publicat in Parole de l'Évangile pe 2 Novembre 2020, 12:35
Pierre est louangé, puis sévèrement repris par le Christ
(Mt 16, 13-23; Mc 8, 27-33; Lc 9, 18-21)
Le comportement du Christ est souvent inattendu, et parfois déconcertant. Car sous une apparence d’homme, qu’Il est réellement et que Ses Apôtres perçoivent ainsi, Il est aussi Dieu et pleinement Dieu. Ainsi, Il peut avoir des rapports humains avec Ses disciples, Ses amis, Sa famille qui semblent normaux – au plan des pensées d’hommes – tout en demeurant Notre Dieu créateur. D’où beaucoup de surprises et d’étonnement de leur part et de notre part. Nous en avons ici un bel exemple, dans cet entretien avec Ses disciples, rapporté par les trois Synoptiques.
La scène se passe après la mission du Seigneur en Phénicie, où Il a délivré la fille de la Cananéenne1, et la seconde Multiplication des pains2, et avant la Transfiguration3dating site new yorkhttps://apostolia.eu/index.php/is-hailee-steinfeld-dating-niall-horan/https://apostolia.eu/index.php/single-mom-dating-in-hyderabad/buzzfeed tweets datingbest dating apps for working professionals fait remarquer qu’ils l’ont dit à leur Maître à plusieurs reprises, notamment lors de de la 1re pêche Miraculeuse ou de la Tempête apaisée. Saint Ambroise de Milan9 dit très clairement : « Bien que les autres Apôtres le sachent [que Jésus est le Christ], Pierre répond ».
Le Christ fait aussitôt un commentaire : « Heureux es-tu, Simon, fils de Jonas »10, parce que ce que tu as dit n’est pas une pensée d’homme, maisune pensée divine, qui t’a été révélée par Mon Père céleste, que nous pouvons traduire, après la révélation de la Pentecôte par : le Saint Esprit envoyé par Mon Père. Le Christ a protégé Pierre de s’enorgueillir. Il est intéressant de noter que le discours du Christ ne se trouve pas dans l’Évangile de Pierre, rapporté par Saint Marc, et en particulier la phrase qui semble – selon l’Église romaine – mettre l’Apôtre Pierre sur un piédestal, au-dessus des autres Apôtres11. Marc rapporte simplement : « Tu es le Christ ».
Par contre, chez Saint Matthieu, nous avons le discours complet du Christ, qui constitue une pomme de discorde entre l’Église orthodoxe et l’Église romaine11, depuis la fin du 11e siècle. Le Christ continue : « Tu es Pierre et sur cette pierre, Je bâtirai Mon Église. » Cette pierre est la confession de foi de Simon, qui est le fondement de l’Église du Christ, comme l’affirment Saint Ambroise de Milan (« La pierre c’est la foi ; la foi est le fondement de l’Église »), et Saint Jean Chrysostome (« Sur cette pierre, c’est-à-dire sur cette foi et cette confession ». C’est précisément parce que le Christ savait que l’Esprit-Saint inspirerait cette belle confession de foi à Simon, qu’Il lui a donné prophétiquement le surnom de Pierre, qui signifie, roc, solidité. Mais, pendant la Passion du Christ ce roc a été englouti par les eaux de la lâcheté. Et Jésus ajoute : cette Église que Je suis en train de construire, avec vous, Mes 12 Apôtres, « les portes de l’Enfer ne tiendront pas contre elle ». Alléluia ! L’Église ne pourra jamais être détruite par Satan, même si elle a des déficiences et si parfois, elle pêche grandement.
Puis le Seigneur dit à Pierre : « Je te donnerai les clés du Royaume des Cieux et ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les Cieux, et ce que délieras sur la terre sera délié dans les Cieux ». Il s’agit du pouvoir divin de remettre les péchés, qui est une des deux composantes du sacerdoce (avec le pouvoir de consacrer le pain et le vin). Mais le Christ a dit : Je te donnerai, et non pas : Je te donne maintenant. Quand va-t-Il donner ce pouvoir divin, où, et à qui ? Nous le savons très bien : le soir de Pâques, dans le Cénacle à Jérusalem, et collectivement aux 10 Apôtres présents (les 12, moins Judas, le traître, et Thomas qui était absent). Il souffle sur eux tous, en disant : « Recevez le Saint-Esprit : ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (Jn 20/22-23). C’est le collège des Douze qui a reçu le pouvoir divin de pardonner les péchés, ainsi que « les clés du Royaume des Cieux », qui sont l’enseignement du Christ – l’Évangile – qui permet, seul, de devenir parfait comme notre Père céleste est parfait. Ceci est confirmé par deux faits : Thomas n’était pas là le soir de Pâques, ni encore moins Matthias, qui sera élu après l’Ascension pour remplacer Judas. Or nulle part dans l’Évangile, ni dans les Actes, il n’est dit qu’ils reçurent un « complément sacramentel », après les autres. Le simple fait d’être membres du collège apostolique leur accordait de facto le pouvoir divin accordé par le Christ à Ses 12 Apôtres.
