Connaissez-vous le saint martyr Dimitrios ?

publicat in Page des enfants pe 12 Octobre 2018, 22:10

Nous voici en Grèce, dans la belle ville de Thessalonique, blottie au fond d’une baie verdoyante, avec ses fortifications, ses remparts qui la protège des attaques des ennemis et son port ouvert sur la mer Égée. 

En ce temps-là, vers 306 après Jésus Christ, vivait un jeune homme issu d’une famille noble de Macédoine, qui était apprécié de tous pour sa sagesse et sa bonté et par toutes les nobles beautés de l’âme. Elles étaient autant de pierres précieuses qui brillaient sur la couronne qu’il portait, et cette couronne était la foi en Jésus hrist. Malgré son jeune âge, il était général des armées de Thessalie et gouverneur de toute la région. Il s’appelait Dimitrios. Les honneurs et la gloire de ce monde ne le touchaient pas car le plus important pour lui, ce qui lui donnait tant de joie, c’était la foi et son cœur était plein d’amour pour Dieu. Dès qu’il le pouvait, il enseignait, il donnait des paroles de vie et d’espérance, ainsi il faisait connaître la parole de Dieu autour de lui. Il attirait tant de monde que de nombreux païens* se convertissaient, et cela malgré les terribles persécutions* lancées par l’empereur Maximien Galère contre les chrétiens.

Un jour, après avoir remporté de brillantes victoires, l’empereur s’arrêta à Thessalonique pour se faire acclamer par la foule et offrir des sacrifices aux idoles. Des païens, jaloux de la renommée et de la bonté de Dimitrios, allèrent le dénoncer comme chrétien auprès de l’empereur. Après un moment d’étonnement, il se mit très en colère en apprenant que son jeune général propageait avec succès la foi en Jésus Christ. Lorsqu’il fut convoqué devant l’empereur, Dimitrios confessa sa foi sans hésitation. Son cœur était rempli de joie en nommant à haute voix le Seigneur Jésus Christ comme notre Sauveur. Aussitôt l’empereur donna ordre aux gardes de le saisir afin de l’enfermer dans un cachot humide et malsain situé près du palais. Arrivés là, les gardes le jetèrent à terre et fermèrent à clé la lourde porte. Quel étrange silence dans ce lieu sombre et oppressant !Assis sur le sol humide, Dimitrios s’habituait peu à peu à l’obscurité et découvrait l’endroit sordide où il se trouvait, lorsqu’un scorpion approcha de son pied, se préparant à le piquer mortellement, mais d’un simple signe de Croix, il le fit disparaître. Comme sa foi était grande malgré la solitude, l’obscurité et les mauvaises odeurs ! Mais Dimitrios ne prêtait aucune attention à tous ces désagréments car son cœur était rempli de joie à la pensée que sa mort prochaine allait lui permettre de communier plus intensément encore à la Passion salutaire du Seigneur. 

Quelques temps plus tard, l’empereur Galère organisa dans l’arène de Thessalonique des jeux et des combats de gladiateurs. De retour de ses conquêtes, il avait ramené avec lui une sorte de géant, nommé Lyaios. Celui-ci était si fort et si habile dans le combat contre l’adversaire, que personne ne pouvait lui résister. Un jeune chrétien de la ville nommé Nestor, voyant tout l’orgueil que tirait l’empereur à la vue des victoires de son champion et protégé Lyaios, décida de lui montrer que c’est au Christ seul qu’appartient la vraie puissance. Mais dans son désir, Nestor faisait-il preuve de sagesse ? Ne comptait-il pas sur ses propres forces ? Oh non ! Car avant de se présenter dans l’arène, il courut vers l’endroit où était enfermé Dimitrios et lui demanda la protection de sa prière pour aller affronter le géant. Dimitrios fit le signe de Croix sur le front et le cœur du jeune garçon et l’envoya vers le combat. Quelle force donne la vraie foi pour risquer une telle épreuve ! 

