Ajouté le: 10 Septembre 2010 L'heure: 15:14

Les pèlerins AXIOS – 2010

Arrivé à sa troisième édition, le pèlerinage AXIOS de cette année a réuni un petit groupe de pèlerins, orthodoxes pour la plupart, en provenance de France, d’Italie, des États-Unis, accompagnés par Monseigneur Marc de Neamţ. Ils ont passé presque deux semaines dans la région de Maramureş. Le pèlerinage a commencé et s’est achevé à Cluj et il a été parsemé de rencontres avec des prêtres, des moines, des habitants des lieux… Les pèlerins ont visité les monastères de Bârsana, Botiza, Rohia, Săpânţa, les huit églises en bois classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, ainsi que les maisons de quelques artisans.

Les pèlerins AXIOS – 2010

Les organisateurs étaient des volontaires, et le profit obtenu grâce à ce pèlerinage a été utilisé pour les projets éducatifs développés par l’association AXIOS dans deux orphelinats de Roumanie1. Les pèlerins ont pu visiter un de ces deux orphelinats, qui fonctionne auprès du monastère de Dumbrava, dans le département d’Alba, ayant ainsi l’occasion de rencontrer les enfants qu’ils ont aidé de manière indirecte.

Mais ce sont les mots des participants qui décrivent le mieux ce pèlerinage...

Un mois après le pèlerinage AXIOS, mon souvenir le plus marquant reste la Divine Liturgie célébrée dans la nature au monastère de Rohia, le dernier dimanche passé en Roumanie. Lorsque Monseigneur Marc est sorti avec les Saints Dons, des larmes ont jailli de mes yeux, comme jamais auparavant pendant une Liturgie; à ce moment-là j’ai compris clairement que les seuls obstacles pouvant exister entre moi-même et la grâce de Dieu, ce sont des obstacles que je crée moi-même.

Le même après-midi nous avons eu le privilège de rencontrer Monseigneur Justinien de Maramureş; sans qu’on lui ait posé aucune question, il nous a confessé que pendant la Liturgie il a eu la certitude que Dieu a pardonné les péchés du monde entier. Alors mon coeur et mes yeux ont à nouveau éclaté en sanglots, et cette pensée s’est nichée dans ma tête pour le restant de mes jours.

Ce que j’ai vécu à Rohia a eu cet effet sur moi car au début de ce pèlerinage nous avons pu bénéficier de deux rencontres spirituelles « à but instructif », les conversations avec le père Ciprian de Cluj et les débats spontanés avec le père Gheorghe, ayant eu comme point de départ les fresques de la petite église en bois du monastère de Bârsana. Qu’on veuille le reconnaître ou non, ces deux prêtres ont un intellect très alerte qui fonctionne parfaitement, tout en étant guidé et sanctionné par l’esprit. Pour moi, tous les deux sont des exemplifications vivantes de la manière dont cette « subordination » fonctionne chez l’homme. Cela a été très utile de commencer le pèlerinage après les paroles confiées par le père Ciprian, qui disait que, si l’on permet au Christ d’être au centre même de notre vie, alors Il va guérir toutes les maladies dont souffre notre ego, car Il est tout-puissant, Il sait tout, on peut Lui faire pleinement confiance, car Il est disponible pour chacun d’entre nous et car en L’accueillant dans nos âmes, Il peut apaiser les tempêtes qui y font des ravages. (Quand on parle de guérison, on le fait du point de vue du Royaume céleste, et non pas du point de vue de la psychologie moderne – aspect particulièrement important pour moi, ex-protestante!).

Les commentaires du père Gheorghe à propos des icônes, ainsi que ses récits sur la vie de la paroisse, avaient toujours le Christ comme centre.

L’intensité de toutes ces expériences a été en équilibre avec la beauté naturelle des lieux, où l’on était tellement proches des éléments du monde créé par Dieu. On a reçu avec joie la leçon de vie que nous ont donnée les gens qui vivent des fruits de leurs travail: les agriculteurs, les menuisiers et les sculpteurs en bois, des femmes qui teintent la laine et qui tissent. Nous avons reçu après le message du mémorial de Sighet. En réponse à l’idée que « la plus grande victoire du communisme – une victoire révélée dramatiquement après 1989 – a été la création de l’homme sans mémoire, de l’„homme nouveau”, au cerveau lavé, à qui il était interdit de se rappeler le passé, ni ce qu’il a vécu, ni ce qu’il a eu, ni ce qu’il a fait avant l’arrivée du communisme », le Centre International d’Études sur le Communisme construit et redécouvre la mémoire. Pour un pèlerin américain, habitué aux monuments commémoratifs, tant l’aspect du lieu que l’atmosphère lui étaient familière. La plupart du temps passé là-bas je n’ai pas pu m’arrêter de pleurer...

