publicat in Interview pe 3 Octobre 2022, 08:09
Nous disons souvent que la prière est la respiration de l’âme. Les Saintes Écritures nous disent que les disciples du Seigneur ont prié le Christ Sauveur : « Seigneur, apprends-nous à prier. » (Luc 11, 1) ; et le Saint Apôtre Paul nous exhorte : « priez sans cesse » (1 Thessaloniciens 5, 17). Le lien entre la fête de la Pentecôte, la prière et l’Église est organique et porte en lui une certaine discrétion. Le père Zacharias Zacharou, disciple de Saint Sophrony Sacharov, qui était à son tour disciple de Saint Silouane de l’Athos, père spirituel dans le monastère fondé par le père Sophrony, « Saint Jean Baptiste » d’Essex au Royaume Uni, nous a offert cette interview.
Que signifie pour l’Église la fête de la Pentecôte ?
À la Pentecôte l’Église s’est avérée et s’est instituée dans l’histoire. Mais l’Église a existé depuis toujours, avant le commencement du monde, au sein de la Sainte Trinité. L’Église était la communion du Père, du Fils et du Saint Esprit, une communion à l’être divin, mais aussi à l’énergie qui procède de l’essence divine. Cette énergie de la grâce du Saint Esprit est celle qui s’est montrée à la Pentecôte. La Pentecôte est la dernière grande fête de l’Église, lorsque la vérité « a été donnée aux saints, une fois pour toutes »1, et représente l’accomplissement de l’œuvre de salut de Dieu. Lorsque le Seigneur « étant monté en haut, a emmené des captifs »2, il a plu à Dieu le père de voir la nature humaine telle qu’Il l’avait conçue communier à Sa gloire d’avant la création du monde. Dieu le Père, aimant ainsi l’œuvre de salut du monde accomplie par Son Fils, Il a fait siéger la nature du Christ à Sa droite et a répandu comme la pluie sur la terre les dons du Saint Esprit comme témoignage de la réconciliation de l’homme avec Dieu, comme témoignage du fait que le Seigneur Jésus Christ est vrai Dieu et vrai Homme, Celui qui a accompli l’économie de notre salut. Plus encore, le Saint Esprit a été envoyé dans le monde afin de rester dans l’Église jusqu’à la fin des temps et de guider les fidèles « en toute vérité »3https://apostolia.eu/index.php/what-is-wildsmash-dating/siegen speed datinghttps://apostolia.eu/index.php/single-mothers-dating-website/, dit l’Apôtre. Le rôle du Saint Esprit est donc de tracer l’image du Christ et de préparer Sa demeure dans le cœur de chaque chrétien, pour que le Christ « demeure par la foi »7 dans le cœur des fidèles.
Saint Syméon le Nouveau Théologien rappelait le fait que l’ascète, en route vers la perfection, sait quand il se trouve sous la protection du Saint Esprit. Est-ce que la même chose est valable pour les chrétiens du monde ?
Il n’est pas possible de porter en nous le don du Saint Esprit sans en être conscients. Ailleurs, Saint Syméon le Nouveau Théologien dit que, tout comme la femme qui a engendré sait, selon les mouvements de l’enfant, qu’elle porte en son sein une nouvelle vie, de même celui qui engendre le Saint Esprit sait qu’il porte en lui la grâce de Dieu. Sainte Élisabeth a vécu cela lorsque la Sainte Vierge s’est approchée d’elle : en entendant sa voix, Saint Jean Baptiste a tressailli dans le sein de sa mère et Élisabeth s’est remplie de reconnaissance et de la grâce qui se trouvait dans le cœur de la Mère de Dieu après l’Annonciation.8 Dès que le don de la grâce divine s’est installé en lui, l’homme est protégé, parce que l’esprit, le cœur et tous ses sens sont dominés par un seul souci : comment rester fidèles au Donateur de la grâce, à savoir le Christ, et n’entraver en rien Sa demeure à l’intérieur de l’homme. C’est pourquoi, pour garder ce don, les vrais disciples du Christ vont jusqu’à se détester eux-mêmes ou bien plutôt jusqu’à détester tout ce qui en eux s’oppose à la soumission parfaite aux mouvements de l’Esprit de Dieu, qui demeure en eux.
Plus encore, nous devons savoir que l’Évangile et les commandements de Dieu ont été donnés pour tous les hommes. Lorsque nous parlons du monachisme, nous parlons du christianisme en général. La forme extérieure est différente, parce que la vie monacale est ordonnée du point de vue pratique de façon à faciliter l’acquisition du Saint Esprit. Pourtant, les principes qui s’appliquent au monachisme sont valables et vrais pour tous les chrétiens. Il y a eu des laïcs qui ont reçu le don du Saint Esprit tout comme les moines. La vie spirituelle est plus facile pour les moines, parce qu’ils vivent dans une communauté avec d’autres frères, ayant une même pensée et un même désir, et attendant en union d’esprit la promesse du Père.
Réalisé par le père Alexandru Ojică