En ce mois de juin, la nature tout entière déploie ses trésors de beauté ; les champs et tout ce qui y pousse sont dans l’allégresse, les fleurs multicolores se réjouissent dans le souffle de l’air ; même les arbres des forêts éclatent de joie ! Que tes œuvres sont admirables Seigneur, Tu as fait toutes choses dans ta Sagesse !
Voilà les paroles que chantait de sa voix mélodieuse la grand-mère d’Irène, lorsqu’elles se promenaient ensemble dans les chemins autour de la maison aux volets rouges, comme les coquelicots. Irène aimait beaucoup sa grand-mère. Elle lui confiait ses chagrins et aussi ses joies. Lorsqu’elle arrivait dans sa maison, elle l’entendait s’exclamer : « oh, quelle belle surprise ! viens tout près ma petite Irène, lumière de mes yeux ! »
En ces jours ensoleillés où l’air sentait bon l’été, elles allaient au jardin prendre soin des légumes qui avaient été semés en fin d’hiver, et cueillirent ceux qui offraient maintenant toutes leurs bonnes vitamines et leur saveur. Lorsqu’elle entrait dans son jardin, grand-mère Olga faisait toujours le signe de croix devant une icône qu’elle avait installée en hauteur dans une petite niche. C’était saint Tryphon, le protecteur des cultures et des jardins, qui sont souvent envahis par les sauterelles et toutes sortes d’autres insectes qui dévorent les beaux légumes. Grâce aux prières adressées à saint Tryphon, le jardin de grand-mère Olga était protégé des invasions !
La fête de la Pentecôte approchait. Irène savait que c’était une fête importante, après celle de Pâques, la sainte Résurrection du Seigneur, puis passés quarante jours, celle de l’Ascension, lorsque le Seigneur disparaît aux yeux de ses disciples et s’élève vers le ciel, rejoindre son Père. Et voilà que dix jours plus tard, un autre événement important s’était produit : Le Seigneur Jésus Christ a envoyé l’Esprit Saint sur les Apôtres, comme Il leur avait dit avant de se séparer d’eux : « vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. » La parole du Seigneur est la plus sûre de toutes les paroles, et ce jour-là, réunis tous ensemble dans une grande pièce où ils priaient, soudain, un bruit comme un violent coup de vent remplit toute la maison, et des langues comme du feu se posèrent sur chacun des Apôtres. Ils furent tous remplis de l’Esprit Saint ! Ils pouvaient tous se comprendre, même ceux qui ne parlaient pas la même langue ! Ils étaient envahi de la force de Dieu ! Leurs esprits et leurs cœurs découvraient les merveilleux dons de Dieu !
Oui, quelle grande fête ! pensait Irène... mais, où est-il l’Esprit Saint ? est‑ce que je peux le voir moi aussi ? se demandait-elle au fond de son cœur... Profitant d’un moment de repos, assise avec sa grand-mère sur le petit banc du jardin, Irène lui posa la question :
– Grand-mère, la fête de la Pentecôte, c’est demain... nous allons tous aller à l’église pour cette belle fête, mais dis-moi grand-mère, comment on sait que l’Esprit Saint est là, car on ne le voit pas, on ne l’entend plus comme ça s’est passé avec les Apôtres... et je ne suis pas sûre qu’il vienne me faire des visites, car parfois, grand-mère, j’oublie le Seigneur ! »
Grand-mère Olga entoura Irène de ses bras doux et réconfortants et lui dit :
– Oh ma colombe ! comme je comprends bien ce que désire ton cœur !.. moi aussi je me demandais, ‘’mais comment connaître le Saint Esprit, et où est-il ?...’’ Bien sûr je savais que je l’avais reçu le jour de mon baptême, mais comme un germe qui doit grandir, se développer, avec mon désir sincère et toute ma volonté, mais surtout Irène, avec la grâce du Seigneur !
Irène se sentait en confiance avec sa grand-mère, sa voix si gentille ouvrait son cœur et elle l’écoutait toujours avec plaisir.
– Heureusement que l’Esprit Saint ne nous donne pas toute sa force en une seule fois, car nous ne pourrions pas rester vivantes ! dit grand-mère Olga en riant. C’est le souffle de la Vie et de l’Amour de Dieu ! Et le jour où il a été envoyé sur les Apôtres, le Seigneur Jésus Christ les avait déjà préparés à le recevoir. C’est cet Esprit vivifiant qui les guidait ensuite, dans leurs paroles, leurs actions, enfin tout ce qu’ils vivaient. Et à partir des Apôtres, cette vie dans l’amour de Dieu s’est répandue sur toutes les personnes qui y croyaient et voulaient bien la recevoir ; ainsi au fil des jours et des années, depuis plus de deux siècles maintenant, jusqu’à nous aujourd’hui, ma colombe !
Irène leva la tête, attirée par le parfum des roses qui s’étalaient au-dessus d’elles en un buisson touffu. Quelle beauté, quel mystérieux parfum, pensa-t-elle, on le sent mais on ne le voit pas non plus...
Après un moment de silence, grand-mère Olga murmura doucement ces paroles :
– Toutes les fois où tu es heureuse devant la beauté des fleurs, des arbres, la belle création de Dieu et toutes les fois où tu as envie de partager ce bonheur ainsi que l’amour que tu ressens dans ton cœur, eh bien Irène, c’est lui, le souffle si bon de l’Esprit Saint déposé en toi, mais il le fait doucement, ma colombe, pour ne pas te brusquer, pour que tu le connaisses petit à petit, en toute vérité et sincérité. Quelques fois même, il se retire un peu, pour que nous le désirions encore plus, que l’amour grandisse encore en nous !... Sais-tu Irène qu’il ne manque jamais de venir lorsqu’on le prie avec toute notre force et notre désir ?
Irène écoutait sa grand-mère et elle sentait une joie envahir son cœur et ses pensées, bien plus forte que toutes les merveilleuses fleurs du monde entier réunies ! Un rossignol se mit à chanter dans le cerisier, si joyeusement, comme s’il rendait grâce à Dieu lui aussi pour la beauté de la vie. Elle se regardèrent en souriant et restèrent silencieuses jusqu’à ce que l’oiseau se fut envolé. Les yeux de grand-mère Olga étaient brillants de vie, de larmes de joie, et Irène ressentait cela aussi. Grand-mère Olga se leva soudain et prit la main d’Irène en la tirant vers elle.
– Viens Irène, allons cueillir les belles framboises que le Seigneur nous a données à profusion cette année et nous en apporterons demain à l’église, pour partager avec tous !
Irène repartit chez elle, toute joyeuse, avec son panier de framboises parfumées et savoureuses. Elle pensait à la dernière phrase que lui avait dit sa grand-mère avant de partir, tout en l’embrassant :
– Et n’oublie pas ma colombe, que les fruits de l’Esprit Saint, c’est l’amour, la joie, la paix !
Ce soir-là, avec ses parents, à l’heure de la prière, Irène regarda l’icône de la fête de la Pentecôte comme elle ne l’avait jamais vue auparavant, elle ressentait une joie particulière en présence des Apôtres recevant l’Esprit Saint, l’Esprit d’amour et de paix, de patience et de bonté.
À la fin des prières, tous chantèrent le tropaire* de la fête et dans tous les cœurs et la maison résonnèrent ces paroles :
Hélène Dragone
*Tropaire : court chant poétique qui exprime le sens essentiel d’une fête ou de la vie d’un saint.

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