Parole pour Pâques

publicat in Homélies et sermons pe 5 Mai 2019, 17:23

« N’ayez pas peur, Je suis le Premier et le Dernier. Je suis Celui qui vit et qui était mort ; et voici, Je suis vivant aux siècles des siècles » (Apocalypse I, 17-18). 

Ces paroles sont celles du Christ ressuscité à Son disciple bien-aimé, Jean le Théologien. Ces paroles décrivent la voie du Seigneur, mais aussi celle de l’homme, qui passe par la mort et conduit à la vie éternelle.

Le Seigneur a aimé l’humanité d’un amour parfait. Il est mort pour tous ceux qui étaient condamnés à mourir à cause du péché de nos ancêtres. La mort injuste du Seigneur est devenue la condamnation d’une mort justifiée pour tous les hommes, leur accordant le salut éternel. « Le Christ est ressuscité des morts et il n’y a plus personne dans le tombeau ».

Plus le fait mortifère que l’homme porte en lui est en droite ligne et en accord avec les commandements du Christ (voir saint Paul), plus la condamnation à mort en lui sera parfaite, et plus son entrée dans la Présence du Christ Ressuscité sera certaine.

C’est ce que le Christ a désiré transmettre par Sa Parole évangélique : « c’est seulement quand le grain de blé tombé sur le sol meurt qu’il poussera et donnera beaucoup de fruits ».

Les souffrances de cette vie, si elles sont supportées sans péché, avec foi et même gratitude, mettent à mort ce que nous avons hérité du péché originel.

Pour cette raison, l’Apôtre Paul suggère ce programme de vie : « Souviens-toi de Jésus-Christ, ressuscité des morts » (2 Tim II, 8). Ce qui signifie que, pour nous, devenir participants de la victoire du Christ sur la mort, nous devons suivre l’exemple de Son chemin.

En d’autres termes, pour garder la sensation de la Présence du Christ vivant en nous, nous devons constamment goûter la mort. Ainsi pourrons-nous mettre à mort toute malice empêchant Son Esprit d’habiter en nous. Cette inhabitation paradoxale est le gage de meilleure résurrection que nous attendons.

Tout mouvement nous permettant de nous approcher du lieu de la Présence Vivante du Christ est pour nous la Pâques éternelle. Notre vie entière devient un voyage :

  • du découragement au désir divin,
  • des ténèbres de l’ignorance à la lumière de la connaissance de Dieu,
  • de l’étroitesse de l’amour propre à l’élargissement de l’Amour Divin,
  • de l’esclavage du péché à la liberté des enfants de Dieu,
  • de la terre jusques au Ciel,
  • de l’homme à Dieu.

Le Christ (comme le Juste et sans péché) est RESSUSCITÉ DES MORTS PAR SA MORT (volontaire et sans cause) IL A VAINCU LA MORT (la juste sentence du péché), À CEUX QUI SONT DANS LES TOMBEAUX IL A DONNÉ LA VIE (immortelle) comme pur don de Sa Bonté.

Archimandrite Zacharias, Monastère Saint-Jean-Baptiste, GB,
(trad. A. Monney)