Des pleurs, des larmes et de la prière

publicat in Varia pe 22 Octobre 2019, 20:59

Ce séminaire a été pour nous une nouvelle invitation à continuer de pénétrer dans le mystère de la prière, dans ce mystère de la rencontre entre Dieu notre créateur et sa créature. Nous apprenons à avancer à tout petits pas, à traverser nos révoltes, nos frustrations, regrets, plaintes jusqu’à accepter ce qui EST, à déposer notre petite volonté en Sa volonté. Alors les mots entendus, choisis, inspirés viennent soulever légèrement le voile de ce mystère ineffable, insaisissable. Ils viennent toucher, réveiller en nous ce lieu de rencontre si secret, le Nôus, le Cœur – esprit, le Cœur profond. Lent processus qui n’en finit pas de se révéler dans un goutte à goutte où nous apprenons à goûter ces instants où l’Époux laisse entrevoir Son visage parfois furtivement, parfois plus longtemps.

Et puis, il y a aussi les mots qui viennent pointer les murs de nos résistances, de nos enfermements. Véritable invitation à nous centrer avec une attention toujours plus grande en ce point de rencontre verrouillé…et puis écouter ce lieu devenu « silence de Dieu » avec patience et humilité.

Écouter les pleurs que nous entendons à bas bruits et qui disent la nostalgie du royaume perdu, voilé. Pleurer devant la porte du Seigneur à chaque plainte, chaque regret, chaque humiliation, chaque honte, chaque illusion. Continuer de se centrer, de se concentrer en ce point coriace qui a du mal à fondre (« Seigneur Jésus-Christ aie pitié de moi, pécheur ! ») jusqu’à enfin entendre le bruissement de Sa brise légère où souffle la douceur de Sa tendresse.

Mais le monde est si rugueux, si brut, si violent, la souffrance des hommes et des femmes si vive qu’on ne peut que pleurer et supplier :

« Seigneur Jésus-Christ aie pitié de nous et de Ton monde ! »

Ton Royaume Seigneur est si vaste, si infini et notre tente si étroite qu’on ne peut que pleurer. Mais dans la prière, ces pleurs sont sans bruit, sans vagues extérieures. Ils s’écoulent jusqu’au fond de nos cœurs et ruissellent sur les plaies de nos âmes blessées pour, petit à petit, se frayer un sentier vers notre Bien-Aimé et Doux Seigneur Jésus-Christ. « Gloire à Toi ô Dieu pour la délicatesse de Ta présence guérissante ! »

Christine Artiga