publicat in Homélies et sermons pe 9 Juin 2017, 07:42
L'action de la Lumière (au sujet de laquelle j'écris) sur l'esprit de l'homme témoigne de sa divinité : elle est incréée, innommable, inviolable ; elle est mystérieuse, impondérable. Je suis perplexe : comment donc penser ou parler à son sujet ?
Selon sa nature, cette Lumière n'est pas de ce monde. Sa descente sur nous n'est autre chose que Dieu se manifestant à l'homme : la révélation des mystères célestes. La connaissance de Dieu fut affermie par le don de cette Lumière lors de la Transfiguration sur le Mont Thabor. À partir du moment où les Apôtres furent illuminés par elle, elle entra dans l'histoire de notre monde et devint un « héritage inaliénable » pour les générations successives de ceux qui croient en Christ-Dieu. Sans elle, la Terre serait restée privée de la vraie connaissance de Dieu. Me fondant sur ma propre expérience, je me suis permis de l'appeler « Lumière de la résurrection », car sa venue introduit l'esprit de l'homme dans la sphère où la mort n'existe pas. Hors de cette Lumière, le mystère des voies du salut n'est pas compris correctement : le monde, les hommes seraient restés dans la ténèbre de l'ignorance. La formation théologique abstraite, même la plus raffinée, ne sauve pas, car elle ne donne qu'une compréhension intellectuelle mais n'élève pas réellement dans le domaine de l'Être divin.
Cette Lumière est parfois comparable à un nuage recouvrant le sommet d'une montagne sur laquelle nous nous trouvons : le nuage lui-même est tout saturé de lumière, mais nous ne voyons que lui, – le reste du monde est noyé quelque part au loin. De même, en nous faisant communier à un nouveau mode de l'existence spirituelle, la Lumière divine prive nos yeux de la vision du monde matériel. Cette Lumière est égale, unie ; elle est remplie d'une profonde paix. En elle, l'âme contemple l'Amour et la Bonté de Dieu. Lorsqu'elle se déverse en abondance sur l'homme, il cesse de percevoir la matérialité du lieu où il se trouve et même celle de son corps. Plus que cela : il se voit lui-même comme lumière. Cette Lumière vient doucement, avec délicatesse, si bien que l'on ne sait pas comment elle nous a entourés. D'habitude, ce n'est pas immédiatement, abruptement que le monde « est oublié ». Ce phénomène ressemble plutôt au calme assoupissement d'un homme jouissant d'une santé normale ; mais, bien évidemment, il ne s'agit nullement de sommeil, mais de plénitude de vie.