publicat in Parole de l'Évangile pe 3 Juillet 2017, 16:30
Bonne Raison d’Apprendre Par Cœur (4)
Apprendre par Cœur pour Approfondir et Développer sa Foi.
Précédemment, j’ai dit que lorsque Dieu nous intime l’ordre, ou nous recommande fortement, de retenir en nos cœurs sa parole, il ajoute aussitôt, et que son amour nous sera alors acquis, et qu’une récompense en dépend.
Pour l’AT, on a Dt 6, 17-18 (Traduction Bible de Jérusalem) – Vous garderez les commandements du Seigneur, ses instructions et ses lois qu’il vous a prescrites, afin d’être heureux et de vous emparer de l’heureux pays. (Il parle de la Terre Promise, où coulent le lait et le miel, où règne la paix) ;
ainsi que Dt 7, 12-13– Pour avoir écouté ces ordonnances, les avoir gardées et mises en pratique, le Seigneur te gardera l’alliance et l’amour qu’il a jurés à tes pères (Abraham, Isaac et Jacob). Il t’aimera, te bénira, te multipliera.
Ainsi, Dieu aime et bénit, et l’homme vit en paix dans la Terre que Dieu a Promise.
Et pour le NT, en Jean 14, 23 (Traduction Bernard Frinking)– Si quelqu’un m’aime il gardera ma parole, et mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui, et nous ferons notre demeure chez lui.
Ici dans le Nouveau Testament – et c’est donné comme le fruit de la méditation/rumination de la parole du Verbe incarné – Dieu le Père aime, et la Divine Trinité se rapproche de l’homme au point d’habiter en lui. La réconciliation entre Dieu et l’homme est totale.
Par sa victoire, le Christ, médiateur entre Dieu et l’homme a obtenu cette réconciliation. L’office de l’Ascension nous le dit : Le chœur des Anges, voyant le Christ, le médiateur entre Dieu et les mortels, monter dans les hauteurs avec sa chair, fut saisi de crainte et, d’une même voix, se mit à chanter l’hymne devictoire.1
Puis,
La terre en fête exulte de joie, avec elle se réjouit le ciel au jour de la divine Ascension du Créateur de l’univers réunissant ce qui jadis fut séparé.2
Maintenant unie à la divinité, la nature humaine siège sur le Trône divin, et la porte du Paradis est rouverte. Le plan de Dieu est accompli. Un chemin existe désormais pour accéder au Paradis et c’est le Christ lui-même : Je suis le chemin, la vérité et la vie. (Jean 14, 6) Et aussi : Je suis la porte des brebis. Qui entrera par moi sera sauvé. (Jean 10, 9)
Aux hommes à accomplir leur part : le chemin est ouvert, parcourez-le, la porte est là, empruntez-la.
Comment faire ? Comment s’y prendre ?
L’épître aux Romains nous fournit une piste. Au verset 10 Paul nous dit, en commençant par une citation du Prophète Joël : (Traduction Bernard Frinking, retouchée.)
Paul nous parle de foi et d’écoute, en les liant l’une à l’autre.
Voyons cela de plus près.
Quiconque appelle le nom du Seigneur sera sauvé.
C’est une citation du Prophète Joël. (Jl 3, 5)
Après deux chapitres décrivant des malheurs extrêmes, Joël donne de l’espoir :
L’homme appelle et Dieu appelle … Toujours cette réciprocité. Il faut l’accord des deux volontés pour qu’advienne le bien que Dieu veut et offre. L’homme doit être actif, et en l’occurrence, appeler.
C’est une énigme, une série de questions à tiroirs.
Il faut que quelqu’un soit envoyé – envoyé en grec, c’est ‘apostellô’, qui a donné ‘apôtre’: il faut un ‘apôtre’ c’est-à-dire un envoyé de Dieu – un missionné, quelqu’un qui a reçu la bénédiction – pour clamer. (‘Clamer’, c’est ‘kerussô’ qui a donné ‘kérygme’ : clamer, c’est ‘clamer-l’Annonce-de-Dieu’ ; c’est ce que font au premier chapitre de Marc, Jean Baptiste d’abord, puis Jésus.4)
Celui qui clame de la part de Dieu, on pourra l’écouter.
Rappelons-nous que dans le monde biblique, à une époque où prédomine la culture orale, ‘écouter’ signifie retenir par cœur. Dans ce monde, on n’a pas ‘écouté’, si on n’est pas capable de redire mot pour mot l’enseignement reçu.
Par l’écoute, on gagnera la foi. Ce n’est même pas explicité tellement cela paraît évident à l’auteur. L’écoute et la foi vont de pair.
Et celui en qui on met sa foi, sa confiance, on pourra l’appeler dans la tribulation … Du rôle de la tribulation dans la vie spirituelle …
Car il est écrit : qu’ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent …
C’est une citation d’Isaïe (Is 52, 7 – Traduction BJ) : ‘Qu’ils sont beaux les pieds du porteur de bonnes nouvelles’ …
‘Bonne Nouvelle’, en grec ‘Évangélion’, c’est à dire ‘Évangile’ :
Et là, la Bible de Jérusalem nous offre en note, tout un lot de citations concordantes qui nous réjouissent par les bonnes nouvelles annoncées. Je les transcris ici :
Nahum 2,1 – Voyez, sur les montagnes accourt le messager, il proclame : « le Salut ! »
Marc 1,14-15– Clamant l’Annonce Heureuse de Dieu et en disant : Il est accompli le temps, et s’est approché le Règne de Dieu. Repentez-vous et ayez foi en l’Annonce Heureuse. (Traduction B. Frinking)
Marc 16,15– Etant allés dans le monde entier, clamez l’Annonce Heureuse à toute la création. Celui qui aura foi et sera immergé sera sauvé. (Traduction B. Frinking)
Matthieu 4,23– Il parcourait la Galilée, enseignant (…) proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant.
