Saint Éloi (Sant’Alò) – le Saint patron de la paroisse orthodoxe roumaine de Terni

publicat in De la vie des paroisses pe 6 Novembre 2010, 10:07

La Vie des Saints du premier millénaire du christianisme nous fournit des informations exactes, quoiqu’incomplètes, sur la vie de Saint Éloi (Sant’Alò). On apprend que Saint Éloi est né à Limoges, en France, en 590 ap. JC, au sein d’une famille gallo-romaine et que, très tôt ses parents décident de l’envoyer comme apprenti chez un orfèvre (bijoutier) nommé Abbon pour qu’il s’initie à cet art. Son maître avait une telle renommée dans le travail des métaux que la famille royale elle-même lui confiait divers travaux y compris la frappe de monnaie. Il paraît que le jeune Éloi aurait appris si vite et si bien ce métier que le trésorier du roi Clotaire II (589-629 AD) l’appela à Paris pour qu’il se mette au service du roi.

C’est à cette époque-là que commence la grande aventure à la fois humaine et artistique du « summus aurifex » (le meilleur des orfèvres) qu’est devenu Saint Éloi.

La première tâche qu’il se voit confier est celle d’orner en or massif le trône royal. Pour cela, le roi met à sa disposition une quantité importante d’or. Éloi parvient à en faire un travail magnifique et, comme il lui reste encore de l’or, il en fait un deuxième trône royal, aussi beau et aussi somptueux que le premier. Ceci montre non seulement son habileté artistique mais aussi son extraordinaire honnêteté et ne passera pas inaperçu aux yeux du roi. C’est ainsi que le roi Clotaire II confie à Éloi d’autres travaux encore plus importants et le nomme ensuite trésorier royal, confiance et dignité dont il continuera de jouir sous le roi Dagobert (629-639).

Ce dernier lui confie les travaux d’ornementation de la tombe de Saint Denis, le patron de la ville de Paris, puis des châsses de Saint Martin, le patron de la monarchie française et de Saint Quentin et d’autres objets sacrés et profanes, calices, couronnes et bijoux précieux. Il devient ainsi riche, mais cette richesse lui sert à faire des œuvres de bienfaisance: il rachète des esclaves, il fait construire des monastères, des centres de culture et des maisons de charité.

En 636, le roi Dagobert l’envoie en Bretagne avec une mission diplomatique et Saint Éloi se montre encore une foi à la hauteur de la confiance qui lui a été accordée.

Après la mort du roi Dagobert (639), en suivant sa vocation intime, Éloi se consacre exclusivement à la vie monastique, et est ensuite consacré évêque de Tournai.

Il meurt en 660 pendant une mission en Belgique, et ses reliques reviendraient plus tard à la ville de Noyon. Peu après sa mort, il est reconnu comme saint, son culte se répand rapidement en France et en Belgique, où il devient assez vite le patron des bijoutiers et des forgerons.

En Italie, on doit son culte à Charles Ier d’Anjou, roi de Naples, qui fit construire une église en l’honneur du Saint en 1270. Saint Éloi devient connu relativement vite dans toute l’Italie Centrale, là aussi en tant que patron des bijoutiers et des forgerons.

De nos jours, en Italie Centrale notamment, il existe plusieurs églises consacrées au Saint d’origine française, Éloi, dont l’église de la communauté orthodoxe roumaine de Terni qui nous a été gentiment mise à disposition par Monseigneur Vincenzo Paglia, évêque de Terni-Narni-Amelia.

Prêtre Vasile Andreca,
Paroisse de Saint Éloi et de Sainte Parascève de Terni, Italie