Ne perdons pas les fruits du jeûne !

publicat in Homélies et sermons pe 16 Avril 2020, 20:51

Vous voyez les bienfaits de la résurrection ; vous voyez la bonté de notre divin Maître, vous voyez l’excès de sa tendresse. Ne soyons donc pas ingrats envers un pareil bienfaiteur, et ne nous relâchons pas, à présent que nous sommes parvenus à la fin du jeûne ; mais prenons soin de notre âme encore plus qu’auparavant, de peur que, le corps étant engraissé, elle ne s’affaiblisse ; de peur que, nous occupant trop de l’escl ave, nous ne négligions la traîtresse.

Eh ! à quoi bon, je vous le demande, charger votre estomac outre mesure, et passer les bornes ? L’intempérance détruit le corps et dégrade l’âme. Fidèles aux lois de la sobriété, ne prenons que les aliments nécessaires, afin de pourvoir en même temps à la santé du corps et à la dignité de l’âme, afin de ne pas perdre à la fois tous les fruits du jeûne. Je ne vous interdis pas l’usage des nourritures, ni les plaisirs honnêtes d’une table frugale : non, je ne m’oppose pas à ces plaisirs, mais je vous exhorte à supprimer tout excès, à vous en tenir au besoin, à ne pas nuire à la santé, et à la sérénité de l’âme, en passant les bornes. Celui qui passe les limites du besoin, ne trouvera plus de satisfaction dans le boire et dans le manger. C’est ce que ne savent que trop ceux qui l’ont éprouvé par eux-mêmes, ceux dont l’intempérance leur a attiré une foule d’infirmités désagréables, de dégoûts et d’ennuis.

Saint Jean Chrysostome,
Homélie sur la fête de Pâques, Bar-le-Duc, L. Guérin & Cie, éditeurs, 1864