Saint Martyr Mamas, † 2 septembre

publicat in Page des enfants pe 13 Septembre 2016, 05:24

Histoire simplifiée et agrémentée pour les enfants par Magdalena d'après le livre « Le Synaxaire, Vie des Saints de l’Église Orthodoxe », par le Hiéromoine Macaire de Simonos Pétra – Tome 1er (septembre, octobre) – Éditions Indiktos.

Saint Mamas était originaire de la ville de Gangres en Paphlagonie (aujourd'hui Cankiri, en Turquie).Ses parents, Théodote et Rufine, étaient des fidèles chrétiens et des confesseurs de la foi*. Comme ils refusaient de renier le Christ, ils furent arrêtés par les païens* et emprisonnés à Césarée. C’est dans la prison que Mamas vit le jour en 260. Ses parents trouvèrent la mort en prison et le petit orphelin fut alors adopté par une femme chrétienne appartenant à la noblesse du nom d’Ammia (selon d'autres elle s'appelait Matrone). Lorsqu'il commença à parler, il appelait souvent sa mère adoptive « Mama », aussi on le surnomma Mamas.

Ammia éleva le petit Mamas dans la foi chrétienne et lui donna tous les saints conseils pour aimer et servir Dieu. A l’âge de quinze ans, Mamas fut à son tour arrêté par les soldats de l'empereur, parce qu'il avait refusé d'offrir des dons et des sacrifices aux idoles le « jour de Zeus » et parce qu'il avait entraîné ses compagnons de classe à suivre son exemple courageux. Il fut d’abord livré à Démocrite, le gouverneur de Césarée de Cappadoce. Celui-ci apprenant que Mamas était d'origine noble l'envoya à l’empereur Aurélien pour être jugé. Le tyran essaya d’abord, par des paroles hypocrites et flatteuses, de convaincre le jeune garçon d’adorer le dieu Sérapis et de lui offrir un sacrifice, mais l'empereur trouva l’âme de Mamas plus solide que le diamant et plus brûlant de zèle divin que le feu le plus ardent. Cela mit l'empereur Aurélien trèsen colère :

« Comment un enfant ose me tenir tête, à moi l'empereur qui règne sur la plus grande partie du monde ! » et il livra Mamas à de cruelles tortures : fouets et coups. Il pensait que la souffrance avait vaincu Mamas, et il lui demanda :

« Dis seulement que tu sacrifies aux idoles et je te libère. »

Mamas lui répondit : « Ni de cœur ni même des lèvres, je ne renierai le Christ mon Sauveur, ô Empereur. Je te remercie au contraire de me permettre, par ces tortures, d’aimer encore plus le Christ mon Roi, et de m’unir à Lui, qui a souffert pour mon salut. »

On le tortura encore horriblement et après lui avoir brisé les os à coups de pierres, les soldats reçurent l’ordre de jeter Mamas à la mer et pour le noyer ils lui attachèrent autour du cou une lourde boule de plomb. Mais il y eut un miracle ! Un ange de Dieu le délivra et le transporta sur une haute montagne qui se situait au dessus de la ville de Césarée. Mamas vécut sur cette montagne, en rendant gloire à Dieu par la prière sans interruption. Il vivait en compagnie des bêtes sauvages ; Mamas était tellement uni à Dieu et à sa création, comme jadis Adam au Paradis, et il avait atteint une telle paix qu'il apprivoisait les bêtes et les fauves. Les ours, les lions et les tigres le suivaient comme des moutons suivent leur berger. Il faisait du fromage avec le lait des biches, dont il se nourrissait, et il allait donner tout ce qu'il restait en plus aux pauvres de Césarée.

Au bout de quelque temps, le nouveau gouverneur de Cappadoce, Alexandre, qui avait entendu parler du jeune ascète, envoya des cavaliers pour l’arrêter. Mamas fut averti à l’avance de leur arrivée par un signe de Dieu et il les accueillit en leur offrant du pain et du fromage, ensuite il accepta de les suivre. Ayant confessé sa foi avec courage, Mamas subit à nouveau des tortures, avec pour seul résultat de montrer avec plus d’éclat encore la présence de la grâce dans son âme et dans son corps. Jeté dans un grand feu ardent, il chantait la gloire de Dieu (comme les trois jeunes gens* jetés dans la fournaise de Babylone) et il était protégé de la brûlure des flammes par une rosée divine. Il fut ensuite livré aux fauves, qui très paisibles avec lui, vinrent lui lécher les pieds. Finalement, les bourreaux le transpercèrent avec une fourche. Gravement blessé, Mamas trouva toutefois la force de sortir de la ville. Il arriva jusqu'à une grotte*, il se coucha sur le sol et il entendit une voix venue d’en haut qui l’appelait à venir se reposer de toutes ses peines, auprès de Dieu au Paradis, et il mourut en martyr*.

* Le petit vocabulaire des nouveaux mots et découverte

Confesseur de la foi : Personne qui, à l'époque des persécutions, déclarait devant tout le monde sa foi chrétienne.

Païen : Le mot païen est souvent employé pour désigner ceux qui ne sont pas chrétiens, ceux qui ne croient pas en Dieu ou qui adorent des idoles (faux dieux).

Les trois jeunes gens jetés dans la fournaise : Cette histoire se trouve dans la Bible dans l'Ancien Testament au chapitre 3 du livre de Daniel. A Babylone, au temps du roi Nabuchodonosor, trois jeunes hébreux Ananias, Azarias et Misaël (qui avaient reçu les noms babyloniens de Sidrac, Misac et Abdénago) refusèrent d'adorer et de se prosterner devant une idole, une très grande statue d'or que le roi avait fait construire, alors le roi fit jeter les trois garçons dans un immense feu. Le Seigneur les protégea miraculeusement, en leur envoyant un ange qui écarta les flammes et les enveloppa de vent et de rosée afin que les jeunes garçons ne soient pas brûlés. Au milieu du feu, ils rendaient gloire à Dieu en dansant et en chantant pour Lui une magnifique prière. En voyant cela le roi Nabuchodonor fut ému et reconnut le vrai Dieu et il délivra les trois jeunes gens.

Grotte : Au-dessus de la grotte où se réfugia saint Mamas, on construisit, au 4è siècle, une grande basilique dédiée à Saint Mamas, où les fidèles vinrent le vénérer et le prier en grand nombre. C’est là que les saints Pères, notamment saint Basile, prononcèrent leurs homélies en son honneur. Jusqu’à l’expulsion des Grecs d’Asie Mineure (1922), les femmes grecques et même les femmes turques, avaient coutume d’exposer leurs enfants malades dans les ruines de cette basilique, pour obtenir leur guérison. Saint Mamas est spécialement vénéré à Paphos, dans l’île de Chypre, où l’on conserve son crâne.

Selon la tradition occidentale, des reliques de saint Mamas qui étaient dans une basilique de Constantinople furent transférées au temps des croisades et se trouvent actuellement en France, dans la basilique de Saint Mammès à Langres en Champagne. Lieu de nombreux miracles.

Le(s) martyr(s) : est une personne qui accepte des souffrances et jusqu’à se laisser tuer pour témoigner de sa foi en Jésus Christ, plutôt que de Le renier. Tout comme Jésus a souffert et donné sa vie pour nous. Le mot « Martyr » appartient essentiellement, et à l'origine, au vocabulaire chrétien ; ce mot doit être différencié du martyre (avec un e) qui est l’acte même de mise à mort ou des souffrances imposés.