publicat in Parole de l'Évangile pe 5 Novembre 2021, 13:36
Marc 3, 28-30 – Le Blasphème Contre Le Souffle Saint
Si l’on se réfère au calendrier de récitation dont Bernard Frinking1 fait l’hypothèse – fructueuse –, et qu’on fait l’expérience deréciter vraiment une ‘bouchée’ chaque jour, ayant commencé à Pâques, le jour de la Résurrection du Christ, le 16 du 1er mois ou mois de Nisan, on arrive maintenant – après cinquante jours de récitation – àla Pentecôte.La Pentecôte tombe le 6 du 3e mois ou mois de Sivan.
Reprenons :
Le 5 de Sivan, on récitait Marc 3, 22-23 – Les scribes venus exprès de Jérusalem disaient : c’est par le prince des démons qu’il jette dehors les démons, et c’est par l’énoncé des deux premières ‘comparaisons’ ou ’paraboles’ – difficiles à comprendre –, que le Christ va leur répondre, tout en enseignant ses disciples :
Le 6, jourmêmede Shâvouot/Pentecôte, ainsi que le lendemain, 7, Jésusdonne un enseignement essentiel sous cette forme énigmatique :
- Le 6 :la division provoque la perte des royaumes et des communautés, appelées ici ‘maisons’ : – Restez unis. Satan lui ne se divise pas et perdure, mais, soyez confiants2 :
- Le 7 :‘Quelqu’un’ attache le Fort (Satan) et pille son Royaume : – Ayez foi en ce plus Fort que le Fort, capable d’apporter la délivrance aux esclaves du Fort et de les soustraire à la division.3funny icebreakers for datinghook up ring proplus 50 dating sitesfarmer dating websites : l’opposition, l’accusation, la non-foi. Pourquoi parle-t-il ainsi celui-là, il blasphème. Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul.
- Le Notre Père en Matthieu (6, 9-13 et 14-15)
Remets-nous nos dettes comme nous remettons – Ici, ce n’est pas amartia, mais opheilè :une dette d’argent pour laquelle l’emprunteur a laissé son manteau en gage (Deutéronome 24, 10) :et il en a besoin dès ce soir : le manteau en effet, sertaussi de couverture quand on est pauvre. Il y a urgence à ce que la dette soit remise !Pour remettre c’est bien ‘aphièmi’.
Et en Mt 6, 14-15 – Car si vous remettez aux hommes leurs fautes, il y a ‘paraptôma‘, qui apparaît donc comme un synonyme de ‘amartia’. Et toujours, ‘aphièmi’ pour remettre.
Aphièmi – remettre, nous entraîne plus loin.
- Le bouc émissaire :à Kippour, ou Jour du Grand Pardon8, on le lâche, on le laisse partir chargé des péchés (amartia) et des révoltes (adikia) du peuple, que le Grand Prêtre lui a transférés en lui imposant les deux mains sur la tête tout en prononçant la litanie des péchés de la communauté. Lâché (aphièmi), il les emporte, et meurt dans une ‘terre inaccessible’ où résident les démons, dont Azazel. Et les fautes sont pardonnées (Lévitique 16, 22.26). De même, le Christ meurt sur la croix, ayant pris sur lui les péchés du monde, et emporte tout cela aux Enfers … Entré là comme homme et bouc émissaire, il s’y révèle Dieu Tout-Puissant, lie le Fort et délivre les prisonniers.
- Tous les sept ans, les juifs doivent respecter une année sabbatique (Lévitique 25, 1-8 et Deutéronome 15, 1-18), et après sept fois sept ans vient l’année jubilaire9, tous les cinquante ans (Lévitique 25, 8-55) – ce qui représente une ‘pentecôte d’années’ !
Lors de l’année sabbatique il faut d’une part laisser ‘chômer la terre’, ne pas cultiver et se contenter du regain, et d’autre part ‘faire rémission’ (aphésis) àses frères. L’année jubilaire est ‘l’année de la rémission’ (aphésis, substantif de aphièmi). Chacun rentre en possession de ses biens gagés ou vendus pour payer les dettes ; pour ceux qui ont fait de mauvaises affaires, les dettes sont remises et ceux qui avaient dû se vendre à leurs créanciers comme esclaves, sont libérés. Ces règles économiquementdifficiles à respecter – et elles ne l’ont pas toujours été – ont été édictées pour éviter de trop grands écarts entre riches et pauvres, dans un esprit de justice sociale voulue par Dieu, entre les enfants d’Israël.
Tout était remis : Vous crierez rémission sur le pays pour tous ceux qui l’habitent, dit la Bible d’Alexandrie LXX (Lv 25, 10)
On le voit, le principe de la rémission des fautes et des dettes, est quelque chose de solidement établi en Israël. La conscience de la nécessité du pardon de Dieu, et de sa mise en œuvre, ainsi que du partage le plus équitable possible des biens et des richesses entre les membres du peuple de Dieu sont des exigences inscrites dans la Loi.
… les fautes et les blasphèmes autant qu’ils auront blasphémé …
les fautes– on l’a vu, sont des manquements à la Loi . L’esprit de révolte en fait partie.
et les blasphèmes–
- Selon le Larousse, le ‘blasphème’ consiste en paroles qui outragent la divinité, lui marquant dumépris. Il est différent du ‘sacrilège’ qui est un acte, opéré dans le même esprit de mépris et d’atteinte à la dignité de la divinité. ‘Insulte’ et ‘outrage’ quant à eux, peuvent consister en paroles ou en actes offensants, méprisants, blessant la dignité, visant la divinité, mais aussi des personnes ou des valeurs morales.
