consacrés et vénérés dans nos deux Églises Sœurs nous réunissent dans l’unique corps mystique des fils de Dieu.
En accord avec le père Vasile nous avons célébré la Divine Liturgie chacun dans son église ; après l’office, la communauté catholique de Sainte Croix est partie en procession vers l’église Saint Alò afin de clôturer les célébrations avec les bénédictions données ensemble par les recteurs des deux communautés.
Avec des mots simples et surtout par notre présence pleine d’amour, nous avons voulu témoigner le fait que rien ne peut séparer les disciples du Christ et qu’aucune campagne haineuse et raciste ne peut détruire le respect et l’affection que se portent de braves citoyens de notre ville de Terni.
La petite procession précédée par la croix et les enfants du catéchisme a construit un pont solide d’amour et de prière qui a détruit pour toujours tout mur de division et qui a uni les communautés de Sainte Croix et de Saint Alò dans le peuple unique des fils de Dieu.
don Roberto Cherubini,
Recteur de l’église Sainte Croix
www.santacroceterni.blogspot.com
Vers la fin de l’année 2007, après le meurtre à Rome d’une femme italienne commis par un citoyen roumain d’origine rrome (le „célèbre” cas Mailat), toute l’Italie semblait haïr les roumains. Le dimanche 12 novembre, Don Roberto, accompagné par un autre prêtre catholique et tous les fidèles de leur paroisse, habillés en vêtements liturgiques, avec l’Evangile à la main et des bannières, sont venus, à la fin de leur Divine Liturgie, dans notre église – qui se trouve à environ 500 m de la leur - afin de nous encourager et nous soutenir dans la situation difficile et honteuse dans laquelle l’accident sus-mentionné avait plongé tous les roumains. Les fidèles italiens ont embrassé les nôtres, et Don Roberto nous a adressé une parole d’encouragement, en disant qu’ils sont venus nous voir pour nous assurer que pour eux on n’est pas tous des délinquents ou des gens de bas niveau, comme le soutenait une partie de la presse italienne; pour eux on est des frères dans le Christ, qui s’occupent de leurs enfants et de leurs vieux, et une richesse pour la ville qui nous a accueillis. En signe de son respect il nous a offert, à cette occasion, un médaillon avec plusieurs reliques de saints martyrs: Saint Stéphane, Saint Laurent, Saint Longin, Saint Marcel et Saint Mansuet. Ces saintes reliques se trouvent actuellement dans notre église, sous un baldaquin en chêne sculpté, à côté d’autres reliques que j’ai ramené de Roumanie: Saint Nicolas, Saint Basile le Grand, Saint Michel le Confesseur, Saint Minas, les Saints Martyrs du Sinai et de Rait et Saint Jean le Chozébite
Père Vasile Andreca, Terni