publicat in L’évangile au Monastère pe 13 Juillet 2017, 17:17
Quoi d'étonnant que le visage de Jésus soit devenu comme le soleil, puisqu'Il était Lui-même le soleil ? Il était le soleil, mais caché derrière un nuage. Maintenant le nuage s'écarte, et il resplendit pour un instant. Quel est ce nuage qui s'écarte ? Ce n'est pas la chair elle-même, mais la faiblesse de la chair qui disparaît un moment.
Ce nuage, c'est celui dont parle le prophète : « Voici que le Seigneur montera sur une nuée légère » (Is 19, 1) : nuée de la chair qui couvre la divinité, légère car cette chair ne porte en elle-même rien de mal ; nuée qui dissimule la splendeur divine, légère car elle doit s'élever jusqu'à la splendeur éternelle. C'est le nuage dont il est dit dans le Cantique des Cantiques : « Je me suis assise à l'ombre de celui que je désire » (Ct 2, 3). Nuage léger car cette chair est celle de « l'Agneau qui enlève les péchés du monde » (Jn 1, 29) ; et une fois ceux-ci enlevés, le monde est élevé dans les hauteurs des Cieux, délesté du poids de tous ses péchés.
Le soleil voilé par cette chair n'est pas « celui qui se lève pour les bons et les méchants » (Mt 5, 45), mais « le Soleil de justice » (Mt 3, 20) qui se lève seulement pour ceux qui craignent Dieu. Habituellement voilée par le nuage de la chair, cette « lumière qui éclaire tous les hommes » (Jn 1, 9) brille aujourd'hui de tout son éclat. Aujourd'hui elle glorifie cette même chair ; elle la montre déifiée aux apôtres, pour que les apôtres la révèlent au monde.