publicat in Parole du métropolite Joseph pe 1 Octobre 2022, 12:58
Le Seigneur nous dit de manière limpide et directe que nous ne pouvons pas porter du fruit si nous n’avons pas la foi, si nous n’avons pas le Christ en nous, si nous ne restons pas accrochés au Christ et enracinés en Lui et Lui en nous.
En Terre Sainte à l’époque du Seigneur il y avait peu de forêts, mais il y avait la vigne, et l’hiver pour se réchauffer ou préparer la nourriture, le peuple utilisait ces branches de vigne qui, étant séchées, brûlent très bien et donnent beaucoup de chaleur. Dès qu’une branche de vigne tombait, elle était jetée au feu. C’est de la même manière, dit le Seigneur, que si vous vous coupez vous-même de Moi, Je vous coupe également ; si vous ne portez pas de fruit en Moi et ne voulez pas en porter, Je vous coupe.
Or c’est bien souvent nous-mêmes qui nous coupons du Seigneur. De quelle manière ? Nous nous débranchons tout simplement de Lui par le fait de ne pas dénoncer notre péché. Le péché a une saveur toute particulière qui, bien qu’elle se transforme en amertume à l’arrivée, est très attirante et délectable au premier abord, et par là très difficile à repousser. Pourtant, « tant que l’homme intérieur n’est pas mort aux pensées mauvaises, écrit Saint Isaac, et que le mouvement naturel du corps n’est pas épuisé au point que le cœur cesse d’éprouver la douceur du péché, il est impossible que se manifeste en lui la douceur de l’Esprit de Dieu, ni que ses membres soient ouverts à la vie, ni qu’entrent dans son âme les pensées divines »1.
Ainsi, notre péché n’étant pas confessé, notre cœur devient de plus en plus pétrifié par l’orgueil, car l’orgueil est ce qui rend notre cœur insensible. En effet, la lame qui nous coupe, qui nous débranche du Seigneur, c’est l’orgueil, car l’orgueil ne laisse pas notre cœur s’ouvrir. Il ne le laisse pas s’ouvrir à la volonté de Dieu, s’ouvrir à l’autre, à l’amour, à la grâce de Dieu. « Il n’y a qu’une chose importante, dit Saint Silouane : devenir humble, car l’orgueil nous empêche d’aimer »2. Or, nous nous coupons nous-mêmes du Christ par le trop-plein d’orgueil qui est en nous, à la suite de quoi nous serons tous engloutis par le feu. Or quel sera ce feu ? Ce sera le feu de l’amour de Dieu que nous n’allons pas supporter. « L’amour de Dieu est par nature une chaleur, poursuit Saint Isaac. Quand il fond sans mesure sur un homme, il jette son âme hors d’elle-même. C’est pourquoi le cœur de celui qui l’a éprouvé ne peut le contenir ou le supporter sans qu’un changement inhabituel n’apparaisse en lui, proportionné à l’intensité de cet amour »3. Il nous dérangera comme il nous dérange aujourd’hui, à la mesure de notre orgueil. Or s’il nous dérange aujourd’hui, que nous ne pouvons l’accepter ni aimer même ceux qui nous haïssent ou ceux que nous ne croyons pas dignes de notre amour, comment supporterons-nous le feu de l’amour divin, cet amour que nous ne savons pas désirer véritablement et dont nous nous éloignons à la moindre broutille ?
Que le Seigneur nous donne la grâce de rester enracinés dans son amour !
† Le Métropolite Joseph