Comme nous sommes heureux de pouvoir nous entourer d’icônes, de les vénérer, de prier devant elles, que ce soit dans les églises ou dans nos maisons ! Mais cela n’a pas été toujours possible tout au long de la vie de l’Église, et comme ont été malheureux tous ceux à qui on interdisait d’en posséder même une seule ! En ces temps-là, partout elles étaient interdites et même détruites. Les soldats entraient chez les gens et fouillaient toutes les maisons pour les prendre et les briser, jusqu’à les brûler.
Or un jour, il y a très longtemps, près de la ville de Nicée en Orient, une femme jeta dans la mer une merveilleuse icône de la Mère de Dieu, qu’elle aimait particulièrement, afin qu’elle ne soit pas détruite sous ses yeux par les pourchasseurs d’icônes.
– Mieux vaut que je te donne à la mer, ma Toute Sainte, sûrement elle prendra soin de toi ! cria la femme en jetant l’icône ; ses larmes brûlantes de tristesse se mêlèrent aux vagues qui emmenèrent l’icône au loin...
Le temps a passé, de nombreuses années se sont écoulées... Et nous voici tout près du monastère d’Iviron, sur la Sainte Montagne de l’Athos, appelée aussi le Jardin de la Mère de Dieu. Pendant plusieurs jours, les moines virent une immense colonne de feu qui s’élevait de la mer jusqu’au ciel, brillant plus intensément que le soleil et bientôt ils aperçurent une sainte icône qui flottait debout sur les flots. Ils reconnurent la sainte Mère de Dieu ! Quel prodige, quelle grâce ! La Toute Sainte sur la mer ! Les moines s’écrièrent : Réjouis-toi, colonne de feu guidant ceux qui sont dans les ténèbres !
Mais comment la faire venir ici ? se demandèrent-ils. Chacun des moines essaya de l’approcher, avec une grande vénération, tellement elle rayonnait de joie et de bonté. Mais à chaque fois qu’un moine approchait, l’icône s’éloignait et il était impossible de la saisir !
Dans ce monastère vivait un moine qui venait de Géorgie. Il s’appelait Gabriel. Pendant l’été, il partait vivre dans la montagne toute proche. Il vivait simplement, vêtu d’une tunique et se nourrissait de plantes et de fruits sauvages qu’il trouvait autour de lui. Une petite source lui donnait ce qu’il avait besoin pour étancher sa soif. C’était un bon moine, si doux et reconnaissant pour tout ce que Dieu donne, qu’il avait même l’aspect d’un ange. Et voici qu’un jour, la mère de Dieu lui apparut et lui ordonna de se rendre sur le rivage, de descendre dans les eaux profondes pour y recueillir son icône. Bien sûr, on ne peut pas désobéir à la Mère de Dieu, c’est impossible ! Alors le moine descendit vers la mer par un petit sentier escarpé, entouré de fleurs multicolores et odorantes. Même le chant des oiseaux faisait vibrer l’air en mille vocalises, comme pour rendre grâce à Dieu de toute la beauté de la terre.
Quelle ne fut pas la stupéfaction des moines, lorsque, depuis le monastère, ils virent Gabriel, exalté par la foi et l’amour, marcher sur les flots, comme s’il était sur la terre ferme ! Il tenait l’icône dans ses bras et la ramena sur la berge où elle fut accueillie par tous les moines avec des chants d’actions de grâces à n’en plus finir ! Quelle fête, quelle joie, avec la Sainte Mère de Dieu ! Elle fut déposée dans l’église du monastère afin qu’elle soit vénérée par tous, comme il se doit.
Le lendemain matin, au moment d’allumer les veilleuses pour l’office, le moine constata que l’icône avait disparu ! Tous alors se mirent à la recherche de ce trésor inestimable. Où est-elle donc passée ? Peut-être est-elle retournée dans la mer ? Après bien des recherches, on la découvrit enfin ; elle était tout simplement installée au-dessus des portes du monastère. Elle trônait à la vue de tous et pour la protection de tous. Avec vénération, elle fut ramenée à sa place dans le sanctuaire de l’église, mais, d’une façon inexplicable, le lendemain on la retrouva à nouveau au-dessus des portes du monastère. Plusieurs fois elle fut ramenée dans le sanctuaire et à chaque fois l’icône allait se replacer elle-même au-dessus des portes ! Oh, Toute Vénérable, que se passe-t-il ? Qui pourrait comprendre ce que tu veux dire ?
Plusieurs jours passèrent... Et voilà qu’une nuit, la Mère de Dieu apparut à Gabriel. Il était bouleversé et son cœur brûlait d’amour pour elle. Avec une grande douceur, elle lui dit :
– Dis à tous les frères que je ne souhaite pas être gardée par vous uniquement, mais je viens pour tous, afin de vous préserver des nombreux dangers, dans cette vie et dans la vie future. J’ai reçu cette grâce de mon Fils, le Seigneur Jésus Christ, quand je Lui ai demandé que me soit accordée la Sainte Montagne de l’Athos, pour en faire mon Jardin.
Au petit matin, rempli de joie et d’amour, le moine Gabriel s’empressa d’aller répandre cette merveilleuse nouvelle à toute la communauté.
Depuis lors, l’icône de la Mère de Dieu appelée la Portaïtissa, qui veut dire la gardienne de la porte, est vénérée dans une chapelle construite spécialement à l’entrée du monastère. Cette icône a accompli un si grand nombre de miracles, surtout en temps de périls, pour la protection du monastère d’Iviron et pour la Sainte Montagne, mais aussi pour l’ensemble du peuple de Dieu, qu’elle est vraiment considérée comme l’icône par excellence de la Mère de Dieu miséricordieuse.

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