Sur ce verset, BJ précise : ‘Bonne Nouvelle’ est le sens premier du mot grec ‘Évangile’. L’Évangile n’est pas d’abord un écrit, ni même une prédication, mais le salut apporté par J.C., et dont il est le centre.
Il s’agit bien de l’Annonce du Salut en Jésus Christ. Voilà l’ensemble des ‘bonnes nouvelles’ apportées, voilà l’objet de l’écoute, et de la foi.
Isaïe continue :
… ‘qui annoncent la paix’… C’est une citation qui prend quelques libertés, ou bien c’est une autre version. Rien de fondamentalement différent.
Rappelons-nous, la paix entre Dieu et l’homme est rétablie par Jésus Christ. Quel bonheur !
…’ qui annoncent les biens’.
Les biens, c’est justement le Salut – tel que le proclame le messager qui court sur les montagnes, dont parle le prophète Nahum cité ci-dessus. Ou bien, c’est l’Esprit Saint, ‘Trésor des biens’.
Combien tout cela est joyeux, et exprimé avec élan par des actions, des déplacements : On accourt sur les montagnes et là, on proclame ; on clame l’Annonce Heureuse ; on va dans le monde entier et on clame à toute la création ; pour qu’ils soient sauvés ; il parcourt, il enseigne, il proclame et il guérit ; Jésus apporte le Salut.
Avec élan, de façon drue. Avec vitalité, avec ardeur. Ce salut n’est pas compassé ni triste ! Certes non. Et les pieds du porteur de bonnes nouvelles, comme ils sont beaux !
Mais tous n’obéissent pas à l’Annonce …
Cette désobéissance, cet évitement, c’est quelque chose à quoi tout porteur de bonnes nouvelles doit s’attendre, c’est prédit. Rappelons-nous : l’homme est libre, … et il fait attendre Dieu … Il y aura des résistances, des refus.
… car Isaïe a dit « Seigneur qui a eu foi en nous écoutant ? »
Encore Isaïe ! Contrairement à Abdias qui n’a pas de chapitre, Isaïe en a 66 ! On pourra le citer souvent, car il a prédit beaucoup. Ici, c’est une citation d’Isaïe 53, 1, selon la traduction de la Septante5.
Seigneur, qui a cru en nous écoutant ? Et le bras du Seigneur, à qui a-t-il été dévoilé ?
Et suit immédiatement le quatrième chant du Serviteur souffrant6. Le refus de la part de l’homme fait qu’apparaît dans la grande Saga du Salut, le Serviteur souffrant. C’est concomitant.
Dieu – lui qui aime en ouvrant les bras, qui aime d’amour-don, d’amour fou – Dieu assume.
Ainsi la foi vient de l’écoute de l’écoute d’une parole du Messie.
Cette phrase en grec est ambiguë, et les traductions sont très variées.
(Bernard Frinking a traduit : La foi vient de l’écoute, et l’écoute par une parole du Messie. Ce qui n’est pas vraiment explicite. En fait, il n’y a pas ‘et’ dans le texte grec, il y a un petit mot : ‘dé’, comme si l’auteur voulait préciser de quelle écoute il s’agit ; ensuite, la préposition ‘dia’ ici traduite par ‘par’ peut signifier aussi ‘à travers’ ou ‘le long de’, et même chez saint Paul ‘à cause de’ ; et devant ‘parole’, il n’y a pas d’article, si bien qu’on peut comprendre ‘une parole’ indéfinie, ou bien ‘la parole’ en général.)
J’opte quant à moi pour l’interprétation suivante : ‘la foi vient de l’écoute’, précisons : ‘de l’écoute (à cause) de la parole du Messie’, de l’écoute qui aurait pour objet ‘une’ ou ‘la’ parole du Messie. Et ça donne : « Ainsi la foi vient de l’écoute, de l’écoute d’une parole du Messie. »
Ainsi, je comprends que c’est en écoutant/apprenant la parole du Messie qu’on ‘attrape’ la foi, qu’on se laisse envahir par la foi. Qu’elle grandit en nous.
En fait, c’est bien ce que tous les traducteurs comprennent, mais il y a différentes façons de l’exprimer.
Si la foi vient de l’écoute, de l’écoute de la Parole, cela m’encourage fortement à apprendre et approfondir toujours davantage la Parole de Dieu, de façon à conforter ma foi, à ouvrir ma porte au Seigneur qui frappe7, et que Lui soit vainqueur en moi de mes rebellions, de mes résistances avérées ou secrètes.
Oui, garder la Parole.
D’autant plus que j’ai redécouvert dernièrement ce verset de Saint Jean :
Le Christ dit : Il est écrit dans les prophètes : « Ils seront tous enseignés par Dieu. »8 Quiconque, ayant écouté ce qui vient du Père, et ayant appris, vient à moi. (Jean 6, 45 – Traduction d’après l’Interlinéaire.)
Or c’est lui-même justement qui vient d’auprès du Père et nous transmet la parole du Père. Il nous prédit qu’en l’écoutant et en ‘apprenant’ – il le spécifie bien en employant le verbe ‘manthanô’, apprendre, comme des ‘appreneurs’, comme des disciples ; apprendre pour retenir et pour garder dans le cœur – nous viendrons à lui. Et deux versets plus tard, il précise : 47. Celui qui croit a la vie éternelle. 48. Je suis le pain de vie.
Voilà donc une nouvelle bonne raison d’apprendre par cœur : approfondir sa foi, puisque c’est la foi qui sauve.
Accorde-le, Seigneur.