publicat in Homélies et sermons pe 15 Janvier 2021, 20:37
Quatre causes engendrent dans l’homme le mouvement des pensées. La première est la tendance naturelle de la chair. La seconde est la représentation par l’imagination des choses du monde que l’on a entendues et vues par les sens. La troisième est la prédisposition de l’âme et la propension au mal que provoque ce que l’on a dans l’esprit. Enfin, la quatrième est l’attaque des démons qui nous combattent par toutes les passions, en utilisant les trois causes précédentes. C’est pourquoi, jusqu’à la mort, l’homme ne peut pas ne pas avoir de pensées, et il ne peut échapper au combat tant qu’il vit dans ce corps. Juges-en toi-même : est-il possible que disparaisse, avant que nous soyons délivrés du monde ou avant notre mort, l’une de ces quatre causes ? Ou est-il possible que le corps ne recherche pas ce qui lui est nécessaire et ne soit pas contraint de désirer l’une ou l’autre des choses de ce monde ? Si cela est impensable, dès lors que la nature a besoin de telles choses, les passions s’agitent en quiconque est revêtu d’un corps, qu’il le veuille ou non. C’est pourquoi il est nécessaire que tout homme, dès lors qu’il est revêtu d’un corps, se garde non seulement d’une ou deux passions qui seraient en lui d’une façon manifeste et continuelle, mais de beaucoup plus. Si un homme est devenu présomptueux à cause de la faiblesse de ses pensées et du peu de ses luttes sévères, nous lui disons, quel qu’il soit, qu’il a davantage besoin d’une vigilance accrue que de labeurs.
Saint Isaac le Syrien, Discours ascétiques, III, 11,
Monastère St Antoine le Grand et Monastère de Solan, 2011