Le Juste*JOB « qui a beaucoup souffert », fêté le 6 mai

publicat in Page des enfants pe 12 Mai 2016, 15:13

Longtemps avant la venue du Christ, peut-être même avant Moïse, comme certains le pensent, vivait aux confins de l’Arabie un homme du nom de Job. « Cet homme était intègre et droit, il craignait Dieu et s’écartait du mal » (Job 1, 1).* Pour lui, Dieu était le Créateur et le maître de l’ordre dans le monde. Il craignait Dieu par sagesse.

Il avait une quantité de serviteurs, de servantes et des troupeaux, ce qui dans ce pays constituait une grande richesse. « Il possédait sept mille brebis, trois mille chameaux, cinq cents paires de bœufs, cinq cents ânesses » (Job 1, 3). Tous les habitants du pays l’aimaient et avaient du respect pour lui. Job mettait ses richesses au service de Dieu : il aidait volontiers les pauvres, protégeait les infirmes et était célèbre pour sa sagesse. En tant que père il était comblé : il avait en effet sept fils et trois filles. Ses enfants vivaient dans la paix et s'entendaient très bien. Ils habitaient séparément et se réunissaient régulièrement les uns chez les autres pour faire un bon repas afin de manger et boire ensemble. Le juste Job ne participait pas à ces fêtes familiales, mais il priait Dieu pour ses enfants et, après les fêtes, il les conviait chez lui, pour les purifier, et il offrait un sacrifice à Dieu pour chacun d’eux. Le juste Job, qui menait une vie très droite, agissait ainsi parce qu’il n’était pas certain que ces festins ne soient pas un peu « un péché ».

Un jour, Dieu réunit au Ciel un conseil divin. Satan* se trouvait parmi les conseillers. « Dieu dit à Satan : D’où viens-tu ? Satan répondit au Seigneur : De parcourir la terre et de m’y promener » (Job 1, 7).Dieu demanda à Satan s’il avait vu sur la terre son serviteur Job : « As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n’y a personne comme lui sur la terre ; c’est un homme intègre et droit, qui craint Dieu et s’écarte du mal. » Le diable répondit que lorsqu’on était aussi riche et heureux, ce n’était pas vraiment difficile de servir Dieu. Alors le Seigneur permit à Satan de mettre à l'épreuve Job, afin de présenter Job comme un exemple de patience et d’abandon à la Providence divine. Dieu donna au diable le pouvoir sur les biens de Job et sa famille.

Une fois, les fils et les filles de Job dînaient ensemble chez leur frère aîné, tandis que Job priait chez lui. Soudain, un des serviteurs de Job rentra dans la pièce où se trouvait Job et lui dit : « Tes bœufs et tes ânes se trouvaient dans un pré et des voleurs leur sont tombés dessus, les ont saisis et ont tué tes serviteurs qui les gardaient. Je suis resté seul en vie et je suis venu t’annoncer ce malheur. » Il avait à peine fini son récit qu’un autre serviteur arriva et expliqua que la foudre avait frappé les moutons et les bergers de Job et qu’il était le seul rescapé. Derrière lui, un troisième messager entra et lui expliqua que les Chaldéens avaient vu les chameaux de Job et avaient tué les serviteurs qui les faisaient paître. Finalement un quatrième serviteur vint et annonça la nouvelle la plus terrible : « Tes fils et tes filles mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leur frère aîné ; et voici qu’un grand vent est venu de l’autre côté du désert et a battu les quatre coins de la maison ; elle s’est écroulée sur les jeunes gens, et ils sont morts. Je me suis échappé, moi seul, pour te l’annoncer » (Job 1, 18-19).

Job, terrassé par le chagrin, déchira son vêtement, tomba à terre et s’écria : Nu, je suis sorti du sein de ma mère, et nu j’y retournerai. Le Seigneur a donné, et le Seigneur a repris ; que le nom du Seigneur soit béni ! » (Job 1, 21).Et pas une parole de reproche ne sortit de la bouche de Job.

A la suite de cela, le diable ne cessa pas d'attaquer injustement la vertu de Job devant Dieu, en expliquant que Job servait Dieu de façon intéressée et qu’il aimait moins Dieu que lui-même. Alors le Seigneur autorisa le diable à toucher Job dans sa chair et ses os. Job fut frappé d’une terrible maladie de peau qui recouvrit tout son corps. Job prit un morceau de poterie pour se gratter et s’assit sur le tas d’ordures qui se trouvait à l’écart des habitations.

