L’œuvre mystérieuse de la grâce

publicat in Homélies et sermons pe 13 Juin 2022, 13:15

La grâce commence d’habitude par illuminer l’âme tout autour d’elle, avec une sensation1 intense de sa propre lumière. Mais plus les combattants progressent dans leur combat pour atteindre la théologie, plus la grâce opère ses mystères dans l’âme éprise de contemplation sans que celle-ci en ait conscience.

Elle agit ainsi afin tantôt de nous élancer joyeusement sur la trace des contemplations divines, en nous faisant passer de l’ignorance à la connaissance, et tantôt, au sein des combats elle cherche à protéger notre connaissance spirituelle de la vaine gloire. Il faut donc que nous nous attristions avec mesure de nous sentir abandonnés, afin de nous rendre plus humbles et de nous soumettre à la gloire du Seigneur, et d’autre part que nous nous réjouissions opportunément quand le bon espoir nous donne des ailes. En effet, tout comme la tristesse excessive conduit l’âme au désespoir et à l’incroyance, de même la joie trop grande mène l’âme à la présomption ; je parle pour ceux qui spirituellement sont encore des enfants. Car entre l’illumination et la déréliction se trouve la mise à l’épreuve, et entre la tristesse et la joie se trouve l’espérance. Comme le dit l’Écriture : « J’ai attendu ardemment le Seigneur, et il m’a prêté attention »2, et plus loin : « Seigneur, aussi nombreuses que les douleurs de mon cœur, tes consolations ont rempli mon âme de joie »3

Diadoque de Photicée,
Discours ascétique divisé en cent chapitres pratiques sur la connaissance spirituelle
et le discernement
, in « Textes de la Philocalie - Hésychius de Batos et Diadoque de Photicée »,
Éditions Apostolia, à paraître en août 2022.

Notes :

1. Cf. supra n.37.
2. Ps. 39, 2.
3. Ps. 93, 19.