Dès le début du combat, alors que le colosse se ruait de toutes ses forces sur le frêle garçon, celui-ci cria à pleine voix devant la tribune où siégeait l’empereur : « Dieu de Dimitrios, viens à mon aide ! » Le géant était prêt à écraser Nestor en un clin d’œil, mais grâce à son agilité, il lui échappa et le perça mortellement au cœur avec son poignard. Par le signe de la Croix, il n’a pas fallu plus de temps pour vaincre le stupide géant ! Tout le monde fut saisi de stupeur devant ce prodige et se demandait comment l’invincible Lyaios était tombé si facilement sous les coups d’un adolescent. 

Le jeune chrétien ne comptait ni en sa force, ni en ses armes, mais avait mis toute sa confiance dans le Seigneur, le « Maître du combat » ! L’empereur, prit d’une violente colère, ordonna de saisir immédiatement Nestor et d’aller lui trancher la tête hors de la ville. De plus, comme il avait entendu le jeune garçon invoquer dans l’arène le Dieu de Dimitrios, il donna l’ordre à ses soldats d’aller transpercer de leurs lances, au fond de son cachot, Dimitrios. Les soldats obéirent à l’empereur et accomplirent leur funeste besogne. Quelle folie et quelle violence brûlaient dans le cœur de ces hommes ! Heureusement, quelques chrétiens, informés de l’exécution du saint martyr Dimitrios, attendirent le départ des soldats pour ensevelir son corps avec amour et respect non loin de là.

Quelle couronne plus royale encore saint Dimitrios n’a-t-il pas reçue ! Désormais il se tient avec assurance dans la Cour céleste et il ne cesse d’intercéder auprès du Seigneur et de manifester ainsi sa bienveillante protection sur la ville de Thessalonique qui le vénère comme son saint patron. Combien de fois ne l’a-t-il pas protégée des assauts des barbares, si nombreux au cours de l’histoire, en apparaissant lui-même rayonnant de la gloire qu’il possède auprès de Dieu ! À de nombreuses reprises, saint Dimitrios a protégé sa cité des tremblements de terre, des épidémies et des famines ; même les malades que l’on venait déposer près de la basilique construite en son honneur, étaient guéris par l’intervention du saint qui leur apparaissait en songe. Les miracles accomplis par l’intervention directe de saint Dimitrios sont si nombreux que celui qui voudrait en révéler le nombre ressemblerait à quelqu’un de sot qui désire compter tous les grains de sable au bord de la mer ! 

Chaque année coule des reliques du saint martyr Dimitrios une petite quantité de myron* qui guérit de nombreuses maladies pour tous ceux qui avec foi et confiance le prie avec ferveur. C’est pour cette raison qu’il est appelé aussi Dimitrios le Myroblite*. Même si nous ne pouvons pas aller maintenant jusqu’à Thessalonique pour vénérer saint Dimitrios, nous pouvons avec assurance le prier et lui demander son aide et sa protection ! Saint martyr Dimitrios prie le Christ notre Dieu d’accorder à nos âmes la paix et la grâce du Salut !

St Dimitrios est fêté le 26 octobre.

Texte composé par Hélène Dragone à partir de la notice sur Saint Dimitrios, tirée du livre « Le Synaxaire,
Vie des Saints de l’Église Orthodoxe » par le Hiéromoine Macaire de Simonos Petra,
Tome 1, septembre-octobre, Éditions Indiktos.

Découverte des mots nouveaux

*Païen : se dit d’une personne qui ne croit pas en l’existence d’un seul Dieu, créateur de tout l’univers, de tout ce qui existe sur la terre et de qui nous dépendons tous pour notre vie. Le mot est aussi utilisé pour définir quelqu’un qui n’a aucune croyance religieuse.

*Persécutions : mauvais traitements injustes, souvent violents et cruels envers une ou des personnes du fait qu’elles appartiennent à une religion (ici la foi en Jésus Christ) ou pour d’autres raisons. Beaucoup de chrétiens ont été persécutés depuis le début du christianisme et le sont encore de nos jours.

*Myron : huile parfumée qui s’écoule spontanément de certaines reliques, même de certaines icônes ou des tombes, manifestant la sainteté des personnes qui y sont représentées. Le myron est recueilli précieusement, il est utilisé en onction pour la guérison du corps et de l’âme.

*Myroblite (ou myrrhoblite) : se dit de saints dont le corps, lors de leur mort, dégage un parfum agréable (odeur de sainteté) ou dont les reliques secrètent des arômes tels que la myrrhe...