Il reçut de sa femme le conseil suivant : « Maudis Dieu, et meurs ! » Mais il lui répondit ; tu parles comme une femme insensée ! Quoi ! Nous recevons de Dieu le bien, et nous ne recevrions pas aussi le mal ! » (Job 2, 10).

Trois des amis de Job apprirent son malheur et décidèrent de lui rendre visite, « pour aller le plaindre et le consoler. »

Comment parler de Dieu au moment de la souffrance ? Dans un premier temps, stupéfaits de voir l’état dans lequel était Job, ses amis furent muets. Ce silence dura une semaine. Cette simple présence était un témoignage de sympathie. Job prit le premier la parole. Au cours de cette semaine silencieuse, son discours n’était plus le même. Le juste Job n’était plus aussi sûr de lui. Sa souffrance dépassait ce qu’un être humain normal pouvait supporter. Puis les amis de Job parlèrent, à tour de rôle, longuement avec Job, non sans maladresse. Pour eux, Dieu avait envoyé cette épreuve à Job parce qu’il avait « pêché ». Ils n’imaginaient pas que la Justice de Dieu pouvait être autre.

Job fut blessé par ses amis, mais ayant la conscience pure, il resta ferme dans sa foi. Et c’est Dieu qui vint finalement apporter la réponse. Le Seigneur expliqua à Job et à ses amis qu’on ne peut pas juger les voies du Seigneur, mais qu’il faut tout endurer avec foi parce que seul Dieu est sage et tout puissant. Les amis de Job étaient venus le consoler, mais maintenant c’était eux qui avaient besoin de l’aide de Job pour les réconcilier avec Dieu. Les trois amis de Job offrirent des sacrifices à Dieu pendant que Job priait pour eux, parce qu’ils n’avaient pas parlé de Dieu de façon juste.

Il faut une très grande humilité pour atteindre la connaissance de Dieu. La vraie connaissance de Dieu est d’avoir « la sensation de son incompréhensibilité », précise saint Grégoire de Nysse*. La vraie connaissance de Dieu est de comprendre qu’on ne peut pas connaître Dieu.

Ayant ainsi triomphé de l’épreuve, Job fut à nouveau comblé de bénédictions par Dieu. Le Seigneur lui rendit sa fortune. Dieu lui donna même le double de tout ce qu’il possédait auparavant et lui accorda une nombreuse descendance. Job vécut encore cent quarante ans et mourut à l’âge de deux cents quarante ans.

La vie de Job a toujours été une source de consolation pour les serviteurs de Dieu qui sont soumis à l’épreuve.

Rédigé par la moniale Sofia à partir de plusieurs Synaxaires et du Livre de Job.

*Le petit vocabulaire des nouveaux mots

JUSTE : Dans la Bible, Il y a deux grandes périodes. Celle qui correspond à « l’Ancien Testament », qui est l’ancienne alliance de Dieu avec l’homme, par laquelle Dieu promet aux hommes pécheurs un Sauveur et les prépare à Le recevoir. L’accomplissement de cette promesse et la venue sur la terre du Sauveur s’appellent le « Nouveau Testament ». Ceux qui ont mené une vie droite dans l’Ancien Testament, sont devenus des « justes » et ceux qui ont suivi le Christ dans le Nouveau Testament sont devenus des « saints ». Job appartient à la période qui correspond à l’Ancien Testament, il a été considéré comme « juste ».

JOB 1, 1 : L’Ancien Testament rassemble plusieurs Livres. L’un d’entre eux s’appelle le Livre de Job. Les citations renvoient à ce Livre. C’est ce Livre (un chef-d’œuvre de la littérature) qui nous a fait connaître Job. Aujourd’hui, même ceux qui n’ont pas lu le Livre de Job, qui est un livre de Sagesse, ont entendu parler de Job par le dicton populaire « pauvre comme Job ». Dans les textes des offices de l’Église, c’est la « patience » de Job qui est louée.

SATAN : le mot satan en hébreu n’est pas un nom propre. On parle du satan. Le satan c’est l’adversaire. C’est le diable, le tentateur, un ange déchu.

SAINT GREGOIRE DE NYSSE : c’est un saint Père de l’Église. Pour connaître Dieu nous avons la Bible, mais aussi les textes que les saints Pères ont écrits. Saint Grégoire de Nysse est fêté le 10 janvier. Il a vécu au IVè siècle.