publicat in Page des enfants pe 16 Septembre 2017, 07:46
Nous voici en Palestine, dans la région de la Judée, au cœur d'un quartier de sa capitale appelée Jérusalem ; c'est là où habitaient Joachim et Anne. Ce couple, béni par Dieu, appartenait à une longue généalogie* et leurs ancêtres étaient issus de la tribu royale du roi et prophète David. Leur foi en Dieu était grande et leurs prières montaient vers le ciel chaque jour qu'il leur était donné de vivre. Malgré les richesses qu'ils possédaient, ils vivaient dans la simplicité et donnaient une partie de leurs biens aux pauvres, une autre partie pour le Temple et le reste pour subvenir à leurs besoins.
Depuis de nombreuses années, ils souhaitaient la venue d'un enfant dans leur vie. Mais les années passaient et dans la maison de Joachim et Anne aucun rire d'enfant ne résonnait ni n'enchantait les oiseaux du jardin ! La tristesse habitait une partie de leur cœur car maintenant ils arrivaient à un âge où il n'est plus possible de concevoir un petit être. Anne était envahie par le chagrin de ne pouvoir donner la vie, qui serait comme un fruit de leur amour devant le Seigneur !
À cette époque, le fait de ne pas mettre au monde des enfants était considéré comme un malheur, un défaut, on disait même une malédiction ! Car dans la Bible, l'Ancien Testament, Dieus'est adressé à l'homme et à la femme en leur disant : « Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre ! »1. Aux yeux de tous, Anne et Joachim restaient stériles, inféconds et ils pensaient que Dieu les avaient sûrement affligés d'un mal inguérissable ! Mais les pensées des hommes ne sont pas toujours celles du Seigneur ! Oh non ! Souvent elles sont éloignées de Sa miséricorde et de Sa tendresse ! Car aucune tristesse ni difficulté ne sont imposées à l'homme pour l'écraser et le condamner, mais si ce temps de peine et d'inquiétude est vécu dans la prière et l'espérance, et avec un peu de patience, alors il se produit toujours quelque chose de nouveau et de meilleur !
Joachim, rempli de ferveur envers Dieu, ne cessait de lui adresser de brûlantes prières pour la rémission de ses propres péchés et aussi pour qu'ils soient délivrés, lui et son épouse Anne, du fardeau qui pesait sur leur cœur et dans leur vie ; l'absence d'un enfant dans leur foyer ...
Un jour de fête, Joachim, pourvu de richesses, se présenta au Temple pour prier et déposer son offrande au Seigneur. Un des fidèles qui se trouvait là aussi, s'avança vers lui et lui dit, le regard plein de reproches :
- Il ne t'est pas permis de présenter ton offrande avec nous car tu n'as pas d'enfant !
En entendant ces paroles, Joachim eut le cœur déchiré et peu de temps après il sortit du Temple profondément attristé par cet événement. Il marcha longtemps dans la ville, à la recherche d'un peu de paix car tout son être était plein de sentiments et de pensées confuses. Un instant il s'arrêta, et la tête penchée sur sa poitrine, il chercha au plus profond de son cœur les mots de prière qu'il offrit silencieusement à Dieu, dans sa détresse. Afin de ne pas faire supporter cet immense chagrin à son épouse Anne, il ne rentra pas chez lui et décida de partir dans la montagne. Il pensait même y installer sa tente pour y jeûner quarante jours et quarante nuits, prier intensément et verser de douloureuses larmes devant le Seigneur. Ces paroles silencieuses se répétèrent dans son cœur... « Je ne prendrai ni nourriture ni boisson, mais ma prière sera ma nourriture ! »
Pendant ce temps-là, dans son jardin, Anne se languissait, versait elle aussi d'abondantes larmes et élevait de ferventes supplications vers le Seigneur, pour qu'Il les délivrent de ce malheur... Même les animaux du jardin, si joyeux habituellement, faisaient maintenant silence, suspendus à la profonde lamentation d'Anne :
« Hélas ! à quoi suis-je semblable ? Je ne peux être comparée aux oiseaux du ciel, car les oiseaux sont féconds devant toi, Seigneur ! Je ne peux être comparée aux animaux de la terre, car eux ils sont féconds ! Je ne peux être comparée ni à la mer, car elle est peuplée de poissons, ni à la terre, car elle donne des fruits en leur temps et elle bénit le Seigneur ! »
Voilà tout ce qui agitait le cœur de la noble Anne ! Elle avait compris que son époux Joachim s'était absenté un moment de leur maison pour ne pas peser sur son propre cœur et elle savait aussi que maintenant il intercédait auprès de Dieu pour qu'Il les aident.
Des heures passèrent, la nuit profonde avait recouvert la ville de silence et de paix, et dans les cœurs, dans les pensées, régnait-il autant de sérénité et de repos ?
Mais notre Dieu, riche en miséricorde et plein de compassion et d'amour pour les hommes, entendit leurs supplications et dans le frémissement de l'aube, envoya auprès d'Anne l'Archange Gabriel (l'ange de la bienveillance divine et l'annonciateur du Salut) pour lui annoncer qu'elle allait concevoir et donner naissance à un enfant, malgré son âge, et que l'on parlerait de cet enfant par toute la terre !
