publicat in Anniversaire pe 9 Mai 2019, 17:32
10 ans depuis le retour de la Cathédrale de Paris à l’Église Orthodoxe Roumaine
Le mot diaspora existe, au moins conceptuellement, dans chaque langue et chaque peuple de ce monde. Même si, à l’origine, il désignait «la totalité des communautés juives dispersées comme conséquence de la destruction de Jérusalem et de l’expulsion de la population par Nabuchodonosor II, le roi de Babylone», ce mot arrive petit à petit à désigner les gens qui, pour des raisons diverses, habitent en dehors des frontières de leur pays d’origine. On connaît l’épisode des Écritures, retenu seulement par le Saint Apôtre Jean, où « Quelques Grecs, du nombre de ceux qui étaient montés pour adorer pendant la fête, s’adressèrent à Philippe, de Bethsaïda en Galilée, et lui dirent avec instance : Seigneur, nous voudrions voir Jésus.» (Jean 12, 20-21). Par conséquent, des gens de la diaspora cherchaient le Christ Seigneur. Et le message christique a été adressé aussi à la diaspora du peuple hébreu et par extension à chaque diaspora de chaque peuple du monde antique. L’histoire rend témoignage en faveur de cette affirmation.
Dans le cas du peuple roumain, la diaspora est apparue surtout durant la période de la Révolution de 1848, lorsque beaucoup de jeunes, d’origine noble ou pas, originaires des Pays Roumains, étaient envoyés par leurs parents à Paris pour étudier. Et la Cathédrale des « Saints Archanges Michel, Gabriel et Raphaël » située au cœur du Quartier Latin de Paris, est la première église des Roumains de la diaspora. Dans le passé de cette communauté de Roumains établis dans la Ville des Lumières, nous trouvons une église provisoire, rue Racine, fondée par l’archimandrite Josaphat de Snagov, une collecte nationale en vue de l’acquisition de la « chapelle des Dominicains », consacrée au Saint Apôtre et Évangéliste Jean, fêté le 8 mai, – au 9bis, rue Jean de Beauvais – avec le soutien inconditionnel du premier roi de Roumanie, Charles Ier. Achetée en septembre 1882, adaptée au culte orthodoxe et à nouveau consacrée le 31 mai 1892 par l’évêque Innocent de Ploiești, on peut l’appeler, à juste titre, la mère des églises orthodoxes roumaines de la diaspora, car elle porte dans son histoire le passé de la première diaspora roumaine. Une diaspora qui a grandi petit à petit – non seulement pendant la période d’entre les deux guerres, par Constantin Brâncuși, Eugen Ionescu, Emil Cioran, mais aussi pendant les premières années après 1945 – lorsqu’un certain nombre de Roumains ont réussi à quitter le pays et à s’installer dans divers pays, le plus loin possible du rideau communiste qui était tombé sur l’Europe de l’Est. Et le nombre de Roumains en France et dans d’autres pays a augmenté sensiblement après 1990 et surtout après 2000.
L’histoire de la Cathédrale Métropolitaine de Paris comprend aussi les aspirations des Roumains qui, même installés loin de leur pays, ont compris que l’Église valorise par-dessus tout la liberté de la personne humaine. C’est ce qui fait que nous parlons d’un passé tumultueux de la communauté des Roumains de Paris, un passé anti-communiste par excellence. C’est pourquoi, par l’intermédiaire du métropolite Bessarion Puiu et d’autres prêtres qui ont servi dans l’autel de cette cathédrale, la communauté roumaine a compris que ce n’est pas la résistance anti-communiste qui suppose un combat allant au-delà des frontières du pays. Un passé pendant lequel cette église a dû quitter la juridiction de l’Église Orthodoxe Roumaine – comme une solution temporaire, pour qu’ensuite, de 1998 jusqu’en 2009, on rétablisse les modalités du retour au bercail.
Le 10 mai 2009, la Cathédrale des «Saints Archanges Michel, Gabriel et Raphaël» de Paris est revenue chez elle, au sein de l’Église Orthodoxe Roumaine. Ce fut un moment chargé de symboles, non seulement parce que la date choisie a une charge historique puissante, mais aussi parce qu’il démontrait que les Roumains de la diaspora cherchent aussi le Christ Seigneur. Les paroles du père Constantin Târziu, recteur de la Cathédrale jusqu’en 2018, sont un témoignage dans ce sens : « Tout comme l’archimandrite Josaphat, "après 12 ans d’émigration, en revenant dans la mère-patrie, je viens par ceci, d’après les canons de notre sainte Église", déposer formellement cette chapelle sous l’omophore de la sainte Métropole de Bucarest, nous aussi, le 10 mai 2009, nous avons apporté, au bout de 64 ans, un métropolite roumain, Joseph, digne successeur du métropolite Bessarion Puiu et de l’évêque Théophile Ionescu, pour nous bénir et faire reposer sur nous le saint charisme roumain, en nous guidant vers les fruits éternels de la vérité du Christ : ”l’amour, la paix, la bonne volonté et l’union entre les hommes” ». La Divine Liturgie du 10 mai 2009 a été célébrée par Son Éminence le Père Métropolite Joseph, de l’Europe Occidentale et Méridionale, entouré par une synaxe de 8 prêtres et 3 diacres. Dans le cadre de la Divine Liturgie, le diacre Jean Boboc (1943 - 2019) a reçu l’ordination sacerdotale. Et depuis, en redoublant de zèle, la Cathédrale consacrée aux Saints Archanges réunit, dimanche après dimanche, fête après fête, les Roumains arrivés ou nés à Paris
Alexandru Ojică