Et, chose non-négligeable, nous avons trouvé, dans le village de Botiza, le „tapis volant”. Et l’on a surtout trouvé celle qui l’avait tissé, qui nous a confié que la „mission” qu’elle s’était fixée était la redécouverte des techniques traditionnelles de préparation et de teinture de la laine, ainsi que la redécouverte des motifs inspirés par le folklore de la région. Ce tapis magnifique est une preuve tangible de tout ce qu’on a reçu et vécu pendant le pèlerinage de cette année.

Emily Sprague, Pennsylvanie, Etats Unis

 

Tout d’abord, un grand merci à ceux visibles et invisibles qui nous ont offert ce merveilleux pèlerinage, à ceux qui ont formé ce petit groupe sympathique.

J’ai du mal à trouver les mots pour exprimer mes impressions, et suis revenue avec une montagne de souvenirs...

Moments de détente en regardant ces dames danser au son de la musique diffusée sur la place de Cluj en attendant de pouvoir entrer dans la cathédrale (il y avait un mariage en cours). Le voyage dans ce charmant petit train à vapeur, qui nous a joué un tour : une roue est sortie des rails ! Un beau spectacle de chants et danses. Une soirée avec des éleveurs de brebis qui nous ont fait déguster le bon fromage roumain. Visite d’un marché de chevaux et du pittoresque cimetière joyeux.

Moments de découverte de quelques activités artisanales : sculpture sur bois, tissage, peinture d’icônes sur verre. Les artistes nous ont gentiment montré leur manière de travailler. Promenade dans un village reconstitué avec d’anciennes maisons et autres bâtiments ce qui nous a permis de plonger dans la vie d’antan.

Moment difficile au Mémorial de Sighet. C’est inouï ce que l’homme peut faire à ses semblables pour faire passer ses idées !

Accueil chaleureux et confortable dans les monastères. Ces moments nous ont permis de participer à de magnifiques Liturgies dominicales en plein air parmi la foule impressionnante des participants. A Rohia, nous avons pu rencontrer Monseigneur Justinien, personnage « haut en couleur », si je peux m’exprimer ainsi. Agé de 89 ans, avec des yeux pétillants, beaucoup d’humour et de caractère, il nous a tenus en haleine avec ses souvenirs, ses instructions.

Rencontre avec les enfants de l’orphelinat, qui se sont précipités sur nos appareils photo pour jouer avec. Et après les avoir rendus, les séances « photo-souvenir ». Un moment de jeux avec certains d’entre eux.

En résumé, j’ai reçu beaucoup, j’ai aimé ce pays que je ne connaissais pas. Je reviens avec un rêve : y retourner l’année prochaine.

Olga Liachenko, Paris, France

 

« Il y a un moment pour tout et un temps pour toute chose sous le ciel. » (L’Ecclésiaste 3, 1)

Après le pèlerinage je me suis à nouveau immergée dans ma réalité quotidienne (mon activité professionnelle), enrichie par cette expérience. J’ai vécu intensément ce temps, immergée dans un monde de silences vertigineux, de chants idylliques, de couleurs volées à la palette d’un peintre, d’images prophétiques, de récits mystiques, de rencontres avec des gens extraordinaires.

Le temps du voyage a pris fin, il est temps maintenant de s’ouvrir à une autre réalité: celle de l’amitié.

Merci à vous tous pour votre présence stimulante et enrichissante. Avec affection et reconnaissance,

Rita Fausti, Rome, Italie

Notes :
1. L’association Axios a aussi choisi comme protecteur Saint Jean Maximovitch, en raison de l’attention et l’amour que celui-ci avait à l’égard des enfants orphelins, et de l’aide qu’il leur a apportée, tant durant sa vie terrestre qu’après son départ vers le Seigneur. Le Saint est très cher aux pélerins d’AXIOS; venant des Etats-Unis, Emily nous a offert un livre et un CD sur sa vie. Dans le présent numéro de la revue, vous trouverez deux témoignages inédits: l’un d’une personne de Versailles qui a eu la chance de très bien connaître Saint Jean, et l’autre d’un prêtre de San Francisco qui a assisté à la découverte de ses reliques. 

Les pèlerins AXIOS – 2010

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