publicat in Varia pe 22 Avril 2017, 20:58
Il était une fois..., ils se sont rencontrés..., ils se sont aimés..., et leur histoire n’aura pas de fin...
Qui ne souhaite pas vivre une belle histoire d’amour qui ne finirait jamais ? C’est un désir légitime, semé en nous par Dieu. Mais, qui parmi nous est à même de savoir ce que cela signifie vraiment ? Nous demandons, mais nous ne savons pas ce que nous demandons : « Vous ne savez pas ce que vous demandez »1 , nous dit le Sauveur. Autrement dit, vous ne savez pas ce que signifie ce que vous demandez. Fait toujours actuel depuis Adam. Lui non plus ne savait pas ce que voulait dire être un dieu qui connaisse le bien et le mal, mais il s’est imaginé à peu près ce que ça pourrait être, en suivant la suggestion de l’ennemi. De même, nous aussi, nous cherchons l’amour que nous désirons, nous nous imaginons comment ça devrait être et, le plus souvent, nous sommes déçus parce que la réalité a été différente de l’image que nous avons nous-même construite. Comme Adam, nous avons été trompés et nous continuons à répéter la même erreur.
Les saints ne se sont pas laissés induire en erreur. L’imagination ne les a pas trompés et, grâce à la purification des sens, ils ont connu le Christ et Son amour. J’aimerais comparer leurs vies aux plus belles histoires d’amour. Ils étaient des gens simples, avec des péchés comme nous, mais ils étaient formidables par ce qu’ils avaient vécu et par ce qu’ils avaient vaincu avec l’aide de la grâce de Dieu (soucis, insuffisances, souffrances, martyrs). Chaque icône a son histoire unique d’amour, amour qui s’est montré plus fort que la mort. Comment ont-ils réussi ?
Par le Carême, par les prières, grâce aux prières de l’Église et par de bonnes actions. C’étaient ça les moyens grâce auxquels ils ont assouvi leur soif d’amour. En parlant du Carême, le père Ghelasie disait que « celui-ci ne constitue pas un interdit, une limitation, comme on le considère à tort, mais plutôt un remplissage de soi qui n’absorbe plus personne d’autre et qui n’est plus absorbé par personne »2, c’est-à-dire de ne pas consommer et de ne pas se laisser « consommé », laissant ainsi la grâce de Dieu nous remplir plus pleinement (par la prière, par les offices, par la communion). La chute a été un vide d’Amour, raison pour laquelle nous sommes restés avec ce besoin d’être à nouveau remplis d’Amour.
C’est exactement l’action du Carême, qui nous donne la possibilité de nous remplir à nouveau de ce dont nous avons été « vidés » jadis, par la chute, c’est-à-dire l’Amour de Dieu. C’est pour cela que, pratiquement, nous « mangeons » Dieu à travers la Sainte Eucharistie. Et alors je me demande, pourquoi est-ce que nous hésitons, voire même nous fuyons ce qui nous rapproche réellement de ce que nous désirons le plus : l’Amour ? Comment pourrions-nous savoir aimer, savoir maintenir un amour constant, inaltéré, toujours le même, par nos propres forces, sans une purification préalable de notre être et sans être liés à la source principale d’Amour qui est Dieu ?
Le père Stăniloae disait que « les démons sont probablement la preuve la plus concrète de l’impuissance à assouvir la soif de vie en dehors de Dieu, par eux-mêmes, par leur propres forces »3.
Dieu n’est pas un marchand de télé-réalité (aujourd’hui je t’aime, demain je te hais et après-demain on verra...), au contraire, Il invite chacun d’entre nous, à vivre une histoire d’amour profond et qui n’a pas de fin. Si le lien entre Dieu et l’homme n'était pas un lien d’amour, alors ni le Carême, ni les autres règles de l’Église n’auraient de sens. C’est pour cela que l’Évangile parle du Père qui se hâte pour célébrer le mariage de Son Fils4. C’est justement ce que le mariage suppose : un lien d’amour entre le Marié et sa mariée. « Venez, maintenant c’est prêt ! »5. Nous pouvons choisir de ne pas répondre à l’invitation. Mais s’il nous arrive de rester en dehors de la chambre nuptiale, nous y restons non pas parce que l’hôte nous a exclus, mais par notre propre choix.
« Ta chambre, ô mon Sauveur, je la vois parée et je n’ai point d’habits pour y entrer, illumine mon âme Toi qui donnes la lumière, et sauve moi ! »6