Après cette admirable confession de foi, aucun Apôtre n’a contesté les propos de Pierre : cela signifie qu’ils étaient tous d’accord, y compris Judas.
Aussitôt après, le Christ leur « enjoignit de ne dire à personne qu’Il est le Christ ». Pourquoi ? Parce qu’Il voulait être cru sur parole, en fonction de son contenu divin, et aussi des extraordinaires miracles qu’Il faisait constamment pour prouver la véracité de Ses paroles, montrer qu’Il était Dieu, Fils de Dieu. Il n’appartenait pas aux hommes de Le révéler, mais à Dieu Lui-même. Ce n’est qu’après le départ du Christ pour le Trône divin que les Apôtres recevront le commandement de témoigner de Lui dans le monde entier. Nous pouvons néanmoins ajouter une chose : l’enthousiasme des foules était tel que, parfois, Jésus ne pouvait plus bouger, ni circuler. Nous en avons au moins deux exemples dans l’Évangile : lors de la guérison du Paralytique de Capharnaüm, où les porteurs de la civière ne pouvaient pas passer (Mc 2/1-2), et au retour de mission des Apôtres qu’Il a envoyés (Il les emmène à l’écart dans un lieu désert, parce qu’ils ne peuvent plus se reposer, ni manger – Mc 6/30-32). Un certain anonymat lui laissait plus de liberté pour aller là où Son Père céleste le lui avait demandé. Si le Christ revenait maintenant, physiquement et visiblement, Il aurait en permanence un milliard d’hommes autour de Lui, car Il était, Il est et Il sera le seul « homme » capable de guérir toutes les maladies et infirmités, sans rien demander en échange, et de ressusciter les morts : Il ne pourrait plus sortir de Sa maison ni circuler…
Puis le Seigneur va commencer à initier Ses Apôtres au mystère de Sa mort et de Sa résurrection, difficile à comprendre pour Ses disciples : Il va faire la première annonce de Sa Passion, de Sa mort et de Sa résurrection12. Les circonstances étaient propices, puisqu’ils venaient de confesser, avec Pierre, que Jésus était le Messie et qu’ils se trouvaient tous ensemble dans un lieu tranquille, loin de « l’arène » de la Galilée. Le Christ leur a tout dit, en quelques mots : Il ne leur a rien caché. Le Seigneur – Verbe du Père – dit toujours la vérité et Il ne dit jamais rien « pour faire plaisir ». Son discours terrible s’achève par : « le troisième jour, Il ressuscitera ». Les Apôtres sont anéantis. Ils n’ont pas entendu la fin, qui dépasse l’intelligence humaine. Ils restent sans voix, écrasés, prostrés.
Pierre va, à nouveau, faire preuve d’audace et intervenir. Il prend le Christ à part, Le « réprimande », et Lui dit : jamais ! Il n’est pas question de ça ! Tu ne vas pas laisser faire ça, c’est impossible. C’est probablement ce que pensaient aussi tous les Apôtres. La réponse que fait le Christ à tous (Mc 8/33) est la plus cinglante de l’Évangile : « Arrière Satan. Tes paroles Me scandalisent, car elles sont des pensées d’homme et non de Dieu ». Comment pourrais-je ne pas obéir à Mon Père céleste ? Seul Satan peut t’inspirer cela. Saint Éphrem le Syrien fait dire au Christ : « Qui ne veut pas que Je monte sur la Croix et libère les créatures, sinon Satan ? »13
Le Christ nous donne ici un enseignement théologique et spirituel exceptionnel sur Satan, sur le péché et sur notre chemin spirituel. Il venait de dire à Pierre et aux onze des choses divines, des révélations réservées aux initiés («n’en parlez pas »). Pierre, peut-être enhardi par l’agrément du Christ pour ses paroles, a exprimé des pensées humaines, celles que nous aurions probablement tous. Or celles-ci correspondent exactement à celles de Satan, qui dit au Fils de Dieu : Tu es trop grand, Tu es trop beau, Tu es trop puissant ; Tu n’as pas le droit de faire ça, de devenir « poussière du sol », homme. C’est une déchéance indigne de Toi. Toi, la Lumière incréée, Tu n’as pas le droit de T’unir à de la boue créée. Satan ne supporte pas l’humilité divine. Et il est jaloux de l’Homme, qui, bien qu’ayant été façonné par le Christ avec de la boue cosmique, a reçu le souffle du Saint Esprit et est devenu image de Dieu. Pierre avait été inspiré par l’Esprit Saint ; presqu’aussitôt après, il sera inspiré par Satan. L’hypothèse d’une Église édifiée sur Pierre, ou sur tout autre Apôtre, est bien fragile… L’Église ne peut être édifiée que sur son Fondateur divin, Jésus-Christ.
Veillons sur nous-même, lorsque le Saint-Esprit nous révèle une vérité divine et nous permet de l’exprimer : ne pensons pas que nous en sommes les auteurs, ne nous enorgueillissons pas. Et, lorsque nous ne comprenons pas une pensée divine, taisons-nous, faisons silence.
P. Noël TANAZACQ, Paris