Quelle merveille ! Après ces temps si lourds et plein de tristesse et de chagrin, voilà qu'arrive l'inconcevable et l'inespéré, comme seul Dieu sait le donner ! Anne fut remplie de joie et de surprise et dit :
« Aussi vrai que vit le Seigneur mon Dieu, que ce soit un garçon ou une fille que je mette au monde, je l'offrirai au Seigneur mon Dieu, pour qu'il le serve et consacre toute sa vie au service divin ! »
De son côté, Joachim, dans le silence de la montagne, recueilli tout entier dans ses prières, reçu aussi, le matin à l'aube, la visite de l'Ange du Seigneur. Il se leva, frémit de tout son être en écoutant le saint message :
« Joachim, Joachim, Dieu a entendu ta prière ! Mets-toi en route, rentre chez toi sans retard ! Va te réjouir avec ta femme et toute ta maison, car le Seigneur va faire pour vous un grand miracle ! Anne va enfanter !
Quelle aube ! Puis quelle journée de joie ont passé les deux époux, fortifiés par ces deux annonces inouïes ! Oui, il fallait que chacun reçoive dans son propre cœur cette nouvelle qui maintenant les réjouis !
Quel est à présent ce chant d'allégresse, ce chant de fête qui résonne par toute la terre, de l'Orient à l'Occident, des profondeurs des abîmes jusqu'aux lumineuses étoiles ?
Ainsi neuf mois passèrent, dans l'attente sereine et heureuse d'un nouvel enfant pour le monde, don merveilleux de Dieu...
Arriva le temps de l'enfantement. Ce jour-là était radieux de lumière, même les oiseaux du jardin déployaient de merveilleuses vocalises !
Anne demanda à la sage-femme, le cœur rempli d'émotion : « Qu'ai-je mis au monde ? »
Celle-ci lui répondit, toute joyeuse : « Une fille ! »
Anne ne put retenir sa joie et dit, les yeux remplis de larmes de gratitude : « Mon âme en ce jour a été glorifiée et s'est réjouie ! Le Seigneur nous comble de bienfaits ! » Et l'enfant fut délicatement couchée tout près d'elle, dans le berceau de ses bras pleins de grâce.
Les premiers jours étant passés, Anne se leva, se prépara paisiblement et nourrit son enfant avec une telle joie qu'elle lui donna ce jour-là le nom tant attendu, le nom que les Prophètes et les Justes avaient annoncé et par lequel Dieu devait réaliser le projet qu'Il tenait caché depuis l'origine du monde, ce nom, c'est celui de Marie, qui veut dire dans la langue araméenne* ''illuminatrice'' !
On entendit alors, dans le mystérieux silence des chœurs angéliques, ces paroles qui réjouirent Anne et toute sa maisonnée :
O Dieu, Jardinier de nos âmes et de nos cœurs,
D'un sol infertile tu fis un verger,
D'une terre asséchée, un champ aux nombreux épis,
De Sainte Anne, tu fis pousser ce fruit très-pur qu'est Marie, la Mère de Dieu !2
De jour en jour la petite Marie se fortifiait. Quand elle eut six mois, Anne la posa à terre pour voir si l'enfant tiendrait debout. Marie avança alors de sept pas assurés puis revint vite se blottir dans les bras d'Anne ! Elle la souleva en disant : « Aussi vrai que vit le Seigneur mon Dieu, tu ne marcheras plus sur ce sol avant que je ne t'emmène au Temple du Seigneur ! » Et quelques temps plus tard, Joachim présenta Marie aux prêtres du Temple qui la bénirent en prononçant cette prière : « Dieu de nos pères, Dieu des hauteurs sublimes, bénis cette petite fille et que son nom soit nommé éternellement et par toutes les générations ! »
La petite Marie grandit dans l'amour et la tendresse de ses parents et déjà ce merveilleux fruit de la Promesse ne cessait d'enflammer le cœur de Joachim et Anne, si bien que leurs chants résonnaient jusqu'aux confins de l'univers, là où le chœur des Anges se rejoignent !
« Réjouissez-vous avec nous, Adam et Ève, nos premiers parents,
car si jadis le Paradis a été fermé à tous par votre désobéissance,
maintenant un merveilleux fruit nous a été donné, Marie, la servante de Dieu
qui ouvre à tous les hommes, à nouveau, l'entrée du Paradis !3 »
Oui ! de Marie, la toute-pure, fleurira le Christ, notre Sauveur et notre Dieu ! Merveille qui suscite en vérité l'étonnement !
Texte composé par Hélène Dragone à partir de certains éléments du livre « Le Synaxaire, Vie des Saints de l'Église Orthodoxe » par le Hiéromoine Macaire de Simonos Petra, Tome 1, septembre-octobre, Éditions Indiktos.
*Généalogie : liste de toutes les personnes qui se sont succédées dans une famille au cours du temps, ou bien ici, dans l'histoire biblique. On peut retrouver des ancêtres dans sa propre famille qui remontent jusqu'à de très nombreuses années.
*Araméen : très ancienne langue des pays du Proche-Orient, dont Israël, et ses traces écrites remontent à 3000 ans. C'était aussi la langue parlée par Jésus Christ.