Décollation du vénérable et glorieux Prophète et Précurseur Jean-Baptiste, Fêté le 29 Août

publicat in Homélies et sermons pe 14 Juillet 2018, 13:28

Homélie du Métropolite Hiérothéos pour le 29 Août 2015

Lorsqu’un prêtre fait le renvoi lors de la divine Liturgie, de même qu’après chaque autre office, il fait mémoire, après le Christ, de différents saints.À savoir : de la Très Sainte Mère du Christ, de la vénérable et vivifiante Croix, des puissances célestes et incorporelles, du vénérable Prophète et Précurseur Jean-Baptiste, des Apôtres, des Martyrs, des saints Pères théophores, des saints du jour et à la fin, de tous les saints.

Il apparaît donc clairement que le vénérable Précurseur se trouve à une place très élevée, c’est-à-dire entre la Toute Sainte et les Apôtres. Ceci montre la grande importance qu’accorde l’Église à la personne du vénérable prophète et précurseur Jean-Baptiste.

Si tout homme, lors de sa venue au monde, a comme but profond de devenir saint et d’entrer dans le Royaume des Cieux, le vénérable prophète Jean-Baptiste avait en plus de ce but, une autre mission particulière. C’était de préparer les hommes à accepter le Christ. C’est pourquoi, il a été appelé Précurseur. Sa naissance fut le fruit de la prière et d’une énergie particulière de Dieu, la Grâce, qui rendit féconds des parents âgés et stériles.

Le déroulement de sa croissance fut merveilleux et surprenant, puisqu’il vécut très jeune dans le désert et puisqu’il prêcha le repentir (métanoïa). Il conduisit ainsi le peuple vers cet état nouveau de changement de notre nature et de la transformation de notre noûs (l’œil de l’âme, le cœur profond.) Il fut le plus grand et le plus vénérable des prophètes. Sa rencontre avec le Christ a montré la grandeur de son humilité. Mais sa sortie de cette vie fut, également, pleine de majesté. Il critiqua avec force le péché du tétrarque de Galilée, Hérode Antipas et ensuite fut jugé digne de s’endormir comme martyr. Ainsi sa personne rassemble tous les traits caractéristiques des saints. À savoir : le mode de vie des ascètes, l’œuvre des Apôtres, la vision des prophètes, la confession et le courage des martyrs.

Tous les saints connus ont eu un biographe qui a présenté leurs vertus et la grandeur de leur vie. Mais le glorieux Précurseur n’a nul besoin de biographe, parce qu’il a le témoignage du Christ. Ceci est exprimé dans le tropaire de la fête de sa Décollation (29 Août) : « La mémoire du juste s’accompagne d’éloges, mais pour toi, Précurseur, le témoignage du Seigneur est suffisant. Vraiment tu t’es montré le plus grand de tous les prophètes. Tu fus digne de baptiser dans les eaux, celui qu’ils avaient annoncé. Sur terre, ayant lutté pour la vérité, tu annonças, plein de joie, jusqu’aux enfers, le Dieu manifesté dans la chair qui prend le péché du monde et nous accorde le salut. » (Apolitikon de la fête de la Décollation du saint, glorieux, prophète et précurseur Jean-Baptiste le 29 Août).

Et le Christ l’a vraiment proclamé « bienheureux » avec ses paroles les plus fortes – parmi celles-ci il a dit : « Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n’y en a point paru de plus grand que Jean-Baptiste… » (Mat : 11, 11). Ceci signifie que dans l’histoire des hommes, personne n’était apparu, jusqu’alors, de plus grand que Jean-Baptiste…

Lorsque le Christ proclame un homme bienheureux, celui-ci n’a nul besoin, d’être reconnu comme tel, par d’autres hommes.

En revanche, si tous les hommes font notre éloge et nous béatifient, mais que le Christ ne nous agrée pas, alors cela ne nous profite en rien.

Si, au contraire, le Christ nous proclame bienheureux, cela est le fondement de notre salut. Même si tous les hommes nous méprisent, comme l’a dit le père Sophrony.

Ainsi il est juste et bon que nous désirions entendre la proclamation de notre état de bienheureux par le Christ. Lorsqu’il reconnaîtra devant son Père, ceux qui auront vécu en communion et en union avec Lui. Et ceci, plutôt que de combattre pour recevoir les louanges et les béatifications de la part des hommes.

Nous y parviendrons si nous vivons dans l’état de repentir, dans le silence et le courage de la confession du bienheureux Précurseur, dont nous implorons les supplications pour notre salut, auprès de notre Dieu miséricordieux et compatissant.

Traduction, p. Pierre Deschamps