- Le mot ‘blasphèmia’ (et le verbe associé ‘blasphèmein’) employé ici par Jésus, comme à diverses reprises dans le Nouveau Testament, ne fait pas partie du vocabulaire de la Torâ. Il est employé seulement àpartir des livres historiques.
- Dans la Torâ, on trouve ‘kataraomai’-maudire, ‘katarasis’-malédiction, comme quand la femme de Job lui dit : Maudis Dieu et meurs, c’est-à-dire : ‘Maudis Dieu et tu seras passible de mort’, et ainsi tu mettras fin à tes tourments.
On trouve en Ex 22, 27 – Tu ne maudiras pas les dieux, et en Lévitique 24, 15 une histoire étrange : un homme fils d’une mère juive et d’un père égyptien, donc un ‘sang-mêlé’, prononça le Nom et le maudit. On l’amène àMoïse qui consulte Dieu. : il doit mourir, par lapidation ! et Dieu ajoute : un homme qui maudira Dieu encourra la faute (amartia – qui est pardonnable), mais pour avoir nommé le Nom du Seigneur, qu’il meure absolument. (Traduction Bible d’Alexandrie – LXX). Et la note d’expliquer :
Selon Philon d’Alexandrie, Dieu ici, et les dieux de la citation de l’Exode ci-dessus, peuvent désigner les dieux, les idoles des païens, qu’il ne faut pas blasphémer, par respect pour ceux qui les vénèrent, mais blasphémer les dieux sera une faute (amartia) pardonnable ; par contre, prononcer le Nom – c’est-à-dire le Tétragramme imprononçable – et qui plus est l’insulter, mérite la mort.
Et chez Marc ?
On peut comprendre que les injures contre Jésus, pourtant envoyé de Dieu et porteur de sa puissance, seront pardonnées, mais que …
29. mais qui blasphème contre le Souffle le Saint n’a de rémission jamais …
… que d’autres blasphèmes ne peuvent pas être pardonnés. Dans l’Ancien Testament, c’est le blasphème du Nom de Dieu, ici c’est le blasphème contre l’Esprit Saint.
On ne sait pas ce qu’est ce blasphème contre l’Esprit Saint pour lequel il n’y a pas de rémission possible.
… mais il est coupable d’une faute pour toujours– redondance : c’est vraiment décidé.
30. C’est parce qu’ils disaient Il a un souffle impur– Lui, le totalement pur, le Saint, Dieu incarné, eux ne savent pas le reconnaître et ne discernent pas la source de son pouvoir.
C’est la deuxième fois que le blasphème est évoqué entre les scribes et Jésus.Jésus chercheàdialoguer avec eux. En Bon Berger, il a le souci d’eux aussi, malgréleur hostilité.
En guise de conclusion,
revenons à l’Ancien Testament, moule dans lequel s’installe le Nouveau.
Après la Pâque, en Égypte au temps de Moïse, les Israélites partent, et il leur faut une ‘pentecôte de jours’ (50) pour parvenir au Sinaï, où auront lieu, la rencontre avec Dieu, très impressionnante, la conclusion d’une Alliance, et le don de la Torâ – qui est comme un contrat de mariage. Àla fête de Pentecôte (Shavouôt) chaque année, dans leur culte, les juifs font mémoire de ces évènements qui ont eu lieu au terme de leur cheminement depuis la sortie d’Égypte. Au cours du chemin il y a eu beaucoup de disputes avec Dieu et avec Moïse, mais à l’arrivée, ils sont prêts pour la Rencontre, prêts à recevoir la Loi, unis entre eux, et bien disposés envers Dieu : Dieu parle d’Alliance et n’en amêmepas encore édicté les termes, qu’ils disent : tout ce que le Seigneur a dit nous le ferons … et nous écouterons (Exode 19, 8 et 24, 3.7)10. Ils ont le cœur bien disposé, et L’Esprit Saint, appelé alors Présence de Dieu, ou ‘Chekhinah’, est avec eux.
C’est justement cette unité entre les hommes que vient de prôner le Christ, ainsi que la confiance à l’égard du Plus Fort et qui sera le Rédempteur.11
Mais aujourd’hui, avec les scribes, il n’y a pas d’unité. Satan fait ses ravages de division. Celui qui écoute le diviseur, comme l’ont fait Adam et Ève, fait fausse route. Il faut apprendre à discerner, et à bien disposer son cœur. Et à reconnaître par la foi la présence de l’Esprit Saint, ou son absence.
Dans la suite du texte, après seulement 6 versets (deux bouchées), Jésus va commencer d’enseigner la grande comparaison des 4 terrains, dans laquelle il suggère que sa parole qui tombe comme une graine, sera fructueuse en fonction de la qualité du terrain sur lequel elle se dépose. Et ce terrain c’est notre cœur. Est-il totalement opaque, pierreux, épineux, ou bien meuble, ouvert et généreux comme une bonne terre qui ne demande qu’à être ensemencée.
Tout est toujours possible, tout doit se travailler et peut évoluer. Et le Seigneur ne nous abandonne pas.
Gloire à Dieu.