publicat in Homélies et sermons pe 11 Juin 2016, 20:55
Sujet de réflexion
Aucun autre mortel n’a interprété les Épîtres de l’Apôtre Paul avec autant de profondeur et d’amour que saint Jean Chrysostome. Si Paul les avait interprétées lui-même, il n’aurait pu mieux faire. Voilà, l’histoire nous dit que Paul lui-même les a interprétées par l’esprit et la plume de Chrysostome. Quand saint Proclus était novice du Patriarche Chrysostome, il avait pour obédience de le tenir informé des visiteurs. Un certain gentil homme fut calomnié auprès de l’Empereur Arcadius, et l’Empereur le chassa de la cour. Ce gentil homme vint prier saint Jean Chrysostome d’être son intermédiaire entre lui et l’Empereur. Proclus en alla informer le Patriarche, mais en regardant par la porte ouverte, il vit un homme penché au-dessus du Patriarche et lui chuchotant à l’oreille pendant qu’il écrivait. Ceci dura toute la nuit. Proclus dit au gentilhomme de revenir le soir suivant, et lui-même se demanda comment cet homme avait réussi à être auprès du Patriarche, et avait pu ne pas être annoncé. La même chose arriva la nuit suivante, et Proclus s’en étonna plus encore. Cela se poursuivit une troisième nuit, et il en fut extrêmement abasourdi. Quand Chrysostome lui demanda si tel et tel gentil homme était venu, Proclus lui répondit qu’il avait déjà attendu trois nuits, mais que lui, Proclus, n’avait pas osé le déranger à cause de l’homme d’un certain âge, pur étranger, qui avait chuchoté à l’oreille du Patriarche pendant trois nuits entières. Chrysostome, étonné, lui dit qu’il avait ignoré que quelqu’un était avec lui les trois nuits précédentes. Quand il demanda au novice de lui décrire le vieil homme, Proclus lui indiqua l’icône du Saint Apôtre Paul, et lui dit qu’il était comme lui. C’était évident qu’il s’était agi de l’Apôtre Paul lui-même, dirigeant la plume de son grand interprète.
« Prologue d’Ochrid », Saint Nikolaï de Zica,
Trad. de la version de Mother Maria, A. Monney