publicat in Homélies et sermons pe 9 Juin 2021, 12:57
L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous a été donné (Rm 5, 5).
L’amour est joie, et l’amour oint de joie le cœur de l’homme. L’amour est, mes frères, la puissance, et l’amour oint de puissance le cœur de l’homme. L’amour est paix, et l’amour oint de paix le cœur de l’homme. Et de la joie, de la puissance et de la paix naît le courage, et l’amour oint de courage le cœur de l’homme.
L’amour de Dieu comme une huile parfumée se déverse dans nos cœurs pas autrement que par l’Esprit Saint, par l’Esprit souverainement bon et puissant. Sans que nous le méritions d’aucune manière, l’Esprit de Dieu déverse l’amour de Dieu dans nos cœurs dans le mystère de l’onction. Avec le temps, nous négligeons cet amour, et par le péché nous nous éloignons de Dieu et nous tombons malades en nous affaiblissant spirituellement. Alors l’Esprit Saint, ne pouvant demeurer dans un réceptacle impur, S’éloigne et quitte notre cœur. Et quand l’Esprit Saint s’éloigne de nous, s’éloignent aussitôt la joie, la puissance, la paix et le courage. Aussi devenons-nous tristes, sans force, inquiets et apeurés. Mais l’Esprit Saint ne fait que S’éloigner de nous et ne nous abandonne pas complètement. Il ne nous abandonne pas mais, parce que nous sommes malades, nous propose des remèdes à travers le mystère du repentir et à travers le mystère de la communion. Une fois purifiés par le repentir et la communion, Dieu l’Esprit Saint vient et demeure en nous et répand de nouveau l’amour de Dieu dans nos cœurs. Nous tombons et nous nous relevons, nous tombons et nous nous relevons ! Quand nous tombons, l’Esprit de Dieu Se tient à nos côtés et nous relève si notre désir est de nous relever. Et quand nous nous relevons, l’Esprit de Dieu Se maintient en nous, jusqu’à ce que nous décidions de tomber encore par notre péché et notre bêtise. Ainsi, tout au long de notre vie, nous sommes tour à tour un champ fertile et un désert, des fils repentis et des fils prodigues, plénitude et vide, lumière et ténèbre.
Ô Dieu Esprit Saint souverainement bon, ne nous abandonne pas, que nous Te voulions ou que nous Te voulions pas ! Sois avec nous jusqu’à notre mort et sauve-nous par la vie éternelle. À toi la gloire et la louange dans les siècles. Amen
Saint Nicolas Vélimirovitch, « Prologue d’Ohrid », p. 98 et 99, tome 2, Éd. L’Âge d’Homme
(traduit du serbe par Zorica Terzić)